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Sujet : L'homme cosmique

  1. #61
    La matière est structurée par une puissance logique déterminée à produire la vie qui incarne l'intelligence jusqu'à des myriades de personnes conscientes qui maîtrisent assez leur agressivité pour former collectivement un surhumain dieu vivant.

    J'ai lu ce que vous avez posté, Cosmique. Merci, ce sont de riches pensées qui nourrissent. Connaissez-vous l'auteur du premier texte?

    Au nom de quel matérialisme pessimiste et égocentrique faudrait-il sacrifier l'expérience de l'intelligence universelle et la communication avec les intelligences supérieures? Celui des fous de peur et d'orgueil qui dominent notre monde enfermé, les patriarcaux théistes et les paternalistes athées qui vont tellement bien ensemble! Les premiers prêchent un Dieu inconcevable tandis qu'ils comptent leur argent et planifient leur pouvoir absolu, les seconds se déclarent uniques détenteurs de la loi qui détermine les limites de la réalité, laquelle est toujours soumise à l'enclos de leur terrestre pouvoir matériel.

    Le progrès vers l'intelligence cosmique renversera ce paradigme primitif où Dieu et Caligula dansent dans la violence et le sang.
    Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?

  2. #62
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    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    (Suite)



    Tout ce qui distingue l’homme de l’animal dépend de cette capacité de faire se volatiliser les métaphores intuitives en un schéma, donc de dissoudre une image dans un concept.

    Dans le domaine de ces schèmes est possible quelque chose qui jamais ne pourrait réussir au milieu des premières impressions intuitives : construire un ordre pyramidal selon des castes et des degrés, créer un monde nouveau de lois, de privilèges, de subordinations, de délimitations, monde qui s’oppose désormais à l’autre monde, celui des premières impressions, comme étant ce qu’il y a de plus ferme, de plus général, de plus connu, de plus humain, et, de ce fait, comme ce qui est régulateur et impératif.

    Tandis que chaque métaphore de l’intuition est individuelle et sans sa pareille et, de ce fait, sait toujours fuir toute dénomination, le grand édifice des concepts montre la rigide régularité d’un columbarium romain et exhale dans la logique cette sévérité et cette froideur qui est le propre des mathématiques.

    Qui sera imprégné de cette froideur croira difficilement que le concept, en os et octogonal comme un dé et, comme celui-ci amovible, n’est autre que le résidu d’une métaphore, et que l’illusion de la transposition artistique d’une excitation nerveuse en images, si elle n’est pas la mère, est pourtant la grand-mère de tout concept.

    Dans ce jeu de dés des concepts, on appelle « vérité » le fait d’utiliser chaque dé selon sa désignation, le fait de compter avec précision ses points, le fait de former des nominations correctes et de ne jamais pécher contre l’ordre des castes et des classes.

    Comme les Romains et les Etrusques divisaient le ciel par de rigides lignes mathématiques et, dans un espace délimité ainsi qu’en un « templum », conjuraient un dieu, de même chaque peuple a au-dessus de lui un tel ciel de concepts mathématiquement répartis et, sous l’exigence de la vérité, il entend désormais que tout dieu conceptuel ne soit cherché nulle part ailleurs que dans sa sphère.





    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    Friederich Nietzsche

    (à suivre)


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  3. #63
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    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    (Suite)



    Il faut ici admirer l’homme pour ce qu’il est un puissant génie de l’architecture qui réussit à ériger, sur des fondements mouvants et en quelque sorte sur l’eau courante, un dôme conceptuel infiniment compliqué.

    En vérité, pour trouver un point d’appui sur de tels fondements, il faut que ce soit une construction comme faite de fils d’araignée, assez fine pour être transportée avec le flot, assez solide pour ne pas être dispersée au souffle du moindre vent.

    Pour son génie de l’architecture, l’homme s’élève loin au-dessus de l’abeille.

    Celle-ci bâtit avec la cire qu’elle recueille dans la nature, lui avec la matière bien plus fragile des concepts qu’il doit ne fabriquer qu’à partir de lui-même.

    Il faut ici beaucoup l’admirer - mais non pour son instinct de vérité, ni pour la pure connaissance des choses.

    Si quelqu’un cache une chose derrière un buisson, la recherche a cet endroit précis et la trouve, il n’y a guère à louer dans cette recherche et cette découverte : il en va de même pourtant de la recherche et de la découverte de la « vérité » dans l’enceinte de la raison.





    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    Friederich Nietzsche

    (à suivre)


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  4. #64
    Citation Envoyé par Myriade Voir le message
    0 + 0 + 0 = 0
    Tiens ! Le second mouton, dans la bergerie ! Mais il fait si froid dehors, et c'est si bon, la chaleur humaine ...

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  5. #65
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    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    (Suite)



    Quand je donne la définition du mammifère et que je déclare, après avoir examiné un chameau, « voici un mammifère », une vérité a certes été mise au jour, mais elle est néanmoins de valeur limitée, je veux dire qu’elle est entièrement anthropomorphique et qu’elle ne contient pas un seul point qui soit « vrai en soi », réel et valable universellement, abstraction faite de l’homme.

    Celui qui cherche de telles vérités, ne cherche au fond que la métamorphose du monde en les hommes, il aspire à une compréhension du monde en tant que chose humaine et obtient, dans le meilleur des cas, le sentiment d’une assimilation.

    Semblable à l’astrologue qui observait les étoiles au service des hommes et en connexité avec leur bonheur et leur malheur, un tel chercheur considère le monde entier comme lié aux hommes, comme l’écho infiniment brisé d’un son originel, celui de l’homme, comme la copie multipliée d’une image originelle, celle de l’homme.






    VÉRITÉ ET MENSONGE AU SENS EXTRA-MORAL

    Friederich Nietzsche

    (à suivre)


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  6. #66
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    Pour les idées et les pensées ne voulant souffrir d'aucune opposition pendant le processus de leur expression, il y a le livre papier ou électonique, la presse, le blogue, le journal intime, etc.
    Je suis bien d'accord avec vous sur ce point, mais il me semble que vous vous leurré totalement en pensant que ce discours de Nietzsche que vous soupoudrez ici constitue une quelconque opposition aux discours que je souhaite partager via ce fil. Par contre, en appliquant ce même discours de Nietzsche à ce que vous faites ici, il prend alors tout son sens.

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  7. #67
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    Citation Envoyé par Myriade Voir le message
    Connaissez-vous l'auteur du premier texte?
    Je l'ai pris sur le site de 4 chemins de Jacques Languirand. Il ne l'a pas signé explicitement, mais je ne serais pas surpris qu'il soit de lui.




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  8. #68
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    ah c'est drôle, j'ai pensé que vous étiez languirand. le même ton, démarche similaire..

    bebye
    ritnes
    tnemesrevni
    erton
    eivne
    ruoma'd

  9. #69
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    Anatomie Multidimensionnelle – Les Portes Interdimensionnelles de Conscience

    Il y a une connexion intime entre la conscience et la biologie.

    L’évolution bio-spirituelle est l’interrelation du modèle ADN humain, de l’énergie cellulaire, du système énergétique humain, des douze niveaux multidimensionnels d’identité que constituent la Matrice de l’Âme ainsi que le processus d’intégration spirituelle dans la réalité de la vie quotidienne.

    Comprendre comment chacun participe à la création de l’ensemble est vital à l’actualisation de l’empreinte d’origine humaine évolutionnaire.

    Le processus d’intégration est très intéressant et peut être vu comme une série de conseils d’administrations interdépendants qui existent simultanément au sein du champ de conscience unifié.

    Imaginez le corps humain comme une symphonie de fréquences ADN qui, lorsqu’elles sont pleinement activées, achèvent l’empreinte électromagnétique grâce à des fréquences spécifiques ; et les dimensions correspondantes de conscience sont alors entrainées vers l’incarnation manifeste à partir du champ unifié universel d’énergie.

    Percevez désormais que la Matrice de l’Âme humaine est composée de douze niveaux multidimensionnels d’identité. Chaque niveau d’identité ou aspect du soi porte en lui un brin d’ADN d’une fréquence electro-tonale unique qui fait partie de l’ensemble de la Matrice de l’Âme ou lignée.

    Les cordons et les brins d’énergie sont le prolongement de l’identité de la matrice de l’âme. Ils pénètrent dans le corps subtil des structures intérieures en créant un double circuit ou bien ils ouvrent un système ouvert de courant d’informations qui entrent et qui sortent grâce aux chakras.

    Les sept chakras qui sont dans le corps sont les transducteurs de l’énergie spirituelle servant à son assimilation dans les processus du corps physique. Lorsqu’ils fonctionnent naturellement, ils font évoluer notre conscience grâce à l’assemblage des brins d’ADN et ils nous font évoluer vers une plus grande capacité mentale et vers une sagesse supérieure.

    La signature de notre structure génétique doit être mise en alignement avec son modèle de 12 brins – le programme initial de l’âme d’origine.

    Grâce à une série de connexions intérieures, les douze aspects du soi qui composent la matrice de l’âme sont reliés d’une dimension à l’autre via les brins d’ADN. Par exemple, le cordon qui s’étend du soi 5D au niveau de la cinquième dimension, s’ancre dans la cinquième couche du champ aurique humain et il est canalisé par le cinquième chakra afin d’être assimilé lors des processus physiques du corps.

    Si les qualités du cinquième brin d’ADN sont intégrées dans la vie quotidienne par une ouverture à ce champ de conscience, alors ces brins d’ADN seront pleinement activés.

    Au niveau 3D, le corps mental et le corps émotionnel donnent les qualités de conscience mentale et de cognition émotionnelle au véhicule physique. Selon l’endroit où se situe le vecteur de conscience, que ce soit dans la 3D, 4D, 5D, ou bien dans les réalités dimensionnelles supérieures … celui-ci à la capacité de faire le lien avec cet aspect du soi au sein du continuum espace-temps.

    Chaque alignement à un aspect de la lignée de notre âme active les brins d’ADN de cette dimension.

    L’ADN est le moyen par lequel nous intégrons graduellement les niveaux de notre êtreté dans notre conscience quotidienne afin de pouvoir amplifier notre capacité mentale et notre sagesse supérieure.

    Il est souvent nécessaire de nettoyer les superpositions déformées qui bloquent la progression de notre connexion avec la lignée de notre âme, et donc l’activation de l’ADN. Il est bien d’être attentif au grand intérêt porté au Projet du Génome Humain. Des mutations d’ADN se produisent lorsqu’on modifie la génétique et que l’on la remplace par des codes de synthèse. Lorsqu’on remplace définitivement une empreinte d’origine, on élimine ce code et ses potentiels venant du champ de vie.

