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Sujet : Islande : La révolution dont personne ne parle

  1. #1
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    Islande : La révolution dont personne ne parle

    Révolution en Islande le peuple chasse ses politiciens, silence total des médias

    ZEBUZZEO, mercredi 29 février 2012

    islande+parlement.jpg

    C'est assez dur à croire, mais ce qu'il faut bien appeler une révolution du peuple, par le peuple, pour le peuple, se déroule actuellement en Islande, remarquez au passage le silence odieux des caniches qui nous servent de médias. L’information n'est presque pas pas relayée.


    Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.


    islande+revolution.jpg


    Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.


    ...
    Dernière modification de Polémix, 24/04/2012 à 21h45

  2. #2
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    1. Quand l’Islande réinvente la démocratie Le 16 décembre 2010


    Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.


    Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire.


    Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.


    Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays.


    Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois.


    Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.


    C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”.


    C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.


    Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.


    Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

    ..
    Dernière modification de Polémix, 24/04/2012 à 21h46

  3. #3
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    2. L’Assemblée constituante a été élue en Novembre


    Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part.


    Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.


    Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées.


    Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.


    Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome.


    En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule.


    Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.


    Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue.


    Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants. Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.


    Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.


    Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit.


    C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.


    On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.


    Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.


    source : parisseveille.info

  4. #4
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    j'avais suivi cette révolution dont les médias n'ont jamais parlé. Peur de donner des idées surement. Mais tout n'est pas rose dans cette révolution :
    http://www.rue89.com/2011/01/09/la-r...antasme-184214

  5. #5
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    J'attend de voir, sans trop fantasmer surle complot médiatique. J'ai vu hier au "National" de CBC un reportage sur l'Italie. On admet que Monti n'a jamais été élu, mais on insiste lourdement sur le corporatisme qui "empêche de grandes entreprises comme Walmart de voir le jour en Italie " ( presque textuel...).
    Moi, je ne vois toujours pas de baguette magique... simplement un agacement quand on insiste sur les Grecs soi-disant gâtés-pourris, sans dire que les réformes actuelles ont diminué le salaire minimum de 20 %. Est-ce qu'on fait vraiment payer les responsables de la catastrophe, ceux qui en ont profité ?

  6. #6
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    Non car ces gens qui ont tué l'économie grecque sont les mêmes qui tirent les ficelles des marchés. Personne ne viendra leur chier dans les bottes puisqu'ils sont les cordons de la bourse.

  7. #7
    .

    Le phénomène islandais tient à l'échelle de déploiement du problème. Moins il y a de participants, plus les chances de régler les problèmes par des solutions extrêmes augmentent. La plus petite cellule humaine, la famille, peut donner le pire des fascismes comme la démocratie la plus poussée. Mais ce n'est qu'une théorie...

    .

  8. #8
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    Citation Envoyé par LeDragon Voir le message
    Est-ce qu'on fait vraiment payer les responsables de la catastrophe, ceux qui en ont profité ?
    Non, on ne le fait pas. On ne l'a pas fait aux États-Unis, et on ne le fait pas en Europe non plus.

    On a simplement dit aux gens: écoutez, faut secourir les banques (ce qu'il fallait faire).

    Puis après, en Europe (mais beaucoup moins aux États-Unis, pas que les Républicains n'aient pas essayé), on leur a dit: maintenant, on n'a plus une cenne, alors VOUS allez vous serrer la ceinture. Et quand vous aurez fait ça, la fée confiance reviendra, et il y aura des jobs pour tout le monde.

    Le résultat? L'Europe - sauf l'Allemagne - est retombée en récession, et la fée confiance se fait toujours attendre. Mais ces irresponsables d'Américains qui ont élu un démocrate socialiste sont en train de s'en sortir.

    Ce que ça montre:

    1- Oui, il y a des problèmes de corporatisme en Europe. Oui, ce serait bien d'enlever le red tape.

    2- Mais non, c'est pas le seul problème, et non, c'est pas parce que les gouvernements de l'endroit étaient universellement irresponsables. L'Espagne faisait des surplus avant la crise. Les Italiens? Idem! Mais la crise financière les a plogé dans un gros trou.

