Rentrée scolaire
Le matériel scolaire gratuit?
Sarah-Maude Lefebvre
21/08/2011 04h01
Comme à chaque année, Phung Ngoc Dung a fait la tournée des magasins, plus tôt cette semaine, avec ses enfants Sasha et Mikaëla pour acheter le matériel scolaire nécessaire à leur rentrée en classe.
© Sarah-Maude Lefebvre/Agence QMI
Alors que des milliers de Québécois envahissent présentement les magasins pour préparer leurs enfants à la rentrée scolaire, bon nombre de parents ontariens profitent tranquillement des derniers jours de vacances en compagnie de leurs enfants dont les effets scolaires sont achetés et fournis par le gouvernement. Une façon de faire que plusieurs acteurs du monde de l'éducation souhaiteraient reproduire ici.
Le 6 septembre prochain, les quelque 8500 élèves relevant du conseil scolaire Viamonde feront leur entrée en classe...avec un sac à dos vide.
Dans les 41 écoles primaires et secondaires du Sud-Ouest de l'Ontario, le matériel scolaire est remis gratuitement et en mains propres aux élèves, au début de l'année scolaire.
«Il n'y a rien de plus normal, s'exclame la surintendante à l'éducation du conseil, Jennifer Lamarche-Schmalz. Quand je vais travailler, mon employeur met un ordinateur à ma disposition. C'est la même chose pour les élèves. C'est à l'école que revient la responsabilité de leur fournir le matériel nécessaire à leur apprentissage.»
Lorsque contactée par le Journal, cette dernière s'est dite «très surprise» d'apprendre qu'il en était tout autrement au Québec, où il appartient aux parents de se procurer les effets scolaires de leurs enfants.
«L'école publique n'est pas que la responsabilité des parents, s'exclame-t-elle. C'est la société au grand complet qui gagne en misant sur les jeunes, d'autant plus que ce ne sont pas tous les parents qui peuvent se permettre d'acheter les effets scolaires. Surtout lorsqu'ils ont plusieurs enfants!»
«On en a besoin ici!»
Ce système fait l'envie de bien des gens au Québec.
Les parents rencontrés plus tôt cette semaine par le Journal dans différentes papeteries de la région métropolitaine semblaient intrigués par cette façon de fonctionner.
«Nous, en attendant, on utilise le système D», a confié Phung Ngoc Dung qui faisait la tournée des magasins avec ses deux enfants.
«On essaie de recycler certains articles d'une année à l'autre pour économiser sur les coûts. Après une couple d'années, on devient des experts», s'est-il esclaffé.
Toutefois, pour d'autres parents, le recyclage et la chasse aux aubaines ne sont pas suffisants, et l'idée d'avoir accès gratuitement à du matériel scolaire est séduisante.
«Ce n'est vraiment pas facile pour certaines personnes. Nous tenons chaque année une distribution de vêtements neufs pour adultes, car des parents investissent tout dans le matériel scolaire et n'ont plus rien pour se vêtir ensuite», relate Tommy Kulczyk de l'organisme Jeunesse au Soleil.
«En plus des coûts reliés à la rentrée, il y a la «course au bon objet», fait-il remarquer. Il faut main-tenant tel type de crayon, de telle couleur et de telle marque. Il y a souvent de l'exagération.»
Le Québec en a-t-il les moyens?
L'idée que le gouvernement québécois offre gratuitement le matériel scolaire aux élèves est alléchante pour plusieurs observateurs du monde de l'éducation, qui se demandent toutefois si la province a les moyens de financer un tel système.
«Il y a plusieurs fa-milles qui doivent se priver pour acheter des effets scolaires et il faut dénoncer cela. Mais il y a tellement de besoins