    Le transhumanisme, les aliments génétiquement modifiés, les animaux clonés, les chemtrails, les vaccinations, la fluorisation de l’eau, les pesticides et les produits chimiques, les fréquences électromagnétiques, la TV, les téléphones cellulaires, les micro-ondes et les antennes, la peur et de nombreuses autres méthodes offensive biologique, modifient le fonctionnement du cerveau qui devient un automate par la corruption de l’empreinte d’origine de l’ADN Humain/Divin.

    Il est sage d’en considérer leur utilisation et d’envisager les conséquences de ces influences énergétiques perturbatrices sur notre biologie et notre capacité d’ascension.

    ©Alisa Battaglia – http://www.ecologyofthespirit.com/

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  10. #70
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    Le point zéro spirituel

    Nikola Tesla fut le premier scientifique à exprimer l’idée que le vide de l’espace n’est qu’apparent et qu’il est rempli d’une énergie « potentielle », puis à en tirer le concept d’énergie libre ou d’énergie du Point Zéro.

    Chaque cm 3 de « vide » sidéral renfermerait en effet une quantité d’énergie supérieure à celle contenue dans notre Soleil. Mais au lieu de s’additionner, les énergies en présence s’annulent comme deux vagues de sens contraire mises en présence l’une de l’autre.

    Il semble cependant possible de supprimer ces interférences en créant des « zones de cohérence » à l’intérieur desquelles l’énergie est extraite par polarisation locale de cet espace énergétique au niveau de son Point Zéro, c’est-à-dire au point d’équilibrage de toutes les polarités en présence.

    Certains pensent que la technologie extraterrestre est fondée sur cette application de la physique quantique : en polarisant légèrement le vide par un procédé encore mal connu mais basé sur l’électromagnétisme, on arriverait à récupérer un peu d’énergie qui, une fois injectée dans un système de propulsion, lui permettrait de restituer continûment plus d’énergie qu’il n’en consommerait ; le système n’aurait ainsi besoin d’aucun carburant pour fonctionner, il ne ferait que « pomper » l’énergie disponible partout en permanence.

    Comment vibrer à la fréquence de notre véritable essence

    « Même si nous sommes souvent désespérés par la violence et les cataclysmes écologiques qui se propagent actuellement sur notre planète, nous sommes également stimulés par les innovations incessantes et les nouveaux modèles biologiques et physiques. Il est étonnant de constater à quel point les structures anciennes peuvent devenir malléables pendant les périodes de turbulence. Notre pensée collective devient alors perméable à des concepts tout à fait novateurs.

    Nous vivons une époque qui donne à penser que même « la vérité » peut être redéfinie. Toutes les branches de la science nous l’apprennent et, au premier chef, la physique quantique qui dit que la matière que l’on croyait solide ne l’est pas et que la réalité concrète est déterminée par nos pensées.

    Après la mise en évidence de la théorie des « supercordes », qui redéfinit la nature de la matière en fonction de son taux vibratoire, l’ADN nous apparaît maintenant comme un réseau de réactions dynamiques séquentielles, animées et influencées par l’environnement.

    La dynamique du vivant est interrelationnelle. Un gène X activé assez longuement pourra déclencher un gène Y, et cette activation de XY entraînera l’activation de Z. L’enchevêtrement des réactions du système génétique brise le concept d’ordre établi par Watson et Crick en 1953.

    À l’instar de la physique quantique qui, grâce à la loi des supercordes, a démontré que la matière ne se définit plus en fonction de ses composantes chimiques, mais plutôt en fonction de la fréquence et de l’intensité du taux vibratoire de ses éléments, l’existence peut être perçue en fonction du taux vibratoire d’un réseau de probabilités qui interagissent et s’entrecroisent.

    Les fréquences des unes et des autres se repoussent et s’attirent, et nous vibrons simultanément dans un réseau qui se modifie continuellement au gré des fréquences émises.

    Au cours de mes quelque trente années de pratique spirituelle, j’ai senti un changement de fréquence s’opérer sur la planète. J’ai la conviction que l’heure est enfin venue de transformer les vieux paradigmes sur lesquels se fondent nos programmes génétiques humains. Je suis persuadée que nous vivons une époque où nous devons nous réapproprier l’héritage collectif qui réside au coeur de chacune des cellules de notre corps, et tout indique que les circonstances planétaires actuelles sont propices à cela.

    Nous savons déjà que nos attitudes influencent notre santé et notre évolution. Nous pouvons aussi changer les programmes qui nous gouvernent. Nous pouvons devenir des participants conscients, des innovateurs imaginatifs. »

    Le Point Zéro spirituel

    « L’heure est venue de retrouver notre pouvoir et d’en finir avec la polarisation inhérente à la dualité. Cette polarisation sous-entend que, si je crée à partir de la lumière seulement, je génère forcément une force négative ailleurs. Nous sommes parvenus à l’étape de notre évolution où nous devons intégrer ces deux polarités. Pour y arriver, nous devons cesser d’avoir un parti pris pour l’une ou l’autre polarité et aller au-delà de la polarité positive (la lumière) et de la polarité négative (la noirceur).

    La coexistence des polarités opposées est ce que j’appelle le Point Zéro. Le Point Zéro est une expérience magnétique dans laquelle nous choisissons d’accueillir simultanément les aspects négatifs et positifs de nos expériences.

    Pour mieux comprendre le Point Zéro, pensons au tai chi dans lequel tout n’est que fluidité et mouvement. Oublions pour un moment la personne qui pratique cette discipline et suivons le parcours de ses mains. Absorbons-nous dans leur danse fluide et gracieuse. C’est ainsi que l’on peut se représenter le Point Zéro : comme deux polarités en mouvement qui communiquent entre elles et s’équilibrent sans qu’aucune des deux ne prédomine.

    On peut se représenter le Point Zéro comme deux polarités, deux « flammes jumelles » qui communiquent entre elles et s’équilibrent en une figure harmonieuse.

    Imaginons que l’une des mains décide brusquement de prendre le contrôle et s’immobilise ou décide de bouger indépendamment de sa partenaire. Finie la fluidité, envolée la grâce ! Le mouvement sera automatiquement déséquilibré et il finira par se figer. C’est cela, être polarisé : la main qui prend le contrôle, telle une polarité prédominante, interrompt la chorégraphie et le courant ne sera rétabli que lorsque les deux mains seront de nouveau en interaction.

    Nous connaissons tous des moments où nous sommes figés. Cela es dû à un programme inconscient et peut survenir dans de multiples situations. Ainsi, lorsque le processus que nous traversons est polarisé par la honte ou la peur, nous devenons paralysés, et la seule façon de nous remettre en mouvement est d’unir la honte ou la peur avec sa polarité opposée, la confiance en soi, par exemple.

    Même si nous vivons dans un monde polarisé, nous pouvons rester fluides grâce à la coexistence au Point Zéro. Nous pouvons unifier nos intentions et nos commandes et vivre dans l’état d’amour au Point Zéro.

    L’état d’amour se situe au-delà des polarités positive et négative. Dans cet état, le bien et le mal, la lumière et la noirceur, le bon et le mauvais et toutes les autres manifestations de la dualité, coexistent en un point d équilibre appelé le Point Zéro. Le Point Zéro n’est pas un état neutre. Le Point Zéro n’est pas statique. Il est multidimensionnel, en mouvement continu et il se maintient au centre d’un espace qui change continuellement.

    Si le Point Zéro est constamment en mouvement, c’est que la force positive de la lumière et la force négative de la noirceur y cohabitent sans s’annuler malgré leurs polarités opposées.

  11. #71
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    En équilibrant les deux polarités en nous, nous pouvons choisir de vivre dans la compassion et l’amour. Si nous parvenons à intégrer les charges positive et négative de notre vécu, nous nous créerons inévitablement une vie équilibrée et harmonieuse. Parce que nous avons déjà maintes fois expérimenté le déséquilibre des polarités, je crois que nous sommes prêts, désormais, à intégrer celles-ci et à créer une nouvelle réalité fondée sur l’état d’amour au Point Zéro plutôt que sur l’énergie des polarités positives ou négatives.

    En dehors de l’état d’amour au Point Zéro, nous sommes polarisés, que ce soit dans le bien ou le mal, dans la lumière ou la noirceur, etc. Or, que se passe-t-¬il lorsque nous accomplissons une tâche, un projet ou une activité dans cet état ? Nous créons en même temps son opposé. Bien sûr, nos actions polarisées peuvent nous conduire au résultat souhaité. Mais en y regardant de plus près, nous verrons que notre projet a exigé plus de temps, d’énergie et de stress que nécessaire. Il est possible aussi que le résultat final, bien que convenable, ne soit pas approprié à notre situation personnelle. Mais parce que ce projet est polarisé, et donc soumis à la loi de la rétroaction, il créera automatiquement sa contrepartie ou manifestation contraire au niveau énergétique.

    Le seul moyen de sortir de ce cercle infernal consiste à accueillir les charges négatives, à les utiliser et à les intégrer pour qu’elles deviennent comme les pôles d’un aimant qui attirera dans notre vie tout ce dont nous avons besoin.

    Il est difficile de maintenir une charge positive très forte quand la charge négative est faible. Et plus difficile encore de manifester solidement de nouvelles réalités si la force magnétique est insuffisante pour qu’elles « collent » à notre vie comme des aimants sur la porte du réfrigérateur.

    L’intégration des charges négatives est un processus puissant. Imaginez l’intensité de la charge de la colère accumulée depuis de nombreuses années face à un parent abusif. Si nous pouvions mesurer l’ampleur énergétique de cette colère, nous serions impressionnés par sa force magnétique. Une fois cette charge intégrée dans l’ADN, elle devient un pôle négatif formidable avec lequel nous pouvons agencer un pôle positif équivalent sans avoir besoin de la colère. C’est ce type d’agencement qui constituera dorénavant notre pouvoir de manifestation.

    Pour mieux visualiser le Point Zéro, imaginez un ballon d’anniversaire rempli d’eau, flottant au milieu de l’océan, ballotté au gré des variations climatiques et des vagues. Le Point Zéro se situe au milieu de ce ballon. Un point constamment équilibre, au centre du ballon, malgré les turbulences extérieures.

    On peut aussi voir le Point Zéro comme un point fictif au milieu d’une ligne droite comportant une polarité négative à une extrémité et une polarité positive à l’autre. Cependant, je préfère utiliser l’image d’une sphère. Au Point Zéro, la force positive s’avère optimale en raison de son potentiel mis en action par la présence de la force négative correspondante, les deux étant maintenues dans un équilibre parfait. Nous allons donc imaginer que deux forces opposées peuvent coexister dans le même espace sans s’unifier, comme les deux pôles d’un aimant.