    3- Qui a provoqué la crise financière? Comme dans le cas de l'ASEAN en 1997, on a eu une énorme quantité d'argent qui est arrivé subitement, merci la déréglementation, et qui a voulu repartir tout aussi vite quand la bulle qui a été créé a pété. Mais là où l'ASEAN pouvait simplement laisser tomber les cours des devises locales, les Espagnols, les Irlandais et les Italiens se sont fait dire par les Allemands que l'Euro, qui est sur-évalué (allez vous promener en Europe et dites-moi sans rire qu'ils en ont pour leur argent!), allait demeurer tel quel et qu'eux devraient se serrer la ceinture.

    4- Le résultat des compressions? Un taux de chômage record et un appel à encore plus de sacrifices. Bref, l'Europe a la diarrhée et on lui dit de prendre plus de diurétiques de façon à bien nettoyer les intestins!

    5- Pendant ce temps, les Américains ont été beaucoup plus keynésiens. Obama a réussit à extraire des concessions comme l'extension de l'assurance emploi. Et la Fed a laissé tomber le dollar, ce qui serait encore plus effectif si les Chinois ne faisaient pas tout pour empêcher le yuan de monter. Et le pays se relève. Vite? Non. Mais la situation est pas mal mieux qu'en Europe. Une gageure: ils pourront revenir à l'équilibre plus vite que les Européens!

    Les Européens commencent à en avoir marre, et c'est absolument normal.

    Et avant que l'on dise "ah, mais les Grecs..."... Le cas grec est un extrême. C'est pas tous les pays qui sont aussi mal foutus que la Grèce en Europe.

  9. #9
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    Les pays d'Europe sont retombés en récession bien avant de prendre de quelconque mesure d'austérité.
    "Être souverainiste, ça n'est pas de vouloir un référendum".
    - Lucien Bouchard

    Pourquoi je ne peux plus être souverainiste:
    "Moi aussi, c'est surtout par dogme que je veux que le Québec devienne souverain. Que ça soit plus profitable, moins profitable sur le court, moyen, long terme ... c'est pas vraiment ça qui m'émeut"

  10. #10
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    Citation Envoyé par Viper37 Voir le message
    Les pays d'Europe sont retombés en récession bien avant de prendre de quelconque mesure d'austérité.
    Ah oui?

    La Grande-Bretagne a frappé la récession. Elle a adopté ses mesures d'austérité. Et paf, double-dip.

    La fée confiance se fait ardemment désirer en Espagne, en Irlande, en Italie...

    Bref, l'austérité en période de dépression, ça marche pas. Le combat contre l'inflation dans de telles conditions non plus. Les économistes qui ont vécu les années 30 nous l'auraient dit s'ils n'étaient pas tous morts.

    C'est le temps de défendre le filet de sécurité sociale. Et dans 2-3 ans, quand l'économie tiendra sur ses deux jambes, LÀ, on réduit les dépenses. Et on attend un ti-peu de se faire un peu de pognon avant de réduire les impôts, et quand on les réduit, c'est pas des coupes sombres qui avantagent seulement les plus riches.

  11. #11
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    Révolution loin des médias: L'Islande réécrit entièrement sa constitution !
    wikistrike.com, DIMANCHE 12 FÉVRIER 2012

    Révolution démocratique en Islande, que Vive l'Islande !


    revolution_en_islande.jpg

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total. Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.


    Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

  12. #12
    Participant Avatar de shokin
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    Quelques "vieux" articles :

    Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

    Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

    Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

    C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

    (...)
    Source : CADTM.org

    Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.

    Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.

    Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.

    Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.

    Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.

    Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.

    Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

    (...)
    ParisS'Éveille.info

    La révolution démocratique islandaise comme réponse à la "crise"

    L'Islande mène une révolution sans précédent depuis la "crise" bancaire qui a ravagé les économies mondiales. Pour se faire une idée de ce qui s'y passe, voici un petit résumé:

    - 1er acte: la "crise" frappe durement le pays. Premières réactions: les trois principales banques du pays, très sévèrement jugées pour leur gestion irresponsable, sont nationalisées, et la droite au pouvoir, accusée d'avoir laissé faire les banques au nom du libéralisme économique, est chassée, suite au siège pacifique du palais présidentiel.

    - 2ème acte: un gouvernement de centre-gauche est élu pour le remplacer. Mais face à la volonté de ce gouvernement d'appliquer la même politique que la droite (à savoir, faire porter la dette des banques par le contribuable - dette dûe à deux pays européens, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ), le peuple se soulève à nouveau, et décide de soumettre cette décision à un referendum populaire.

