La Maison Blanche a dédouané, lundi 23 avril, ses propres employés de toute implication dans l'affaire de prostitution en Colombie qui éclabousse le Secret Service et des membres des forces armées américaines, au moment où l'enquête s'élargissait à un nouveau militaire.
Selon le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, une enquête interne menée par le service juridique de la Maison Blanche sur le comportement de ses employés, venus préparer à Carthagène la participation du président Barack Obama au sommet des Amériques mi-avril, n'a mis en évidence "aucun indice de mauvais comportement". M. Carney a insisté sur le fait que cette enquête avait été menée "par précaution", aucune accusation n'ayant été formulée à ce sujet.
Vingt-quatre Américains sont désormais soupçonnés d'avoir eu recours au service de prostituées pendant leur séjour en Colombie, du 13 au 15 avril : 12 agents du Secret Service et 12 militaires. Lundi, un responsable du Pentagone a confirmé qu'un douzième membre des forces armées - un militaire affecté à l'agence de communication de la Maison Blanche - faisait l'objet d'une enquête dans cette affaire.
LIMOGEAGE
Depuis que ce scandale a éclaté le 13 avril, six membres du Secret Service, la police d'élite qui protège M. Obama, ont perdu leur emploi : quatre ont démissionné, un a été limogé et un dernier autorisé à prendre sa retraite. Un septième agent subira des sanctions administratives.
Les militaires, comme les cinq membres du Secret Service restants, sont toujours visés par des enquêtes internes distinctes. Les personnels militaires risquent jusqu'à un passage en cour martiale. Tous sont soupçonnés d'avoir fréquenté des prostituées à Carthagène avant l'arrivée de M. Obama dans la ville.
Vendredi, M. Obama avait reçu à la Maison Blanche le chef du Secret Service, Mark Sullivan, pour être mis au courant des derniers développements. Interrogé lundi pour savoir si M. Sullivan avait présenté sa démission à cette occasion, M. Carney a répondu : "Non."
AMALGAME
Des figures et des élus du Parti républicain ont estimé que ce scandale était symptomatique d'un laisser-aller de la discipline au sein de l'administration démocrate. La Maison Blanche a rejeté tout amalgame.
M. Obama ne s'est pas exprimé à ce sujet depuis sa conférence de presse en Colombie le 15 avril. Il avait alors déclaré qu'il s'attendait à une enquête "approfondie" et "rigoureuse", et que si les faits présumés étaient établis, il serait "évidemment en colère".