    Maintenant que nous utiliserons la charge magnétique d’une émotion autrefois troublante et débilitante pour créer ce que nous voulons au Point Zéro, nous ne verrons plus la charge négative comme une chose à combattre mais bien comme une force créative.

    Voici un exemple de formulation pour une intention : « Je choisis de m’amuser, même si je suis fatigué ». Pour renforcer l’idée que l’on englobe toutes nos émotions dans notre intention, on peut parfois remplacer la formule « Je choisis… même si … » par « Je choisis… tout en (m’amusant, ayant peur, doutant de moi, ayant des hésitations, etc.).

    Peu importe la formule, l’important est de créer en incluant toutes ses émotions. Ce faisant, nous sentirons une nouvelle énergie circuler et vibrer à l’intérieur de nous. Nous éprouverons un sentiment de puissance et nous réglerons nos conflits très rapidement puisque nous en tirerons parti au lieu de les éviter.

    On entend souvent dire qu’il faut dominer sa peur parce que le simple fait d’y penser accentue son pouvoir sur nous. On dit aussi que la peur est tellement puissante qu’elle peut concrétiser cela même qui nous effraie. Or c’est précisément ce pouvoir que nous voulons exploiter au Point Zéro. En permettant à nos peurs de coexister avec nos espoirs et nos projets au Point Zéro, nous canalisons cette puissance. À travers nos intentions, nous orienterons le pouvoir de la peur de manière à répondre à nos besoins.

    Au lieu d’avoir peur de la déception qui peut suivre un moment de bonheur, nous reconnaîtrons et accueillerons ce sentiment. Ainsi, nous ferons en sorte qu’il serve nos intérêts au lieu de nous nuire. Prenons l’exemple d’un rassemblement comme un congrès ou un sommet d’État. Avez-vous remarqué que, même si elles font tout pour repousser les altermondialistes, les multinationales ne réussissent pas à les faire disparaître ? Le fait de repousser une énergie qui nous fait peur ou nous dérange ne la fait pas disparaître pour autant.

    Un jour, l’une de mes connaissances s’est exclamée : « Chaque fois que j’appelle la lumière et que je vis une expérience extraordinaire, je subis un contrecoup négatif peu de temps après ! » C’était aussi mon expérience. Après chaque voyage extraordinaire, je me heurtais à d’énormes difficultés. Chaque expérience spirituelle hors du commun était suivie d’une période d’intégration (au cours de laquelle j’étais soumise à des épreuves, comme l’obligation de me désintoxiquer ou autre chose du même genre). Comme s’il fallait toujours payer un prix pour nos expériences heureuses. Maintenant que j’inclus ma déception dans ces expériences, je ne vis plus de contrecoup négatif. L’effet rebond des régimes amaigrissants constitue un autre exemple de ce phénomène. Au début, la personne se prive pour être plus mince et mieux dans sa peau ou pour clarifier sa conscience. Quelques mois plus tard, elle reprend du poids malgré elle. Les diètes sont un parfait exemple de ce phénomène de polarisation qui finit par engendrer une stagnation et de la frustration au lieu du dynamisme escompté.

    Il faut bien comprendre que se mettre au Point Zéro ne veut pas dire laisser tomber des choses. Il s’agit au contraire de maintenir deux polarités différentes dans le même espace.

    Nous n’avons pas besoin de tenir nos faiblesses à bout de bras comme si nous en avions peur. C’est justement cela l’erreur ! II faut leur permettre d’exister en même temps que nos bons côtés.

    Prenons le cas d’une personne qui se tourmentait à l’idée de rencontrer son ex-conjoint au tribunal pour le jugement de divorce. Elle s’était bien préparée et avait en main tous les documents nécessaires. Elle avait élaboré des arguments solides et s’apprêtait à les présenter la tête haute. Or, cette image parfaite d’elle-même niait la peur, la colère et les blessures qu’elle avait ressenties auparavant. Ainsi polarisée, son attitude présentait une faille importante que son adversaire aurait tout le loisir d’attaquer. À sa sortie du palais de justice, ma cliente était anéantie et elle ne comprenait pas pourquoi.

    Reprenons cet exemple et imaginons que cette personne se présente au tribunal, bien préparée et fière d’elle-même, mais au Point Zéro cette fois-ci. Aucune partie d’elle n’a été mise de côté, aucun aspect qui ne soit incorporé dans son cercle de force, ou qui tiraille d’un côté ou de l’autre. Elle est centrée avec des frontières saines. Ses parties positives et négatives coexistent en un tout circulaire. Elle est animée d’une intention claire au Point Zéro et se présente devant son adversaire sans faille et en faisant coexister sa certitude de gagner et sa crainte d’échouer. Il est clair que le résultat de sa rencontre sera très différent.

  12. #72
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    Une autre erreur courante consiste à croire qu’être dans l’état d’amour au Point Zéro signifie ne pas avoir de limites et être au service de tout le monde.

    Une personne m’expliquait à quel point il était important pour elle de se dévouer pour une cause et de rendre service. Cependant, elle était frustrée de se sentir fréquemment trompée par ceux-là mêmes qu’elle tentait d’aider. Je lui ai répondu que cela résultait du fait que son dévouement n’était pas au Point Zéro. Il importe que nous soyons au Point Zéro dans chacune de nos décisions. Si, un jour, être au Point Zéro signifie se consacrer à autrui, eh bien soit. Le lendemain, le Point Zéro pourrait se trouver ailleurs puisqu’il est mouvant. Notre intention première devrait être de vivre au Point Zéro plutôt que de vouloir aider ou ne pas aider telle ou telle personne.

    Prenons maintenant l’exemple d’une femme dont la mère a déménagé à plusieurs reprises et connu de nombreux bouleversements quand elle était enceinte d’elle. Maintenant qu’elle est adulte, la vie de cette femme est très souvent chaotique et désordonnée. Elle se sent souvent confuse et perdue. Chaque fois qu’elle se trouve dans cet état, son ancienne blessure est réactivée. C’est à ce moment-là qu’elle peut choisir de faire coexister le chaos avec la sérénité. Elle peut maintenir ces deux opposés en présence par l’intention et expérimenter l’équilibre du Point Zéro sans avoir à modifier ni à effacer son passé. Être au Point Zéro sous-entend que nous comprenons nos limites humaines et les accueillons avec amour. L’union de la lumière et de la noirceur peut produire un résultat extraordinaire et puissant, mais qui sera aussi confortable et toléré, car cette union est appropriée et génère de l’amour…

    Mes clients qui ont travaillé avec le Point Zéro parlent fréquemment d’un état d’aisance et de bien-être qui demande très peu d’efforts. Plus nous choisissons d’être au Point Zéro, plus nous vivrons des expériences et des états émotifs nouveaux. Cette nouvelle forme de pensée engendre une grande liberté et un profond sentiment d’amour. La palette de couleurs des expériences au Point Zéro est tellement plus variée que le noir, le blanc et le gris auxquels nous sommes habitués ! Elle nous donne accès à de nouvelles réalisations et de nouvelles données.

    Vous aussi, vous éprouverez un sentiment de plénitude quand vous vous permettrez de sentir à la fois de l’irritation et du plaisir sans pour autant que ces deux expériences fusionnent. Ce concept inédit vous donnera peut-être du fil à retordre au début, car c’est comme si vous teniez une charge positive dans une main et une charge négative dans l’autre, et que ces deux charges se repoussaient lune l’autre à l’intérieur de vous. La clé consiste à voir cette expérience comme une expérience de laboratoire et à observer ce qui se passe quand vous choisissez intentionnellement d’être au Point Zéro.

    Tout à coup, la tension se dissout et une énergie inhabituelle mais harmonieuse jaillit en vous.Vous permettez simplement à vos deux émotions de coexister dans le même espace comme le font les deux pôles d’un aimant pour créer un champ magnétique. Vous ressentirez ce champ. Commandez le Point Zéro et attendez ! Le champ créé par la coexistence de deux forces opposées est la vibration du Point Zéro.

    Le champ créé par la coexistence de deux forces opposées est la vibration du Point Zéro. Toute la dynamique de l’Arbre de Vie de la Kabbale et, par extension, de la Merkaba, repose sur l’intégration des polarités contraires.

    À titre d’essai, prenons l’une de nos peurs, comme celle de ne jamais nous sentir en sécurité parce que nous pensons ne pas y avoir droit. Permettons-nous de ressentir cette peur tout en résistant à la tentation de la refouler. Dans cet espace exigu, nous pouvons faire vibrer simultanément un sentiment d’expansion et un sentiment de sécurité. Nous pouvons faire vibrer la noirceur dans la lumière et la lumière dans la noirceur. Maintenons la tension de ces forces contraires jusqu’à ce que nous sentions que nos limites se sont dissoutes et que nous éprouvions un bien-être plus grand que si nous étions polarisés.

    Comment atteindre le Point Zéro ou s’en rapprocher de façon régulière et constante ? En utilisant le pouvoir de l’intention. Par exemple, chaque matin au réveil, vous pourriez formuler l’intention suivante : « Aujourd’hui, je choisis d’être au Point Zéro même si je ne sais pas comment faire ».

    Vous pouvez aussi vous exercer à mettre tous les incidents de votre quotidien au Point Zéro.

    Le garagiste vous énerve ? Changez votre fréquence en disant intérieurement : « Je choisis de vibrer sur une autre fréquence tout en étant frustré par l’attitude du garagiste. » Vous faites la queue à la caisse d’un magasin et commencez à vous impatienter ? Dites : « Je choisis de mettre cette expérience au Point Zéro tout en étant irrité par la lenteur de la caissière. »

    En utilisant ainsi les petits événements du quotidien, vous accumulerez des expériences au Point Zéro. Une fois que vous en aurez amassé suffisamment, vous découvrirez une nouvelle façon de vivre et, au lieu d’être gouverné par vos vieux programmes, vous commencerez à vivre des expériences originales. »

    Kishori Aird
    Extraits de « Essence »
    ÈRE NOUVELLE – Mars 2005

    ---

    _______________________
    Le fantôme de Cosmique

  13. #73
    Citation Envoyé par Cosmique Voir le message
    Je suis bien d'accord avec vous sur ce point, mais il me semble que vous vous leurré totalement en pensant que ce discours de Nietzsche que vous soupoudrez ici constitue une quelconque opposition aux discours que je souhaite partager via ce fil. Par contre, en appliquant ce même discours de Nietzsche à ce que vous faites ici, il prend alors tout son sens.
    Il est très courant, chez ceux qui n'aiment pas Nietzsche, d'interpréter celui-ci en faisant l'erreur de croire qu'ils l'ont compris.