    - 3ème acte: à 93%, les Islandais refusent de payer pour les erreurs commises par des banques privées. Et ils n'en restent pas là: ils chassent le gouvernement de centre-gauche qui était de l'avis contraire, et décident de former une Assemblée constituante. L'objectif est de réécrire la Constitution, afin de protéger le peuple : tout doit désormais être fait dans l'intérêt du peuple, et non dans celui d'un contexte extérieur néfaste pour le pays.

    La perte de crédibilité des hommes politgures de la politique, qui se voient de facto exclues de la vie politique. Des élections sont organisées, plus de 500 candidats se proposent de rédiger la nouvelle Constitution, 25 sont élus démocratiquement.

    - 4ème acte (à suivre): les 25 Constituants doivent proposer un texte d'ici l'été, qui sera à nouveau discuté, avant d'être approuvé.

    Superbe leçon de démocratie, à opposer aux discours anxiogènes que les politiciens français distillent dès qu'il s'agit de remettre en cause leur petite cuisine. Aucune fortune islandaise n'a fui le pays, l'Islande ne s'est pas isolée du mQonde, bien au contraire: le peuple islandais a pris son destin en mains, en cessant de croire aux agitateurs de catastrophe qui lui prédisait l'abysse.
    Source : LePost.fr

    Up, nouvel article :
    http://www.numerama.com/magazine/190...stitution.html

    Site de la constitution :
    http://www.stjornlagathing.is/english/

    Version anglaise de la constitution :

    ici

    Référendum en Island : une seconde torgnole à la finance mondiale !
    Nous sommes libres. Wir sind frei. We are free. Somos libres. Siamo liberi.

  13. #13
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    J'ai déjà cité les deux premiers articles.

  14. #14
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    Révolution populaire en Islande
    25 Février 2012 Par Bob 92 Zinn

    La révolution en cours en Islande
    Deena Stryker
    Daily Kos


    Le fait qu'une seule émission de radio italienne (Radio Italia) ait parlé de la révolution en cours en Islande est un témoignage impressionnant du peu que les médias veulent bien nous dire sur le reste du monde. Les nord-américains ont pu se rappeler que, au début de la crise financière de 2008, l'Islande s'était déclarée en faillite. Les raisons n'en ont été abordées que très superficiellement, et depuis, ce membre peu connu de l'Union Européenne(1) est retombé dans l'oubli : L'islande. Du fait que les pays européens s'effondrent les uns après les autres, mettant l'euro en danger, avec des retombées pour tout le monde, la dernière chose que l'oligarchie dominante* souhaite est que le cas de l'Islande se transforme en exemple.

    En voici à présent les raisons :

    Cinq années d'un régime purement néolibéral ont fait de l'Islande (320 mille habitants et pas d'armée) l'un des pays les plus riches du monde. En 2003, toutes les banques du pays ont été privatisées et, dans le but d'attirer les investisseurs étrangers, elles ont offert des lignes de crédit dont les coûts très bas ont permis des taux de rendement relativement élevés. Les comptes appelés "icesave" attirèrent de nombreux petits investisseurs britanniques et hollandais. Mais, au fur et à mesure que les investissements s'accroissaient, la dette des banques étrangères s'accroissait aussi. En 2003 la dette de l'Islande était égale à 200% (cumul dette publique/privée(2)) de son PIB mais en 2008 elle en atteignait les 900% (cumul dette publique/privée(2)). La crise financière de 2008 donna le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises - Landbanki, Kapthing et Glitnir - firent alors faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne islandaise perdit 85% de sa valeur par rapport à l'euro. A la fin de l'année, l'Islande se déclara en faillite.

    Contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre, la crise offrit aux Islandais l'opportunité de récupérer leurs droits souverains, par un processus de démocratie directe participative, lequel a finalement abouti, grâce à une persévérance inflexible, à une nouvelle Constitution.

    Geir Haarde, le premier ministre du gouvernement de coalition social-démocrate(3) négocia un prêt de 2,1 milliards de dollars, auquel les pays nordiques rajoutèrent 2,5 milliards de plus. Néanmoins, la communauté financière étrangère fit pression sur l'Islande pour imposer des mesures drastiques. Le FMI et l'Union Européenne voulaient prendre le contrôle de sa dette, en arguant qu'il s'agissait du seul moyen pour que le pays s'en aquitte à l'égard des Pays-Bas et de la Grande- Bretagne, lesquels s'étaient engagés à rembourser leurs citoyens.

