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Le plus célèbre des investisseurs professionnels, Warren Buffett, est resté au plus près de sa base américaine en misant sur une technologie du XIXe siècle ancrée au cœur même de son Nebraska natal: le train.
Buffett ne cache pas sa joie face au succès de son investissement dans la société ferroviaire Burlington Northern Santa Fe (BNSF). L’année dernière, sa holding Berkshire Hathaway a déboursé 26,5 milliards de dollars pour racheter les 77,4 % de BNSF qu’elle ne possédait pas encore. Née dans les années 1840, avant même que le Nebraska ne soit un État, la société est spécialisée dans le fret ferroviaire. Dans sa lettre, Buffett affirme que les résultats de cet achat dépassent ses espérances, allant jusqu’à le qualifier de «point fort» de l’année.
Cet achat est, à bien des égards, caractéristiques de Buffett: aussi peu «sexy» soit-elle, la BNSF est une société importante, bien gérée et rentable —typiquement le genre d’affaire sous-évaluée qu’affectionne le riche investisseur. Mais Buffett a-t-il vraiment raison? Le secteur ferroviaire est-il vraiment un bon pari pour l’avenir? À voir ses machines et ses infrastructures vieillissantes, on serait tenté de répondre par la négative. Pourtant, encore aujourd’hui —voire aujourd’hui tout particulièrement— les trains sont d’une efficacité remarquable en matière de croissance.
Dans l’ensemble, 2010 a été une bonne année pour le secteur ferroviaire, la reprise économique ayant entraîné une augmentation des transports de marchandises. Première société de chemins de fer du pays, Union Pacific a, par exemple, récemment annoncé un bon de 41 % dans ses revenus du quatrième trimestre et a dit qu’elle allait devoir embaucher plusieurs milliers de personnes pour répondre à la demande.
L’année dernière, la BNSF a pour sa part dégagé un joli bénéfice de 3,6 milliards de dollars, sur un chiffre d’affaires de 15 milliards, avec un bénéfice net pour Berkshire Hathaway de plus de 1 milliard de dollars rien que pour le dernier trimestre. Buffett affirme que cela augmentera la capacité de gains de sa holding de 30 %, après impôts. «D’un point de vue économique, cette transaction s’est avérée très intéressante» a-t-il fait remarquer (un éloge remarquable de la part de cet investisseur généralement très prudent dans ses propos).
Pourquoi le transport ferroviaire est-il un secteur porteur d'avenir ? Parce qu'il permet de consommer moins de pétrole que le camion et que ceux qui ont des choses a transporter le savent mieux que personne à cause du prix qu'on leur facture grâce au chemin de fer par rapport à la route.
(Adapté d'un article d'Annie Lowrey traduit par Yann Champion et paru dans Slate)
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