    .

  14. #74
    ça semble aussi être très courant chez ceux qui l'aiment : )

  15. #75
    Citation Envoyé par Cosmique Voir le message
    ... Anatomie Multidimensionnelle – Les Portes ... ... les conséquences de ces influences énergétiques perturbatrices sur notre biologie et notre capacité d’ascension. ©Alisa Battaglia – http://www.ecologyofthespirit.com/
    Citation Envoyé par Cosmique Voir le message
    ... Le point zéro spirituel ... Nikola Tesla fut le premier scientifique à ... ... Si le Point Zéro est constamment en mouvement, c’est que la force positive de la lumière et la force négative de la noirceur y cohabitent sans s’annuler malgré leurs polarités opposées
    Citation Envoyé par Cosmique Voir le message
    ... En équilibrant les deux polarités en nous, nous pouvons choisir de vivre dans la compassion et l’amour. ... ... au lieu d’être gouverné par vos vieux programmes, vous commencerez à vivre des expériences originales. Kishori Aird
    Extraits de « Essence ÈRE NOUVELLE – Mars 2005


    Mon ami, si ton objectif était de m'écœurer au point de me faire fuir d'ici, je dois dire qu'avec ce concentré de délire associant la science et la métaphysique dans un tel amalgame de stupidité, tu viens de réussir.

    Je me rends compte que je commets une erreur fondamentale :

    Celle de tenter de discuter, de m'opposer, de débattre, face à l'expression d'une intelligence remarquable se gaspillant dans l'imbécillité la plus parfaite que l'humanité ait été en mesure de produire jusqu'à ce jour.

    Je veux bien faire des exercices d'écriture et de rhétorique, comme je le fais habituellement sur les forums d'Internet, me dis-je, là, tout-à-coup, mais pas au milieu d'une merde intellectuelle d'une telle envergure.

    Je vais d'ailleurs ôter de ce fil de discussions mes petites citations de Nietzsche. Elles ne méritent vraiment pas ça.

    Et puis comme ça, le délire sera plus net, plus esthétique, plus charmant pour les âmes ...

    Allez, amuse-toi bien, petit Conmique.



    .

  16. #76
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    La vérité

    Citation Envoyé par Cosmique dans le fil Tebowing
    Citation Envoyé par victor.digiorgi
    La vérité exige qu'on ne sous-estime jamais ce qui ne nous plaît pas, qu'on ne le refoule pas inutilement
    Qu'est-ce que la vérité ? Une invention de la pensée ou une révélation de l'esprit ?

    Je pose cette question, mais je me fous de la réponse. Je ne suis pas en quête de vérité. J'utilise ma pensée philosophique pour m'affranchir de toutes les fausses vérités, de toutes les vérités en fait, de toutes les croyances, et d'ainsi permettre à ma conscience de jouir sans retenue de la Beauté du Monde qui transcende à l'infini la beauté des oeuvres artistiques qui ne sont que des amuses-gueules pour mettre l'esprit, l'âme et le coeur en appétit cosmique.
    Sur la vérité comme sur la liberté on a pu tout dire, et son contraire. Un certain goût pour la grandiloquence du tragique, le nihilisme contemporain, présentent la rencontre de la vérité comme une expérience fatale pour l’homme. Chez Nietzsche, la vérité de l’éternel retour peut nous anéantir ou nous faire basculer dans la folie. Chez Sartre, la révélation de la vérité de l’existence aboutit à l’absurdité. La rencontre de la vérité signifie la mort des illusions et le constat lamentable de la finitude humaine. Du coup, rien ne peut nous attirer vers la vérité et, comme Nietzsche l’avait dit, il faut que les hommes continuent d’entretenir des illusions, car ce sont elles qui les font vivre !

    Il est tout de même assez contradictoire de demander au philosophe de soutenir les illusions, quand par ailleurs on lui demande aussi de mettre en garde les hommes contre leurs illusions ! Un tel projet serait compréhensible de la part d’un Alcibiade ou d’un Calliclès, voués corps et âme à la recherche du pouvoir et méprisant la philosophie. Il est bon que le peuple partage certaines illusions et que personne ne vienne déranger sa tranquillité ! Mais ce genre de discours n’appartient pas au philosophe. Si on se débarrasse de ce terrorisme intellectuel autour de la vérité, ne peut-on la voir autrement ? La vérité ne peut-elle pas être libératrice ? Ne peut-elle ouvrir la voie d’une monde plus vrai et plus heureux ? La vérité est-elle contraignante ou libératrice ?

  17. #77
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    A. Mensonge, erreur et illusion

    1) En quel sens peut-on parler d’une contrainte exercée par la vérité ? (texte) Qui dit contrainte dit aliénation de la liberté. La liberté est par définition l’absence de contrainte. Mais est-ce à dire qu’être libre, c’est pouvoir faire n’importe quoi, tout en pensant ce que l'on veut ? Être libre est-ce donne libre cours à nos fantasmes ?

    a) Si nous ne voyons dans la liberté qu’une licence pour faire tout et n’importe quoi, il est clair que la liberté et la vérité ne peuvent aller ensemble. Pour être libre en ce sens, il ne faut pas écouter la voix de la vérité, refuser nos erreurs et nous enfermer dans une bulle d’illusions soigneusement entretenue. Il y aurait alors entre liberté et vérité une alternative radicale. Ou bien je demeure dans la vérité, en restant dans l’ordre de la réalité, et je renonce à ma liberté, ou bien je me défoule dans une liberté sans limite, mais je renonce à la sanction de la vérité. (texte)

    b) Qui peut raisonnablement accepter un tel dilemme ? La liberté n’est pas la licence, une sorte de liberté naturelle, sans foi ni loi. Ce type de croyance est une naïveté et si la liberté n’est pas la licence, il est possible qu’il n’y ait pas de contradiction entre la liberté et la vérité. La liberté est consciente d’elle-même et elle n’est pas de l’ordre d’une licence inconsciente. S’il y a contrainte exercée par la vérité, en réalité, celle-ci est de deux ordres d’exigences :

    Contrainte formelle de la vérité tout d’abord. En tant que la vérité s’exprime dans un discours vrai, elle nous impose les exigences de la logique. Nous pouvons nous sentir contraints devant le poids de conséquences qui découlent d’un principe, et de nos propres principes. Nous nous sentons contraints quand nous sommes mis en demeure de devoir surmonter nos propres contradictions. (texte)

    Contrainte matérielle du vrai, du fait que l’on doit regarder en face, de ce qui est. Il est assez désagréable parfois de devoir accepter des faits, de devoir s’incliner devant la justesse d’un jugement qui est peu favorable à ce que nous avons cru tout d’abord, ou à ce que nous avons voulu soutenir. La vérité exige que nous cessions de nous dérober devant ce qui est, elle veut être regardée en face. Quoi de plus contraignant quand nous nous faisons une toute autre idée ? Il y a des faits que nous ne voudrions pas voir et des torts que nous ne voulons pas reconnaître et pourtant la lucidité demande d’ouvrir les yeux.

    La question de la relation entre vérité et liberté devient : que cherchons-nous ? Faut-il à tout prix sauvegarder nos erreurs, nos illusions, notre amour propre et une liberté capricieuse contre la « contrainte » de la vérité ? Ou bien, comme le dit Platon, faut-il aller à la vérité de toute son âme ? (Tant pis si l’ego en prend un coup en chemin !) Retournons la formulation. Se méfier de la vérité pour sauvegarder notre petite liberté, c’est aussi tenir pour négligeable les conséquences du faux. Or, avons-nous bien conscience de ce que nos mensonges, nos illusions, de ce que nous erreurs entraînent à titre de contraintes ?

    2) Supposons que je me mette à mentir à quelqu’un. Aussitôt je deviens faux dans mon rapport à l’autre, je deviens sournois et dissimulé, je déguise la vérité et j'induis l’autre en erreur, j’entreprends d’égarer l’autre. Pourquoi ? Parce que j’en tire un avantage momentané. Mais cette mauvaise foi n’abusera pas longtemps, j’ai détruit la confiance et on ne me fera plus confiance. Mentir, c’est falsifier la vérité, ce qui suppose que nécessairement je la connaisse (texte). C’est intentionnellement que je mens sinon, ce ne serait pas un mensonge, mais une simple erreur. L’erreur est involontaire, elle est commise souvent de toute bonne foi, parce que l’on croit avoir dit la vérité. Mentir, c’est falsifier la vérité, ce qui suppose que nécessairement je la connaisse. C’est intentionnellement que je mens sinon, ce ne serait pas un mensonge, mais une simple erreur. Mentir, c’est falsifier la vérité, mais tout en sachant en soi-même où est la vérité. La mauvaise foi est dans cette division. Elle engendre un double discours et détruit toute sincérité et toute authenticité, elle fait du menteur un être inconsistant. Le mensonge me met dans la duplicité. Cf. Scott Peck. (texte) Nous cultivons, dans nos acrobaties mentales, nos fausses justifications, nos fuites et nos compensation un art périlleux : l'art de nous mentir à nous-même. Mais comme ici, c'est le même qui trompe et qui est trompé, la position est très inconfortable. Je deviens de ce fait faux.

    Mentir, c’est dire les choses autrement qu’elles ne sont. Cet autre n’existe pas, c’est un pur néant. En mentant, j’entraîne aussi autrui dans la croyance dans ce qui n’est pas, donc dans une illusion, je l’induis en erreur, et dans les erreurs qu’il va commettre à cause de moi parce que tout bêtement, il m’a cru ! Si en suivant la vérité nous pouvons rester en contact avec l’Être, en suivant le mensonge, nous sommes précipités dans le néant ! C’est pour cette raison que l’on dit que la vérité est ontologique, elle est le discours sur l’Être, le discours accordé à ce qui est, et elle a vocation à nous inscrire dans ce qui est. On ne peut pas s’appuyer sur un discours qui dit ce qui n’est pas, sur le mensonge. Nous ne pouvons pas bâtir sur le rien. Aussi sommes-nous très méfiant vis-à-vis du menteur. Nous ne pouvons pas nous fier à lui. Nous sommes par contre confiant envers l’homme véridique, l’homme qui fait preuve de véracité. Au moins, lui dit ce qui est, on peut s'appuyer sur sa parole. Nous apprécions celui qui dit toujours la vérité, parce qu’il dit ce qui est, on peut tabler sur cette relation.