    Les protestations et les désordres se poursuivirent et, finalement, contraignirent le gouvernement à démissionner. Les élections, anticipées à avril 2009, aboutirent à la victoire d'une coalition de gauche qui condamnait le système économique néolibéral. Mais, dans l'immédiat, cette coalition céda aux pressions exercées sur l'Islande afin qu'elle s'aquittât de ses 3,5 milliards(2) d'euros de dette. Cela impliquait que chaque citoyen islandais payât 100 euros par mois (prèt de 130 dollards) pendant 15 ans, avec un taux d'intérêt de 5,5%, amors que la dette avait été contractée par le secteur privé. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

    Ce qui s'est passé ensuite est extraordinaire. La croyance que les citoyens devaient payer pour les erreurs d'un monopole financier, et que toute une nation devrait se voir imposer le paiement de dettes privées, tomba en morceaux. Ce qui aboutit à une transformation de la relation entre les citoyens et leurs institutions politiques, et conduisit finalement les dirigeants de l'Islande à se ranger du côté de leurs électeurs. Le chef d'Etat, Olafur Ragnar Grimsson, se refusa à ratifier la loi qui rendait les citoyens islandais responsables de la dette bancaire d'Etat, et accepta les appels lancés pour un référendum.

    Evidemment, la Communauté internationale ne fit qu'augmenter la pression sur l'Islande. La Grande- Bretagne et les Pays-Bas la menaçèrent de représailles terribles et d'isoler le pays. Pendant que les Islandais se rendaient aux urnes, les banquiers étrangers menacèrent de bloquer toute aide du FMI. Le gouvernement Britannique manaça de geler les épargnes et les comptes courants islandais. Comme le disait Grimsson, "nous avons dit que si nous nous refusions à accepter les conditions de la Communauté internationale nous deviendrions le Cuba du nord. Mais, si nous avions accepté, nous serions devenus le Haiti du Nord". Combien de fois ais-je écrit que, quand les Cubains voient l'état lamentable de leurs voisins d'Haiti, ils peuvent se considérer comme chanceux ?

    Lors du référendum de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI congela immédiatement ses prêts. Mais la révolution (qui n'avait pas encore était retransmise aux USA) ne se laissa pas intimider. Avec l'appui d'une population furieuse, le gouvernement poussa à des enquêtes civiles et criminelles concernant les responsables de la crise financières. Interpol émit un ordre internationnal de mise en détention pour l'ex-president de Kaupthing, Sigurdur Einarsson, ainsi que pour les autres banquiers impliqués qui quittèrent le pays.

    Mais les Islandais n'en restèrent pas là : Il fut décidé de rédiger une nouvelle Constitution pour libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l'argent virtuel. Celle qui était en vigueur avait été écrite à l'époque où l'Irlande avait obtenu son indépendance du Danemark, en 1918, l'unique différence avec la constitution danoise étant que le mot "Président" avait été remplacé par celui de "Roi".

    Pour écrire la nouvelle Constitution, le peuple Islandais élut 25 citoyens parmi 522 adultes qui n'appartenaient à aucun parti politique, mais qui étaient recommandés par au moins trente personnes. Ce document ne fut pas l'oeuvre d'une poignée de politiciens, mais fut rédigé sur internet. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, du fait qu'ils étaient les témoins de ce document au fur et à mesure qu'il prenait forme. La Constitution qui émergera de ce processus de démocratie participative sera présentée pour approbation au Parlement, après les prochaines éléctions.

    Certains lecteurs se souviendront de l'effondrement agraire de l'Islande au IX ième siècle, mentionné dans le livre de Jared Diamond. Aujourd'hui, ce pays est en train de se remettre de son effondrement financier mais d'une manière totalement opposée à ce qui était considéré comme inévitable. Comme l'a confirmé hier la nouvelle directrice du FMI, Chistine Lagarde, a Fared Zakrie. Ils dirent au peuple grec que la privatisation de son secteur public était l'unique solution. L'Italie, L'Espagne et le Portugal font face à la même menace.

