Courriel International, 2010-06-29Honduras, un an après le coup d'État
Une dictature qui ne dit pas son nom
Un an après le coup d’Etat, les opposants subissent une forte répression. Juges, médias et défenseurs des droits de l’homme sont muselés dans l’indifférence de la communauté internationale.
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Au Honduras, il est encore dangereux de parler de coup d'Etat, de résistance ou de violations des droits de l'homme. Ceux qui ont ouvertement refusé le coup de force du 28 juin 2009 continuent d'en payer les conséquences. Les juges indépendants, qui ont exprimé publiquement leur attachement à l'ordre constitutionnel, ont été démis par la Cour suprême, le complice numéro un de l'armée. Une bonne dizaine de journalistes critiquant la nouvelle connivence entre les hommes politiques et les militaires ont été réduits au silence cette année en tombant sous les balles de tueurs. Et tous les deux ou trois jours, des jeunes, certains encore vêtus du T-shirt de la consultation populaire promue par le président déchu Zelaya en vue de réformer la constitution avant le coup d'Etat, apparaissent morts dans les faubourgs de Tegucigalpa, la capitale, les mains attachées et visiblement torturés. Ils sont peu de choses aux yeux du gouvernement “démocratique” de Porfirio Lobo. Pour couper court à toute enquête il sont désignés comme des jeunes membres de gangs, des “maras”, façon de préciser qu’il n’y aura à leur égard ni vérité, ni justice.
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Les prisons débordent au Honduras
Agence France-Presse, Tegucigalpa
Publié sur Cyberpresse le 2010-07-13
Le gouvernement du Honduras a décrété mardi une «urgence pénitentiaire» dans les principales prisons du pays, qui débordent de détenus et ne peuvent faire face à cette surpopulation carcérale, a annoncé le ministre de la Sécurité à Tegucigalpa.
«Nous avons déclaré l'urgence pénitentiaire», a déclaré le ministre, Oscar Alvarez, à la sortie d'une réunion du cabinet de gouvernement avec le président Porfirio Lobo.
Le pénitencier national, à 25 km de la capitale, a été construit pour 1 000 détenus, mais 3 000 s'y entassent, a déclaré le ministre. Même situation selon lui dans celui de San Pedro Sula, la deuxième ville du pays: 2.500 détenus dans des bâtiments prévus pour 900.
Cet état d'urgence est également déclaré dans sept autres prisons des principales villes du pays, «qui ne présentent pas les conditions minimales requises», a ajouté le ministre, soulignant la nécessité de nouvelles «constructions ou modifications».
Le vice-ministre de la Sécurité, Armando Calidonio, a expliqué cette surpopulation carcérale par l'intensification de la lutte contre la criminalité sous l'administration de M. Lobo.
Mais nombre d'organisations humanitaires dénoncent des violations des droits de l'Homme depuis le coup d'État qui a chassé le président Manuel Zelaya le 28 juin 2009, et affirment qu'elles continuent depuis la prise de fonctions de M. Lobo en janvier dernier.
Vingt-sept élus démocrates du Congrès des États-Unis ont repris les mêmes accusations fin juin. Ils ont exprimé leur «préoccupation constante devant les graves violations des droits de l'Homme et de l'ordre démocratique qui ont commencé avec le coup d'État et se poursuivent aujourd'hui» dans un courrier à la secrétaire d'État Hillary Clinton.