    Tout le monde peut s’accorder sur le fait qu’il est préférable de saisir le réel lui-même que de se laisser prendre aux pièges du mensonge. L’existence même du mensonge est une contrainte. Le mensonge est un abus de confiance et d'abord une tromperie vis-à-vis de soi-même. Il engendre la méfiance mutuelle, il tue la confiance entre les hommes et sans confiance, le genre humain est constamment divisé contre lui-même. (texte)

  18. #78
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    3) Nous avons aussi tendance à croire que notre liberté sera protégée, si nos illusions sont protégées. Nous pensons que nos illusions ne regardent que nous, qu’elles ne portent pas atteinte à la liberté d’autrui. Mieux : nous avons assez de mauvaise foi pour penser que nous resterons libres, même si nous entretenons toutes sortes d’illusions (texte).

    C’est un peu comme si un homme ivre mort s’écriait triomphant « je ne suis pas ivre, je me sens tout à fait libre ! ». D’évidence il n’en est rien. Tout l’acharnement que nous mettons à entretenir une illusion, ne change pas son statut. Cela nechange pas le fait qu’elle ne renvoie à rien. L’acharnement de la croyance ne fait qu’aveugler. On s’illusionne pour se rassurer, mais cette fausse sécurité ne fait que créer et maintenir la contradiction dans notre vie. Ainsi, ce qui est terrible dans les métamorphoses du désir et de la passion, c'est toute cette énergie dépensée pour se tromper soi-même, pour s’enfermer dans le culte de l’objet du désir, et pour refuser coûte que coûte la réalité. Il arrive fatalement un jour où la réalité reprend ses droits, où il faut enfin ouvrir les yeux. Peut-on imaginer contrainte plus terrible pour la liberté que cette chaîne qu’elle s’est elle-même donnée sous la forme de l’illusion ? Impossible de serrer la chaîne plus près, puisque c’est l’ego lui-même qui se met en cage. L’effet de contrainte de l’illusion, c’est la persistance d’une souffrance, puisqu’il faut constamment lutter contre la réalité tant que l’illusion dure, et récolter une déception quand l’illusion tombe. La chute de la déception est d’autant plus grande que l’illusion en a placé le marchepied au plus haut. Les illusions nous rendent la vie infernale, et nous préparent une vie de souffrance.

    4) Enfin, la possibilité de l’erreur est-elle sans conséquence pour la liberté ? L’existence de l’erreur n'est pas neutre. L'erreur menace notre confiance et constitue une entrave à la libre spontanéité de la liberté. Il y a différence entre la faute et l’erreur. La faute est liée au non-respect d’une norme que je suis sensé connaître. Le mécanicien qui serre mal les freins de la voiture ne fait pas seulement une « erreur », il faut une faute professionnelle. On attend de lui un certain sérieux dans l’exécution de sa tâche. Un code de devoirs est inscrit dans l’exercice d’une profession, y déroger, c’est se mettre en faute, ce qui est nettement plus grave que de faire une simple erreur. Si chez moi, en faisant mes comptes, dans une addition j’oublie une retenue, je fais une erreur, c’est tout de même moins grave que le même oubli de la part d’un expert comptable, dont le métier consiste à faire les comptes d’une entreprise. L’erreur me montre que ma conscience, dans son défaut d’attention, est faillible. Comme dans ce cas je n’y met pas de la mauvaise volonté, que de toute bonne foi « j’ai cru que », la cause de l’erreur ne relève que de l'ignorance. L’erreur est erreur par privation de connaissance. Elle peut aussi bien être rectifiée, pour autant que j’en connaisse d’avantage. Plus la connaissance est ample, plus elle est adéquate, et moins l’erreur peut se manifester. Il importe surtout de percevoir ce que nous coûte les absences de la conscience, nos défauts d’attention en erreurs de toute sorte. Comment, dans ces conditions, serait-il encore possible de croire que l’erreur ne met pas en cause notre liberté ? L’ignorance fait que je puis me tromper dans mes jugements, me tromper dans mes choix, dans mes projets, mes décisions, mes engagements.

    Comment une vie authentique pourrait-elle s’édifier sur la base de l’ignorance ? Si nous n’avions pour guide que le mental ignorant et son clair obscur, notre liberté ne serait que la marche trébuchante d’un homme ivre dans un demi-jour qui ne se lève jamais. Nous serions de ce fait condamnés à l’errance. .

  19. #79
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    B. L’allégorie de la Caverne

    Il nous faut sortir de la confusion, comme on sort d’une caverne pour retrouver le grand jour ! Tel est le sens d’un des textes les plus étonnant de la philosophie occidentale, l’allégorie de la caverne, que l’on trouve dans le livre VII de la République de Platon. Il s’agit d’une allégorie et non d’un mythe. Un mythe est une histoire symbolique, qui met en scène les forces de la nature. Le mythe choisit la voix d’une évocation poétique, pour parler des origines et des mystères de la Vie. Une allégorie est une figuration qui se poursuit sur l’ensemble d’un récit, ou dans un tableau de telle manière à ce que chaque élément du récit ou du tableau corresponde à un élément du symbolisé, dans un parallélisme constant. En peinture, l’allégorie se traduit par une volonté de placer intentionnellement des éléments dans le tableau, suivant une sorte de code qui sera déchiffré si l’on connaît l’intention du peintre. On dit allégorie de la caverne, car Platon a en effet tenté une mise en scène où tous les éléments de l’histoire ont une signification symbolique. De plus, le tableau qu’il nous présente n’est pas statique, la figuration est aussi dynamique. Platon représente la condition de l’homme dans l’ignorance et aussi le chemin de sa libération.

    1) Dès le début, il marque son intention en plaçant sa description dans un contexte qui sera celui de l’éducation. « Voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance ». Suit alors la description :

    « Figure toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute la largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête...» (texte)

    Platon commence par symboliser la vie humaine par la condition de prisonniers enfermés dans un caverne. Pourquoi donc une caverne et pas le grand jour ? Parce que la condition de l’esprit est d’abord celle de l’ignorance et l’ignorance est manque de clarté, manque de la lumière de la connaissance. Obscurité va avec ignorance donc. La caverne figure une vie renfermée, obscure qui n’a ni la lumière, ni la liberté du grand jour. Cependant, elle possède une ouverture vers la lumière extérieure. Cela veut dire que l’esprit, qui y est d’abord enfermé, peut en sortir. L’homme n’est pas condamné à l’ignorance, il peut s’en libérer , s’élever à une vie plus libre et plus éclairée. Enfin, il le pourrait... s’il n’avait pas les jambes et le cou enchaînés et enchaînés « depuis l’enfance ». L’ignorance est venue avec l'incarnation de l’homme, elle ne lui est pas tombée dessus plus tard. L'incarcération dans l'ignorance prend deux formes. Les fers maintiennent la tête face au mur et les chaînes empêchent de se lever. Le mur symbolise la matière. Qui dit chaîne, dit attachement et attachement charnel. Ce qui attache d’abord l’esprit, fixe son regard vers la matière, ce sont les tendances liées à l’incarnation. Le corps imprime sa pesanteur et leste l’élan de l’esprit. La sensation, les habitudes mécaniques, les tendances, la base biologique inconsciente, tout cela tire l’esprit vers le bas et non vers le haut. La conscience, dans l’ignorance, est d’avantage tournée vers la matière que vers l’esprit. Le corps semble porter une lourdeur et une résistance à la connaissance et lester l’esprit d’ignorance. Si s’était un ange que l’on avait représenté et non un homme, il n’y aurait pas eu de chaînes ! L’ange peut aller librement vers la lumière, il n’a pas le poids d’un corps. L'incarnation est un défi à surmonter. C'est le défi humain. (texte)

    De plus, il faut remarquer que la lumière que voient les prisonniers n’est même pas celle de l’extérieur. Elle vient d’un feu situé derrière eux. C'est de la part de Platon tout à fait intentionnel. Cela veut dire qu’au fond, notre vie matérielle est vécue dans une lumière artificielle qui n’est pas celle du Vrai. C’est le brillant de la séduction des apparences qui nous trompe si facilement, le tape à l’œil, c’est le faire-voir des paillettes et du fluo ! Cela brille, mais dans une fausse lumière. Ce brillant des apparences renvoie au caractère factice de monde dans lequel nous vivons, aux fausses valeurs que nous entretenons.

    2) Mais que voient donc ces hommes dans l’ignorance ? Entre les prisonniers et le feu qui est derrière eux, se dresse un mur. Derrière le mur passent des personnages qui portent sur leur tête des figures de terre ou de bois : statuettes d’animaux, d’homme, d’objets divers. C’est comme si on avait installé un jeu de marionnettes dans le dos des prisonniers, mais qu’en plus, ils n’aient droit qu’à une représentation seconde, des ombres chinoises sur le mur de la caverne. Pour renforcer l’effet saisissant de réalité des ces ombres qui passent, la voix des porteurs résonne en écho dans le fond de la caverne, comme si elle venait des ombres elles-mêmes. Les porteurs parlent ou se taisent. Les prisonniers enchaînés n’ont jamais vu autre chose que des ombres sur le mur. L’ombre figure la connaissance des apparences, par simple sensation fuyante. Mais l'ombre rend possible la communication des prisonniers entre eux. Ces hommes discutent et s’entendent sur le défilé des ombres, on nommera opinion leur première forme de connaissance. Nous savons que l’opinion ne juge que sur les apparences, elle ne discerne rien, comme les prisonniers jugent d’abord sur de ombres projetées. Platon insiste. Le plus honoré d’entre eux sera celui qui se montera le plus habile à deviner l’apparition d’une ombre. Telle est le savoir empirique en ce monde. Ce que dans quoi se meut la pensée commune. Telle est par exemple la situation du politique qui n’a que des recettes momentanées d’action, et pas de science, qui ne connaît pas les causes. La politique, n'est qu'une habileté dans le domaine de l’opinion. Cette habileté est pourtant ce qui crée une sorte de hiérarchie sociale, ce par quoi chacun tente de trouver une reconnaissance dans le monde, grâce à ce savoir empirique. C’est l’opinion qui fait le consensus des hommes et celui qui sait manier l’opinion, même s’il ne dispose pas de la vérité, dispose du pouvoir. Mais soyons bien clair, tout cela n'est que jeu d'esprit à partir des ombres, tout cela n'est qu'ignorance et illusion.