    On devrait regarder du côté de l'Islande. En refusant de se soumettre aux intérêts etrangers, le pays a indiqué clairement que le peuple est souverain.

    Voilà pourquoi cela n'apparaît plus dans les actualités.



    Traduit du portugais (Brésil) et de l'anglais

    * traduction libre, le mot oligarchie dominante me paraissant plus adapté que "the powers"

    (1) L'Islande n'était pas dans la communauté européenne. Elle a fait acte de candidature qu'en 2010.

    (2) je me suis permis de corriger des erreurs faites par l'auteur, qui ont été rectifiées par les lecteurs de l'article sur le lien et dans les commentaires suivants - http://www.positivenewsus.org/editio...1/fal1105.html

    (3) En fait il s'agit d'une coalition entre le premier ministre Geir Haarde de centre droit et les sociaux-démocrates.

    Il n'existe pas, à ma connaissance, une nouvelle version corrigée par l'auteur, Deena Stryker.


    Sources :

    http://www.dailykos.com/story/2011/0...ing-Revolution

    http://www.midiaindependente.org/pt/...2/503300.shtml

    http://www.advivo.com.br/blog/luisna...medium=twitter

    http://www.positivenewsus.org/editio...1/fal1105.html

  15. #15
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    Citation Envoyé par skidooman Voir le message
    Non, on ne le fait pas. On ne l'a pas fait aux États-Unis, et on ne le fait pas en Europe non plus.

    On a simplement dit aux gens: écoutez, faut secourir les banques (ce qu'il fallait faire).

    Puis après, en Europe (mais beaucoup moins aux États-Unis, pas que les Républicains n'aient pas essayé), on leur a dit: maintenant, on n'a plus une cenne, alors VOUS allez vous serrer la ceinture. Et quand vous aurez fait ça, la fée confiance reviendra, et il y aura des jobs pour tout le monde.

    Le résultat? L'Europe - sauf l'Allemagne - est retombée en récession, et la fée confiance se fait toujours attendre. Mais ces irresponsables d'Américains qui ont élu un démocrate socialiste sont en train de s'en sortir.

    Ce que ça montre:

    1- Oui, il y a des problèmes de corporatisme en Europe. Oui, ce serait bien d'enlever le red tape.

    2- Mais non, c'est pas le seul problème, et non, c'est pas parce que les gouvernements de l'endroit étaient universellement irresponsables. L'Espagne faisait des surplus avant la crise. Les Italiens? Idem! Mais la crise financière les a plogé dans un gros trou.

    3- Qui a provoqué la crise financière? Comme dans le cas de l'ASEAN en 1997, on a eu une énorme quantité d'argent qui est arrivé subitement, merci la déréglementation, et qui a voulu repartir tout aussi vite quand la bulle qui a été créé a pété. Mais là où l'ASEAN pouvait simplement laisser tomber les cours des devises locales, les Espagnols, les Irlandais et les Italiens se sont fait dire par les Allemands que l'Euro, qui est sur-évalué (allez vous promener en Europe et dites-moi sans rire qu'ils en ont pour leur argent!), allait demeurer tel quel et qu'eux devraient se serrer la ceinture.

    4- Le résultat des compressions? Un taux de chômage record et un appel à encore plus de sacrifices. Bref, l'Europe a la diarrhée et on lui dit de prendre plus de diurétiques de façon à bien nettoyer les intestins!

    5- Pendant ce temps, les Américains ont été beaucoup plus keynésiens. Obama a réussit à extraire des concessions comme l'extension de l'assurance emploi. Et la Fed a laissé tomber le dollar, ce qui serait encore plus effectif si les Chinois ne faisaient pas tout pour empêcher le yuan de monter. Et le pays se relève. Vite? Non. Mais la situation est pas mal mieux qu'en Europe. Une gageure: ils pourront revenir à l'équilibre plus vite que les Européens!

    Les Européens commencent à en avoir marre, et c'est absolument normal.

    Et avant que l'on dise "ah, mais les Grecs..."... Le cas grec est un extrême. C'est pas tous les pays qui sont aussi mal foutus que la Grèce en Europe.
    Est-ce que ca veut dire que l'Euro est une très mauvaise idée?
    "La démocratie est imparfaite, et dévoyée quotidiennement, mais ce sont les valeurs au nom desquelles on la construit qui permettent d'en débusquer les dérives" Wolton

  16. #16
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    Citation Envoyé par Pat Voir le message
    Est-ce que ca veut dire que l'Euro est une très mauvaise idée?
    Pour certains pays, je pense que oui, l'Euro était une très mauvaise idée.

