Vaccin et autisme : une vaste fraude
Publié le 18 janvier 2011 à 07h16 | Mis à jour à 07h16
Bouchra Ouatik
La Presse
L'étude controversée qui lie autisme et vaccins était frauduleuse. C'est ce que révèle le British Medical Journal (BMJ) ce mois-ci dans une série d'articles qui mettent fin à un feuilleton qui durait depuis 12 ans. Les conclusions de l'étude avaient déjà été invalidées par la communauté scientifique, mais on sait maintenant que son auteur, Andrew Wakefield, a inventé ses résultats de toutes pièces.
En 1998, le médecin britannique Andrew Wakefield avait affirmé que le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) administré aux bébés causait l'autisme. Il avait publié une étude portant sur 12 enfants qui, prétendait-il, étaient devenus autistes peu de temps après avoir reçu le vaccin. Or, ces 12 cas étaient faux, révèle le journaliste Brian Deer dans le BMJ. Selon le journaliste, le Dr Wakefield était financé par un groupe anti-vaccin qui préparait depuis longtemps un recours collectif contre les fabricants du vaccin RRO. Cette étude devait servir de preuve. Le médecin planifiait aussi de commercialiser son propre vaccin comme solution de rechange au RRO.
À la suite des allégations du Dr Wakefield, le taux de vaccination contre la rougeole, la rubéole et les oreillons a chuté dans plusieurs pays européens, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande, ce qui a causé une recrudescence de ces maladies infectieuses dans certaines régions.
Le Dr Éric Fombonne, psychiatre à l'Université McGill, est l'un des nombreux chercheurs qui ont tenté de vérifier s'il existait un lien entre autisme et vaccins. «En 2004, on a conclu très nettement que toute la recherche sur le sujet permettait de rejeter l'hypothèse de Wakefield», a-t-il déclaré à La Presse. Ce spécialiste de l'autisme et des troubles envahissants du développement déplore la quantité de ressources qui ont été investies pour démentir les travaux d'Andrew Wakefield plutôt que dans l'avancement de la recherche sur l'autisme.
Bien qu'aucune autre étude n'ait reproduit les résultats du Dr Wakefield, les craintes liées aux vaccins subsistent. Du côté de la Fédération québécoise de l'autisme et des autres troubles envahissants du développement (FQATED) et d'Autisme Montréal, on recommande aux parents d'être prudents en ce qui concerne les vaccins en général, sans toutefois affirmer qu'ils causent directement l'autisme.
Radié
En 2004, le journaliste Brian Deer avait fait ressortir des irrégularités dans l'étude du Dr Wakefield. L'an dernier, après une enquête du General Medical Council, équivalent britannique du Collège des médecins, Andrew Wakefield a été radié de la profession. Le journal médical The Lancet, qui avait publié l'étude initiale, l'a finalement retirée de ses archives en février 2010.
L'ex-médecin britannique, qui réside maintenant aux États-Unis, maintient sa position sur les vaccins. Dans une entrevue accordée récemment à la chaîne américaine CNN, il a soutenu qu'il était victime des manoeuvres de sociétés pharmaceutiques.
Je n'ai jamais adhéré à la théorie paranoïaque selon laquelle les vaccins sont une arme pour essayer de ramener la population de la Terre au quart de ce qu'elle est actuellement. Je pense toujours que j'avais raison d'estimer que l'OMS avait énormément surévalué le risque de la nouvelle grippe porcine A-H1N1, il suffisait de regarder les résultats de la première vague dans les pays du sud pour s'en rendre compte. Mais j'ai eu tendance, dans ma grande ignorance, à accorder trop de crédit à certaines démonstrations prétendant que la vaccination causait souvent des maux pires que ceux qu'elle prétendait combattre. Le sujet est très complexe, mais le mouvement anti-vaccin est fondamentalement une erreur d'extrêmistes qui rejettent la médecine moderne. Capucine et moi avons pu constater que cette paranoïa sévit aussi au sujet du cancer. On a conseillé à Capucine, avec lourde et agressive insistance, d'éviter les soins dispensés dans les hôpitaux (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) et de plutôt investir beaucoup d'argent dans des « thérapies alternatives » dont la valeur n'est pas scientifiquement démontrée.