    Le tableau est saisissant. Ces hommes parlent, vivent dans un monde artificiel et ténébreux. Tel est le monde sensible, monde qui est, dans la mesure où l'esprit y est piégé au premier degré, illusoire et même structuré dans une double illusion. Non seulement les prisonniers ne voient que des ombres, mais ces ombres ne sont pas les ombres de la réalité, puisque les objets portés au-dessus du mur sont des copies d’objets réels qui se trouvent au dehors. Comment comprendre cette étrange situation ? Pourquoi plusieurs degrés de réalité? L'ombre est ombre de la chose et la chose manifestation d'une Idée. L'ombre et la chose se situent sur le pan de la réalité empirique, de la réalité donnée dans la vigilance. Cependant cette réalité est en fait fondée sur une intelligence virtuelle, celle des Idées. L’objet porté symbolise la chose dans le monde sensible et la chose est une copie d’une essence qui est dans le monde lumineux, qui est en dehors de l'espace-temps du monde empirique, c'est-à-dire dans le monde intelligible. Par exemple, un acte de courage qu’un homme accompli ici bas, aujourd'hui, dans un incendie. Qu'est-ce que c'est essentiellement? C’est la manifestation dans le monde de l’espace et du temps d’une forme éternelle qui est l’Idée du courage, Idée qui est l’essence de tous les actes courageux. De même, la forme du cercle que je dessine sur le sable est une reproduction, dans ce monde sensible, une évocation de l’Idée de cercle, idée qui en forme le modèle et ce modèle lui réside dans le monde intelligible. Le cheval que je vois gambader dans un pré dans le monde sensible est la reproduction de l’Idée de son espèce, le genre du cheval, idée qui est son essence.

  20. #80
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    3) Maintenant, ce portrait de la condition humaine n'est pas figé. Supposons que parmi les prisonniers, il y ait un homme intelligent qui s’avise de secouer l’opinion, qui par ses questions, mette en cause ce qui simplement se répète par habitude. Ce serait un peu comme s’il venait dégager le cou du prisonnier qui l’écoute et que celui-ci, pour la première fois, tourne la tête. Auparavant, il avait le regard rivé au mur, halluciné par le spectacle des ombres. Sa pensée était comme perdue dans des images. Mais voilà qu'un homme vient lui parler et le tire de son engourdissement. Et si tout ce qu'il avait pu croire n'était pas réel? Moment de basculement des certitudes. Moment d’Éveil. Tout d’un coup l'esprit voit, que ce qu’il croyait être la vérité, n’est qu’une ombre, de la Réalité, sa projection sur le mur. En se retournant, il voit que les choses qui défilent sont plus réelles que les apparences. De l’ordre du savoir de l’opinion il passe à celui de la perception juste, ou croyance naturelle, il passe de la vision irréelle dans le sensible, à une vision correcte dans le sensible.

    Mais ce ne serait pas encore le plus haut degré de la connaissance. Notre prisonnier est cependant sur le chemin. Pour la première fois du moins, l'esprit se retrouve seul devant le problème de la vérité. Il lui est offert la possibilité de se mettre en marche et de la chercher. Pour voir de manière correcte, il faut déjà se détacher de l’opinion et de ses préjugés. Si donc on détache le prisonnier. On enlève ce qui attache, ce qui veut dire que l'esprit est affranchi des liens de l’opinion et des simples impressions confuses. Dans un premier temps, il verra que l’ombre n’est que la projection d’une chose. Il aura une perception juste. Il saura que la chose est plus réelle que l’ombre, que la croyance naturelle est plus fiable que l’opinion. (texte)

    Si on le force à se relever et à monter le chemin vers la lumière, il sera d’abord ébloui. Il sera peut-être tenté de s’enfuir pour revenir à son ancienne place. La connaissance vraie, non seulement l’a rendu solitaire, mais dans un premier temps, elle a aussi brisé les anciennes illusions. Il y a alors un passage difficile où la tentation sera grande de tout laisser là, pour retourner dans les chaînes, tentation d’abandonner la quête de la connaissance pour retourner dormir dans l’opinion. Le prisonnier se sentira un peu mal dans cette vison neuve, il se sentira comme débranché de l'opinion ! Ce n’est que peu à peu, que le prisonnier s’élèvera à la lumière, que l’âme s’élèvera dans la vérité, comme par degré. La montée vers le lumière est « rude et escarpée » !

    Une fois rendu dehors, tout changera. La Réalité est grandiose et lumineuse. Mais en sortant du trou et de l'ombre, il faut du temps pour s'habituer. Le soleil du grand jour sera trop intense ; le l'esprit contemplera la lumière des étoiles, puis de la lune. Il comprendra, dans une ample vision de l'Intelligence, que les choses qu’il découvre maintenant dans le monde intelligible : le Courage, le Cercle, le Cheval, l'Homme, ou encore l'Amour, la Beauté, sont les modèles qui viennent se refléter dans l’espace et le temps à l’intérieur du monde sensible, dans des réalités singulières. Le regard de l'intelligence lui révèle les essences, qui ont permis de réaliser ces marionnettes qui se trouvaient dans la caverne. En terme de théorie de la connaissance, il est passé de la perception juste à l’intuition de l’essence.

    Peut-il encore aller au-delà ? Au niveau des essences, au sommet du mental, règne encore une multiplicité. Cette multiplicité peut-être unifiée, parce qu'elle est unifiée. Il y a un principe d'Unité de toute existence. Dans l’allégorie de Platon, c'est le Soleil. Le Soleil représente la Cause à la fois de toutes les essences et de toutes les existences, ce qui constitue le Fondement ultime de la Manifestation. En portant ses yeux vers la lumière elle-même, vue dans l’étoile qui scintille, puis dans la lune la nuit, puis ensuite en regardant le Soleil, l'intelligence délivrée contemplera le la Cause ultime, ce que Platon dénomme le Bien. Dans cette expérience, se révélera de lui-même le sens de l'Unité. « Après cela, il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c’est lu qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible et qui, d’une certaine manière, est la cause de tout ce qu’il voyait avec ses compagnons dans la caverne ». Le soleil symbolise ce qui dispense la Vie, mais aussi ce qui éclaire l’intelligence, le Fondement à la fois de l’existence et de la connaissance. La contemplation du Soleil est la conscience d'unité de la Vérité intégrale de l’Être.

    L’ascension de l’homme dans la vérité est un affranchissement, un affranchissement vis-à-vis du sensible le plus grossier, vers un ordre du sensible plus subtil, vers une intuition intellectuelle des essences, enfin, vers une vision dans la conscience d'unité du Bien. La quête du vrai, commence par une expérience confuse de perception baignée dans les surimpositions de l’opinion, se poursuit dans une expérience claire de perception, puis dans une expérience intellectuelle d’intuition et enfin s’achève dans une expérience spirituelle du Bien. Cette libération est en même temps une purification de l’âme, elle est une conversion, au sens originel d’un retour de l’âme vers la lumière dont elle s’était dans l’ignorance détournée. C’est une conversion qui possède des risques de rechute, du moins, tant que le prisonnier n’est pas sorti de la caverne, qu’il n’a pas été illuminé par la clarté de l’intuition des essences et la rencontre spirituelle du Fondement ultime de la Manifestation. Passé de l’autre côté, il n’aura guère envie de retourner dans l’obscurité. La connaissance supérieure donne délivre plus encore que la joie de comprendre, elle est accompagnée d’une félicité de la contemplation. Dès lors, « se souvenant de sa première demeure, de la sagesse qu’on y profère, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu’il se réjouira du changement et plaindra ses derniers ? ».

  21. #81
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    4) Si l’allégorie s’arrêtait là, nous pourrions voir dans Platon un philosophe ascétique qui, niant la vie corporelle, cherche une voix de salut, hors du monde matériel, une échappée spirituelle sublime. Mais le moment le plus important de l’allégorie de la caverne, c’est le moment du retour. L’homme que la connaissance libère ne peut plus envier les valeurs de l’ignorance. Il est dans un détachement naturel vis-à-vis du monde de l'opinion. Pourtant, il est essentiel, pour les bien des hommes qu’il redescende dans le monde pour y faire œuvre d’éducation. L'Éveil, il ne doit pas le garder pour lui-même, mais en faire une offrande à ceux qui sont encore dans la nuit. C’est vrai que le retour est dangereux. Si jamais il tentait de retourner dans la caverne, il subirait un second aveuglement, celui du passage de la lumière à l’obscurité : c’est ce que l’on traduit en disant que le philosophe semble un peu distrait à l'égard des préoccupations les plus triviales. Il sera maladroit dans les affaires du monde. Mais il y a pire. I sera pour les autres un étranger. Ils pourrons d’ailleurs aller jusqu'à vouloir le tuer. Ne pas lui pardonner sa lucidité. Telle a été la destinée de Socrate qui a été tué pour trop de lucidité dans un monde de compromission et de mensonges. Mais Quel que soit le risque pourtant, il faut bien que la vérité descende en ce Monde. Il faut abolir la séparation brutale entre la sphère céleste de l’esprit et le monde terrestre de la matière.

    Platon continue en expliquant qu’il serait même souhaitable qu’un tel homme reçoive le pouvoir de gouverner ! Mieux vaut un roi philosophe, qu’un politique habile, retors et dépourvu de sagesse. Ce qui va différencier le philosophe roi du politique ordinaire, c’est qu’il n’éprouvera aucune attirance pour le pouvoir. Il ne l’exercera que pour le bien des hommes, car sa nature le porterait plutôt à la contemplation qu’à l’action.

    Même si le « philosophe roi » (texte) est un idéal, il est essentiel que le Sage descende dans la caverne pour délier les chaînes qui entravent les hommes. Le sens premier de l’éducation : est de libérer l’homme de la servitude, de l'aider à s’élever dans la droiture et le bien. Cette élévation n’est pas une mission qui ne regarde que l’intellect. Elle enveloppe l’être humain dans sa totalité, l’âme, le corps et l'esprit « L’éducation est donc l’art qui se propose ce but, la conversion de l’âme et qui recherche les moyens les plus aisés et les plus efficace de l’opérer ». Elle ne peut consister à seulement l’instruire en la remplissant de connaissance. Elle est doit être Éveil et éveil de l’âme à sa propre réalité. « elle ne consiste pas à donner la vue à l’organe de l’âme, puisqu’il l’a déjà ; mais comme il est mal tourné et ne regarde pas où il faudrait, elle s’efforce de l’amener dans la bonne direction ». L’éducation est plus qu’une mémorisation d’un savoir, elle est plus qu’instruction, elle est l’art de la conversion doit rendre un être au départ encore frustre, plus humain au contact de la vérité. La vérité ici n’est donc pas un savoir extérieur à la vie, elle est la Vie se connaissant elle-même, entrant en possession d’elle-même. Tout ce dont l’âme a besoin de savoir se trouve déjà en elle. L’éducation doit tourner le regard de la conscience de la matière vers l’esprit et opérer la transformation de tous les aspects de la vie humaine. Il y faut une gymnastique pour perfectionner et maîtriser le corps, une éducation artistique pour l’élever dans le sensible, Il faut aussi l’exercice des mathématiques pour apprendre à considérer les essences abstraites, la dialectique pour cheminer vers l’essence pure. A terme, l’éducation n’est parfaite que si elle prépare l’âme à la vision unitive du Fondement absolu.