    Est-ce que ça fait du sens pour un pays comme la Grèce d'avoir une devise forte comme celle de l'Allemagne? Non. Si ce n'était de ça, aujourd'hui, la drachme serait plus basse, les Grecs auraient moins de pouvoir d'achat, mais ils auraient du boulot, et on ne leur demanderait pas de couper dans leurs salaires de 20%.

    Les salaires sont "downward sticky", ce qui veut dire que c'est facile de les augmenter, mais c'est difficile de les réduire.

    Je comprends qu'il y ait des avantages à une monnaie unique, entre autres parce que ça veut dire que l'on a une certitude de ce que l'on obtiendra de ses clients étrangers, et que l'on n'a pas à payer 2-3% en changeant de monnaie. Et pour certains pays, ceux du nord, ça marche relativement bien, en tout cas si ces pays sont à un stade similaire de développement et sont synchronisés avec l'Allemagne. Mais dans le cas grec, ça me semble être une folie.

    J'ai également un doute sur l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande.

    Il y a aussi un probleème fondamental avec l'euro, c'est qu'il est très fort. Trop fort. Allez en France, par exemple, et ôtez les taxes, et vous trouverez que votre pouvoir d'achat comparativement aux États-Unis est plus faible.

  17. #17
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  18. #18
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    Sur la Grèce...
    Quand ils ont commencé les mesures d'austérités, je me suis rappelé l'accord de Schengen. Puis je me suis dit qu'être un jeune grec qualifié qui n'a pas d'investissements dans son pays ( maison, mais plus encore enfants établis ou commerce actif ) je fouterais le camp ! Ils n'ont pas besoin de visa et l'anglais leur servira de langue de travail. Ca on en a peu entendu parler. Mais voilà récemment que j'entend parler d'une augmentation fulgurante du nombre de Portugais voulant émigrer, vers le Brésil c'était prévisible, mais même vers l'Angola !!
    Donc, non seulement l'austérité va ralentir l'activité économique, mais elle va saigner ces pays de leur avenir.

  19. #19
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    Citation Envoyé par LeDragon Voir le message
    Sur la Grèce...
    Quand ils ont commencé les mesures d'austérités, je me suis rappelé l'accord de Schengen. Puis je me suis dit qu'être un jeune grec qualifié qui n'a pas d'investissements dans son pays ( maison, mais plus encore enfants établis ou commerce actif ) je fouterais le camp ! Ils n'ont pas besoin de visa et l'anglais leur servira de langue de travail. Ca on en a peu entendu parler. Mais voilà récemment que j'entend parler d'une augmentation fulgurante du nombre de Portugais voulant émigrer, vers le Brésil c'était prévisible, mais même vers l'Angola !!
    Donc, non seulement l'austérité va ralentir l'activité économique, mais elle va saigner ces pays de leur avenir.
    Ce qui va permettre aux voleurs à cravates de voler les richesses du pays encore plus facilement.

  20. #20
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    Citation Envoyé par skidooman Voir le message
    La Grande-Bretagne a frappé la récession. Elle a adopté ses mesures d'austérité. Et paf, double-dip.
    La faiblesse de la demande internationale, la prudence continue des ménages et la nécessaire rigueur budgétaire ont freiné la reprise. La croissance amorcera un redressement en 2012 grâce à une reprise des exportations et de la consommation des ménages et se renforcera en 2013. Le chômage est en hausse et atteindra 9 % en 2013, alors que l’inflation se situe actuellement à un point culminant, comme prévu, et devrait revenir en-deçà de l’objectif de 2 % en 2013 à mesure que se dissipent les effets temporaires des hausses de la TVA et des prix des produits de base. La politique monétaire soutient l’activité, le taux directeur de la banque centrale étant à 0.5 % et l’assouplissement quantitatif ayant repris. Une extension des mesures quantitatives est justifiée. L’ambitieux effort d’assainissement budgétaire a favorisé la crédibilité et a contribué à la modération des rendements obligataires, permettant aux stabilisateurs automatiques d’amortir le ralentissement de l’activité.

    http://www.oecd.org/document/62/0,37..._1_1_1,00.html
    Socialism is the philosophy of failure, the creed of ignorance and the gospel of envy. - Winston Churchill

  21. #21
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    L'Islande est une îles plutôt isolé et elle avait fait des efforts de libéralisation pour faire entrer des capitaux étranger. Et ca l'a fonctionné sont niveau de vie à progressé de manière spectaculaire, au point de devenir un des pays les plus prospère de la planète. Gauche ou droite, l'Islande demeura toujours une ile plutôt isolé avec peu de ressources naturels et si elle veut voir son économie progressé, c'est un pays qui n'a pas le choix d'ouvrir davantage son économie aux étrangers. Le nationalisme économique et le protectionnisme aveuglé ne peuvent fonctionner pour un pays comme l'Islande, déja que ca ne fonctionne pas dans un pays riche en ressources.
    Socialism is the philosophy of failure, the creed of ignorance and the gospel of envy. - Winston Churchill

  22. #22
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  23. #23
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    Citation Envoyé par skidooman Voir le message
    Bref, l'austérité en période de dépression, ça marche pas. Le combat contre l'inflation dans de telles conditions non plus. Les économistes qui ont vécu les années 30 nous l'auraient dit s'ils n'étaient pas tous morts.
    ça a pris 4 ans pour que le plan de relance d'Obama commence à faire effet. Mais ça devrait prendre 3 mois pour que les mesures d'austérité? C'est amusant ce double standard. Surtout que l'austérité n'a même pas été mise en place encore.

    Si vraiment l'austérité est en cause après un si court laps de temps, faudrait expliquer pourquoi le Canada a vu une diminution de son PIB de 0,2% alors qu'aucune mesure d'austérité n'a encore été mise en place ici, et qu'au contraire, on a eu un gigantesque plan de relance qui n'a rien changé à la situation.
    Dernière modification de Viper37, 30/04/2012 à 17h03
    "Être souverainiste, ça n'est pas de vouloir un référendum".
    - Lucien Bouchard

    Pourquoi je ne peux plus être souverainiste:
    "Moi aussi, c'est surtout par dogme que je veux que le Québec devienne souverain. Que ça soit plus profitable, moins profitable sur le court, moyen, long terme ... c'est pas vraiment ça qui m'émeut"

  24. #24
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    Citation Envoyé par Viper37 Voir le message
    ça a pris 4 ans pour que le plan de relance d'Obama commence à faire effet. Mais ça devrait prendre 3 mois pour que les mesures d'austérité? C'est amusant ce double standard. Surtout que l'austérité n'a même pas été mise en place encore.

    Si vraiment l'austérité est en cause après un si court laps de temps, faudrait expliquer pourquoi le Canada a vu une diminution de son PIB de 0,2% alors qu'aucune mesure d'austérité n'a encore été mise en place ici, et qu'au contraire, on a eu un gigantesque plan de relance qui n'a rien changé à la situation.
    De un, ça fait plus que trois miis que l'austérité a été tentée, avec les résultats que l'on sait.

    De deux, sans plan de relance, la récession aurait été dévastatrice. Et en le voit bien avec la différence entre les États-Unis (récession grave, mais la reprise est là) vs l'Europe (double-dip).

    De trois, c'est pas compliqué à comprendre pourquoi. On invente pas de nouvelles théories économiques ici. Quand tu baisses G et que I et C ne montent pas, à moins d'avoir une amélioration soudaine de la balance commerciale, Y descend. C'est rès simple à comprendre.

    Et quand non seulement tu baisses G mais qu'en plus tu coupes le filet de sécurité social, ben C descend en flèche.

    Et I ne monte pas parce qu'il y a encore pas mal de capacités de lousse en récession. la preuve: les taux d'intérêts, même ceux à terme, sont très bas.

    De quatre, la revanche des marchés voulant que les spéculateurs fassent monter les taux d'intérêts sur la dette américaine à cause d'Obama s'est révélé du vent. parce qu'il n'y a pas de bonnes opportunités d'investissement privés d'une part, donc pas de crowding out, et parce que les marchés veulent... De la croissance!

    De cinq, il y a l'exemple des années 30.. En période de dépression, l'austérité, ça ne marche pas.