  22. #82
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    C Vivre dans la vérité

    Il est facile de tourner l’allégorie de la caverne en dérision. Il est plus difficile de tirer une leçon de ce texte qui ne soit ni trop érudite, ni superficielle ou réductrice. C’est un texte qui symbolise le sens même de la démarche philosophique. Faire l’économie de cette allégorie est possible, mais c’est ce priver de la puissance d’inspiration contenue dans un texte immémorial. La seule justification qui permettrait d’en contourner l’interprétation serait de la volonté de considérer le problème de la vie dans la vérité de manière très concrète. En effet, comment comprendre cette injonction concrète qui s’applique à la vie quotidienne : vis dans la vérité ! Mais qu'est-ce que cela veut dire? Et comment vivre dans la vérité?

    1) Vérité ne s’entend pas ici de façon très générale comme équivalent de « science » ou même de « savoir. Vivre dans la vérité, c'est vivre en accord avec elle. C'est aussi connaître ce que je suis en toute vérité, sans déguisement, sans mensonge, sans illusion ni tromperie. Reconnaître moi la vie pour ce qu'elle est. C’est exactement mettre en pratique le précepte de Socrate connais-toi toi-même ! Ce qui ne veut pas dire se regarder le nombril, ou se juger moralement, faire son examen de conscience. C’est vivre chaque instant dans la pleine lumière de la conscience, dans la clarté de la lucidité. C’est vivre en accord avec une connaissance de la vie qui soit justement vivante et non pas morte ou de seconde main. C’est appliquer dans sa propre vie les principes que nous avons pu comprendre. Une vérité qui ne serait que dans les ---------------livres serait stérile. La vérité n’est pleine et entière que lorsque la vie est vécue dans la vérité, non pas quand demeure un fossé entre ce que je sais - qui reste dans ma mémoire mais dont je ne tiens pas compte - et ce que je suis - qui semble n’avoir aucun rapport avec ce que je sais - . Une philosophie se juge à ses fruits dans la vie du philosophe ce qui suppose un minimum d'honnêteté et d'authenticité. L’authenticité devant la vérité est demeurer en accord avec sa propre connaissance, sans présomption, sans suffisance, sans dénégation de soi-même ou auto condamnation. Être soi-même consciemment.

    Prenons un exemple. Considérons donc la portée de l’Enseignement sur un texte de S. Prajnanpad sur la vérité. D’abord apparaisse les principes :

    « qu’observez-vous en fait ?

    Le changement, un changement continuel, partout, toujours.

    La différence : jamais deux choses ne sont pareilles. Tout est différent de vous et d’un autre ou plutôt chaque chose est unique ». (texte)

    Aussitôt, vient l’injonction : « essayez d’appliquer ces vérités dans votre vie ». J’ai tendance à avoir l’esprit rigide, et j’oublie trop souvent la vérité du changement. Tout change et tout change toujours. Rien ne demeure. Dès que je fixe ma pensée dans une permanence dans ce monde relatif, je suis déçu. Je me trompe en oubliant le principe. De même, j’oublie aisément que tous les êtres sont différents. Je n’ai pas à croire qu’autrui est identique à mon petit moi avec ses préférences, ses goût etc. Sinon je vais au devant d’erreurs et de désillusions. Je ne dois oublier ni la différence, (texte) ni le changement, (texte) les observer à l'œuvre chaque jour. La vérité n’est pas une chose qui serait seulement une théorie dans des livres. Elle est. Ici et maintenant. A la limite « Qu’est-ce que la vérité ? Tout ce qui est, est la vérité. Vous êtes et donc vous êtes la vérité... La vérité ne viendra pas, elle est ici et maintenant ». La vérité entre dans la Manifestation avec cela qui se manifeste. En sanskrit, satya, vérité, est formé directement sur sat, l’existence. « La vérité est ce qui existe. Ce qui est, est la vérité ». Ce qui se manifeste en moi, hors de moi, ici et maintenant est. L’être se donne à chaque instant et cette compréhension de la donation est la vérité de la vie à chaque instant. Or que se passe-t-il le plus souvent ? Nous ne sommes pas assez attentifs, nous fuyons ce qui est, c'est-à-dire le présent, pour un ailleurs. Ce qui devrait être. « Le verbe ‘être’ c’est la voix de la vérité. Le conditionnel passé ‘j’aurais dû’ est la voix de l’illusion ». Ce qui était hier est passé. La situation d’expérience présente commande une réponse juste et intelligente. Vivre dans la vérité, ce n’est pas s’échapper dans l’imagination, dans de pseudo-justifications ou dans de belles théories.

    2) En d’autre terme, vivre dans la vérité, c’est faire descendre la compréhension dans l’expérience. « La compréhension vient par l’intellect alors que l’expérience vient par le cœur ». Un Enseignement spirituel est fait pour être mis en pratique. Plus l’Enseignement est vécu plus il est intégré, et plus il s’enracine en profondeur, donnant par là une stabilité inconnue dans l’ignorance. « Plus la compréhension intellectuelle s’enracine profondément, plus la fixation émotionnelle du mental perd sa prise, plus l’impression laissée à l’intérieur par la compréhension prend de la force ». Ce qui a été compris en profondeur modifie le rapport avec ce qui est. C'est autre chose que de se débattre dans l'ignorance et de répéter les même schémas, ce qui se produisait autrefois de manière mécanique, sans que la compréhension y soit. Le moment du sentiment est essentiel. On ne comprend bien que ce que l’on comprend avec le cœur et non par le seul effet de l’intellect et de la compréhension intellectuelle. « C’est la raison pour laquelle ce qui a été seulement compris ne jouit pas du même poids, de la même valeur que ce qui a été expérimenté ». (texte)

    C’est exactement de cette manière que stoïcisme était enseigné dans l’antiquité. Et qu'il était pratiqué. L’Enseignement philosophique a pour vocation de donner autonomie, indépendance et liberté. Il donne la liberté en donnant la vérité. Il ne faut pas, explique Epictète :

    « Croire la foule selon laquelle seuls peuvent être instruit les hommes libres ; il en faut croire plutôt les philosophes, pour qui seules les hommes instruits sont libres.

    - Comment cela ?

    - Voici : de nos jours, la liberté est-elle autre chose que le pouvoir de vivre comme nous l’entendons ?

    - Non, pas autre chose.

    - Dites-moi braves gens, entendez-vous vivre dans l’erreur ?

    - Nous ne l’entendons pas.

    - Par conséquent nul homme qui est dans l’erreur n’est libre ». (Voir aussi dans le Manuel)

    Nous avons oublié que l'Enseignement peut-être vécu. Nous en avons fait quelque chose de livresque et de détaché de la Vie. Ce qu'il n'a jamais été. Nous avons oublié que la connaissance philosophique est par essence auto-compréhension, que la connaissance se mûrit dans la vie dans une sagesse. Les anciens comprenait d'emblée que la vérité et la vie ne sont pas choses distinctes. Nous lisons Epictète avec les lunettes de l'érudit et du coup, nous laissons de côté sa grandeur et son éclat. Les chercheurs les plus sincères vont aller quérir une sagesse sous d'autres continent, sans observer celle qui est sous leur nez, sans voir qu'il y a aussi dans notre culture des maîtres de sagesse. Vivre dans la vérité n'est pas une formule obscure. Mais elle suppose de prendre au sérieux la connaissance et ne plus la consigner dans une mémoire intellectuelle, loin de la vie concrète.

    * *
    *

    Le terrorisme intellectuel qui présente la vérité comme une puissance mortelle, n’en donne qu’une interprétation limitée et partielle. Ce n’est que le moment négatif de la destruction des illusions et non le moment positif de la vie en accord avec la vérité. Si on entend par vérité le savoir en général, il sera facile de trouver dans la vérité une contrainte.

    Mais la vérité de la vie, la vérité vivante et en mouvement est libératrice. Il ne peut y avoir de liberté digne de ce nom sans vérité. Tôt ou tard, il faut bien se débarrasser de ses erreurs et laisser tomber ses illusions. Ce qui se découvre, c’est un voile. Le dévoilement progressif du Sens est le chemin de la vérité. Le dévoilement de ce qui est ne se donne que dans la solitude et délivre une joie qui ne se monnaye pas, la joie d’une compréhension qui s’ouvre peut à peu à la complexité de ce qui est.

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  23. #83
    Citation Envoyé par sollune Voir le message
    ça semble aussi être très courant chez ceux qui l'aiment : )
    Heu, ça ne me semble courant à moi que chez ceux qui ne l'ont pas lu en entier, or, ceux qui l'aiment l'on lu de A à Z, seule façon de savoir de quoi il parle, et donc de pouvoir porter un jugement sur sa pensée.

    Ceux qui ne l'aiment pas NE PEUVENT PAS le lire en totalité.

    Mais c'est valable pour tout le monde et tous les penseurs, il faudrait ajouter ...

    Par exemple, moi, Krishnamurti me dégoûte, et Jacques Languiran aussi, et aussi Platon.

    Mais pas Onfray, Dawkins, Darwin, Hawking, Heisenberg, Lucrèce, La Mettrie, Camus, Bachelard, Cioran, Witgeisntein, etc, pour ne citer que quelques auteurs et penseurs du matérialisme radical et du monisme matériel que je lis et relis et qui m'apportent de l'air aussi frais et aussi pur que la rosée du matin.

    .

    .

  24. #84
    moi, la lumière, l'amour, l'espoir et les sourires des bébés me dégoûtent. quand je me roule dans la merde et m'injecte de l'héroïne irradiée, ça m'apporte de l'air aussi frais que la rosée du matin.

  25. #85
    Citation Envoyé par sollune Voir le message
    moi, la lumière, l'amour, l'espoir et les sourires des bébés me dégoûtent. quand je me roule dans la merde et m'injecte de l'héroïne irradiée, ça m'apporte de l'air aussi frais que la rosée du matin.
    Chacun ses goûts, et donc ses dégoûts, et chacun son humour aussi

    .