  25. #25
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    Citation Envoyé par GarakII Voir le message
    La faiblesse de la demande internationale, la prudence continue des ménages et la nécessaire rigueur budgétaire ont freiné la reprise/url]
    mais pas aux États-Unis, au Canada et ailleurs où on a attendu avant de couper dans les dépenses gouvernementales.

    De ces jours-ci, au Royaume-Uni, on s'inquiète de l'effet que ça a sur les investissements de voir des files d'attentes longues comme le bras à Heathrow, surtout à l'arrivée des olympiques. Je suis lassé par là voilà de cela huit jours, on est arrivé à dix heures, juste un petit avion de 150 places, et ça a pris des lustres à passer parce qu'il y avait juste trois douaniers.

    Pendant ce temps, sur la télévision, ils vantaient à quel point le pays était propice aux investissements... Même le très conservateur maire de Londres a dit que ça donnait pas une très bonne image à la Grande-Bretagne... C'est le moins que l'on puisse dire!

  26. #26
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    Citation Envoyé par GarakII Voir le message
    L’ambitieux effort d’assainissement budgétaire a favorisé la crédibilité et a contribué à la modération des rendements obligataires, permettant aux stabilisateurs automatiques d’amortir le ralentissement de l’activité.

    http://www.oecd.org/document/62/0,37..._1_1_1,00.html
    Une économie qui fait un double-dip à cause de l'austérité, ça n'inspire pas confiance... D'ailleurs, regarde ce qui est en train d'arriver à l'Irlande, à la Grande-Bretagne et à l'Espagne, qui l'ont essayé.

    Quand le chômage est à des niveaux records, c'est drôle mais la crédibilité fond.

  27. #27
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    Citation Envoyé par skidooman Voir le message
    Une économie qui fait un double-dip à cause de l'austérité, ça n'inspire pas confiance... D'ailleurs, regarde ce qui est en train d'arriver à l'Irlande, à la Grande-Bretagne et à l'Espagne, qui l'ont essayé.
    Ca fait même pas un an que le nouveau gouvernement Espagnol est élu et a commencé son plan d'austérité. Tu ne peux évaluer le résultat sur une aussi courte période.

    Pour l'Irlande l'OCDE recommande à l'Irlande de poursuivre sur la voit de l'austérité.

    http://www.oecd.org/document/21/0,37..._1_1_1,00.html

    L'Irlande va se sortir du trou bien avant la Grèce, on commence à le voir.

    Le chômage commence à diminuer en Grande-Bretagn.

    http://www.bbc.co.uk/news/business-17752753
    Socialism is the philosophy of failure, the creed of ignorance and the gospel of envy. - Winston Churchill

  28. #28
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    Citation Envoyé par GarakII Voir le message
    Ca fait même pas un an que le nouveau gouvernement Espagnol est élu et a commencé son plan d'austérité. Tu ne peux évaluer le résultat sur une aussi courte période.

    Pour l'Irlande l'OCDE recommande à l'Irlande de poursuivre sur la voit de l'austérité.

    http://www.oecd.org/document/21/0,37..._1_1_1,00.html

    L'Irlande va se sortir du trou bien avant la Grèce, on commence à le voir.

    Le chômage commence à diminuer en Grande-Bretagn.

    http://www.bbc.co.uk/news/business-17752753
    Si le standard, c'est de faire mieux que la Grèce, ton standard n'est pas très élevé. Et qu'un organisme international dise qu'il faille continuer d'appliquer une politique faillie ne m'émeut guère. Quand on a eu la crise de l'Asiendu Sud-Est, les FMI a dit de continuer aussi. Or, un des pays qui n'a PAS eu de problèmes pendant ce temps-là était la Chine... Qui a fait tout le contraire de ce que le FMI suggérait.

    L'Irlande s'en sortira, mais à quel prix? Et les jeunes Espagnols et Portuguais? Même les très sages Hollandais commencent à se rendre compte que ça n'a pas trop de sens.

    L'austérité en période de dépression, c'est comme le Ex-Lax quand on a la gastro. Oui, c'est clair, ça nettoie comme du monde, mais c'est une médecine de fous. Mieux vaut attendre que l'économie récupère un peu, puis là, c'est le temps de réduire l'État

  29. #29
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  30. #30
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