  26. #86
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    À propos de l'Anatomie Multidimensionnelle de Alisa Battaglia (msg#69) et du Point zéro de Kishori Aird (msg#70-1-2)

    Ni science, ni métaphysique, ni vérité, ces deux textes sont de simples exemples d'applications ésotériques du nouvel entendement spirituel inspirées par les avancées de la physique moderne et la métaphysique qui en découle. Alisa Battaglia et Kishori Aird, à partir de leur interprétation bien personnelle de cet entendement, nous proposent des idées/outils d'éveil de la conscience spirituelle. Or il existe sans doute des centaines d'autres exemples d'applications ésotériques inspirées par le nouveau paradigme, leurs particularités communes étant d'aborder la spiritualité sans faire appel à quelque croyance que ce soit, de n'avoir aucune prétention scientifique (le fait qu'elles s'inspirent de certaines avancées scientifiques ne devant pas être faussement interprété dans ce sens), de livrer un message d'amour et d'espoir et de permettre à des millions de personnes trompées par leur religion et ignorées par la science (le plus souvent parce que la science est incapable, dans son état d'avancement actuel ou parce que ça n'est pas de son ressort, de comprendre leurs besoins et de leur venir en aide) de trouver leur propre voie de salut et de bonheur.

    Mais bien sûr qu'il existe aussi de nombreux exemples totalement mensongers d'applications ésotériques inspirées par le nouveau paradigme et qui ne cherchent qu'à exploiter la naïveté des gens pour des raisons strictement pécunières. C'est comme dans n'importe quoi, incluant certaines religions et certaines applications scientifiques. Voilà d'ailleurs pourquoi je considère comme un préalable essentiel à toute démarche ésotérique, à toute démarche en fait, le développement d'un sens critique philosophique minimal et équilibré (devinez à quoi je fais allusion).

    ---

    N.B.: Tous les textes philosophiques reproduits jusqu'ici dans ce fil, lorsque non indiqué autrement, proviennent du fantastique site Philosophie et Spiritualité (à fréquenter absolument).


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    Dernière modification de Cosmique, 04/03/2012 à 01h45

  27. #87
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    Je disais ...

    «Mais bien sûr qu'il existe aussi de nombreux exemples totalement mensongers d'applications ésotériques inspirées par le nouveau paradigme et qui ne cherchent qu'à exploiter la naïveté des gens pour des raisons strictement pécunières.»

    En voici probablement un bon exemple.

    Citation Envoyé par Pierre Foglia
    J'ai un ami qui travaille au ministère fédéral de la Justice qui a mis la main sur le programme d'un cours de gestion pour les cadres supérieurs de son ministère appelé «Visionary Leadership (VL)», unique en cela qu'il incorpore à la notion de leadership, ici je cite: les nouvelles sciences quantiques, la biologie cellulaire, la programmation neurolinguistique et l'évolution de la conscience. Ce programme, de par le fait qu'il redéfinit les notions d'être humain, propose donc un changement de paradigme qui permet une transformation quantique au niveau de l'identité de l'apprenant...

    Le tout pour 300 000$, c'est donné, je trouve, pour changer de paradigme.
    Bon, d'accord. Peut-être n'est-ce pas «totalement mensonger». Suite à ce cours à 300 000$ payé par les contribuables, les cadres supérieurs du ministère fédéral de la Justice ont vraiment transcendé la justice en toute bonne conscience. Faut le faire. ; )

    Source: Les bonnes habitudes - Pierre Foglia

    Autre extrait:

    L'habitude numéro cinq est sans aucun intérêt et l'habitude numéro six est assortie d'une citation de George Bush à laquelle je n'ai rien compris, je ne la reproduis pas de peur que vous me l'expliquiez.
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  28. #88
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    Hubert Reeves parle de trancendance à Second Regard


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  29. #89
    Hubert Reeves avoue qu'il a un côté mystique, lequel lui vient de la grande musique.

    La musique, c'est le logos (la raison universelle) exprimé par la personne. Cette personne contient évidemment toutes les personnes possibles, y compris celles qui peuvent vivre dans des dimensions que nous ignorons.

    J'ai déjà écrit une lettre à Jacques Languirand. Je ne me souviens plus exactement quand, mais c'était avant 1995 (l'année de mon contact révélateur avec mon fabricant extraterrestre), peut-être en 1993, ou plus loin encore, mais pas très loin. Je ne me souviens pas très bien de ma lettre, mais elle tenait en quatre ou cinq pages écrites à la main, dans lesquelles je décrivais ma vision simplifiée de l'évolution spirituelle et religieuse de l'humanité. Je défendais la nécessité de dépasser la religion du Dieu patriarcal par une religion de la Nature, définie comme l'être universel qui se recrée lui-même éternellement selon des lois immuables, Nature qui ne pose pas de jugement sexiste en favorisant systématiquement le mâle. Une religion ouverte, sans dogme dictant la vérité... Je terminais en l'invitant à créer cette religion avec moi, ce qui ne voulait pas dire : venez, faisons une nouvelle secte, mais collaborons librement à l'émergence d'une nouvelle spiritualité pour toute l'humanité.

    M. Languirand m'a fait le plaisir de répondre sympathiquement à ma lettre durant son émission radiophonique. Il a défendu son idée de Dieu, mais je ne peux pas vous l'expliquer, je n'ai pas compris.
    Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?

  30. #90
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    Le texte suivant est de Jacques Languirand.

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    Si j'étais Dieu

    En bout de ligne, cette affable journaliste d'un mensuel féminin m'explique qu'il s'agit de répondre à la question : " Si vous étiez Dieu qu'est-ce que vous changeriez dans le monde? ".

    Je comprends qu'il s'agit d'un jeu : jouer à être Dieu, mais cette question suscite malgré tout chez moi une réaction telle que ma réponse, je le crains bien, n'intéressera pas les lectrices de son magazine.

    Comme elle insiste, je lui dis :

    – Si j'étais Dieu, je ne changerais strictement rien à ce qui est! Le monde est parfait tel qu'il est...

    A son silence, je devine son étonnement. Je m'explique :

    – Tout dépend précisément de l'idée que l'on se fait de l'objet de la création. Quant à moi, j'en suis venu à penser que cet objet est l'éveil de la conscience. Et plus je prends de l'âge, plus je suis convaincu que non seulement tel est l'objet de la création mais que les conditions qui nous sont faites favorisent cet éveil. Les conditions, c'est-à-dire les difficultés, les épreuves... De même que notre incompréhension, notre incrédulité devant les difficultés et les épreuves, qui ajoute encore à la souffrance. Sans compter que, au fur et à mesure que la conscience s'éveille un peu plus, nous devons faire face à de nouvelles difficultés, à de nouvelles épreuves qui ébranlent nos convictions! De sorte qu'à chaque étape du cheminement, il faut reprendre le raisonnement depuis le début afin de se convaincre à nouveau que la souffrance est le principal moteur de l'éveil de la conscience.

    Il y en a d'autres, c'est sûr, comme par exemple la beauté – de certains êtres, de la nature, d'œuvres d'art – de même que les vertus telles que le courage, la patience, la justice, la générosité, la compassion... Or, la souffrance, demeure quoiqu'on dise le principal moteur de l'éveil précisément parce qu'elle fournit les occasions d'exercer la plupart de ces vertus. Ultimement, la démarche vise à nous ramener à la Conscience, à l'Être véritable. Comme le dit Alan Watts : " Nous sommes les fenêtres par lesquelles Dieu se regarde revenir à Lui! ".

    Je ne crois pas pour autant qu'il faille susciter volontairement des occasions de souffrir. Inutile d'en rajouter au lot qui nous fut dévolu à la naissance, ou plutôt : avant de naître, puisque la naissance elle-même est souffrance. Bien que je constate que la plupart des êtres humains contribuent pour une large part à leur souffrance. Dans l'ensemble, il faut bien le dire, nous sommes peu doués pour le bonheur. La souffrance associé au destin de chacun représente la part qu'il doit personnellement assumer. Mais inutile d'en rajouter : " A chaque jour suffit sa peine... "

    Ce que j'en dis ne suggère donc pas de rechercher la souffrance et l'augmenter mais, au contraire, de la diminuer! Cet énoncé peut sembler contradictoire : Si la souffrance constitue le principal moyen d'élever la conscience pourquoi souhaiterions-nous la diminuer? Pour préciser ma pensée, je dirais que ce n'est pas tant la souffrance qui est le principal moyen d'élever la conscience que la compréhension à laquelle elle donne lieu. La compréhension des lois qui régissent l'Univers. Aussi longtemps qu'on refuse la souffrance cette compréhension nous échappe. Mais sitôt qu'on accepte la souffrance pour ce qu'elle est, la compréhension s'étend et la conscience s'élève.

    Je dirais même qu'il est souhaitable d'échapper le plus possible à la souffrance. Non pas en la fuyant, ce qui a toujours pour effet de la rendre plus pénible encore, mais en comprenant le sens de la fonction qu'elle remplit dans nos vies. La compréhension qui découle de l'expérience et de l'étude permet aussi de grandir et contribue aussi à élever la conscience. Si on veut atténuer la souffrance, on a donc tout intérêt à augmenter sa compréhension du sens de la vie. C'est-à-dire rendre la souffrance un peu moins nécessaire. Et de moins en moins nécessaire. Et même, éventuellement, plus du tout nécessaire.

    Ces propos ne sont pas pessimistes. Ils invitent simplement à considérer l'expérience de la vie pour ce qu'elle est et à se libérer le plus possible de l'idée que l'on se fait de ce qu'elle pourrait être, ou devrait être... Partir de ce qui est, c'est toujours plus sûr. Faute de quoi on vit de fabuleux espoirs qui entretiennent la souffrance en nous faisant percevoir la vie à partir d'un manque, d'un gouffre, de tout ce qui n'est pas.

    Récemment, un ami et moi, nous avions un plaisir fou à débattre de cette question. Dans un éclat de rire je lui disais :

    – J'ai fini par découvrir le sens de l'expérience humaine, la structure même de la vie!

    Devant son air dubitatif, je précise : – On passe la moitié de la vie à se faire un ego fort et l'autre moitié... à le défaire. Et pour nous aider dans cette entreprise, il y a la maladie et la vieillesse... Et si, malgré tout, l'ego résiste, eh bien il y a la mort!

    Voilà ce que j'ai cru que je ne pouvais pas ou ne devrais pas communiquer dans un magazine, même dans le cadre d'un jeu qui consiste à se prendre pour l'Autre.

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