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La semaine dernière, je me suis trouvé par hasard à quelques reprises au volant d'une voiture sur des voies qui mènent du centre ville à la banlieue de Montréal. L'expérience n'était pas nouvelle pour moi puisque je l'ai déjà faite pendant de nombreuses années entre 1975 et 1990, année où je me suis installé au centre-ville. J'ai donc retrouvé les contraintes de la lenteur de la circulation, avec l'esclavage littéral de ceux qui se rendent le matin de leur maison à leur bureau et le soir de leur bureau à leur maison.
Les voitures roulaient toutes aux hydrocarbures. Elle étaient presque toutes de taille impressionnante. Et elles étaient plutôt rares à n'être occupées que par un seul être humain. Elles ne dépassaient pratiquement jamais la vitesse de 50 kmh. Elles roulaient d'ailleurs parfois à la vitesse d'un piéton.
Je me suis alors dit que toutes les conditions étaient réunies pour favoriser l'utilisation de la voiture électrique. En effet, un tel véhicule utilise l'énergie avec une efficacité redoutable dans les conditions dont je parle plus haut. Lorsque qu'il roule à faible vitesse, les frottements mécaniques sont presques nuls. Lorsqu'il freine, l'énergie n'est pas convertie qu'en chaleur, elle est récupérée et emmagisinée pour être utilisée ultérieurement. À une vitesse de pointe de 60 kmh, la résistance de l'air est nulle et n'exige pas beaucoup d'énergie pour être compensée. Le trajet d'un aller-retour banlieue-ville est assez court pour ne pas risquer d'épuiser les baterries électriques.
Ajoutons par ailleurs les avantages d'une énergie renouvelable produite ici en contrôlant étroitement son prix et on se demande vraiment pourquoi nous n'en sommes pas encore à la production de masse de la voiture électrique. D'autant plus que la construction de stations routières de remplacement des batteries vides par des batteries chargées est techniquement facile à réaliser et économiquement viable.
Oui, on se le demande. Et on ne trouve pas de réponse valable. On ne trouve pas de justification pour la voiture à moteur à explosion. On n'en trouve pas pour une raison bien simple. C'est que la voiture électrique ne trouve sa justification que dans la rationalité, dans la réflexion, dans le discernement, dans l'intelligence d'une planification mûrie intelligemment.
Alors l'humain manquerait-il de rationalité, de pouvoir de réflexion, de sens du discernement, d'intelligence ?
Bien sûr que non !
Ou alors il canalise ces qualités dans l'étroit goulet d'une pensée particulière.
Quelle pensée ?
Dans la pensée de l'idéel !
Mais qu'est-ce que cela à voir, l'idéel, dans le problème qui nous occupe ici ?
Cela à voir avec ce que l'humain a profondément ancré en lui sous la forme de ses rêves. Et le rêve automobile de l'humain est révélé par la publicité conçue par ceux qui connaissent parfaitement les rouages du rêve automobile de chacun. Ce rêve n'est pas inventé (les pubilicitaires n'inventent jamais rien), il est révélé par les affiches et les films publicitaires de la télévision omniprésente dans le renvoi du miroir d'une pensée déjà construite depuis longtemps au sein de la corporéité de chacun.
Aucune publicité ne montre jamais l'automobile telle qu'elle est. La réalité de l'automobile déplaît. Elle fait d'autant plus difficilement sa place dans l'esprit humain qu'elle ne lui apporte aucun plaisir. Or la publicité joue uniquement sur le plaisir qu'elle suggère. L'automobile continuera encore longtemps à parler à l'humain de puissance, de beauté, de routes parcourant des paradis de verdure, ou de déserts où le sable jaillit en gerbes se soulevant dans le passé d'un trajet parcouru dans l'idéal d'un idéel pur.
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Ah, j'allais oublier, je viens d'acheter une grosse voiture américaine ...
Serais-je parce que je suis irrationnel ?
Certainement pas (enfin d'après moi...) ! Je vais retourner en banlieue en profitant de la situation économique actuelle pour acquérir une maison belle, bonne, pas chère, et le confort d'une grosse automobile est nécessaire à ma carcasse vieillissante.
Et des voitures électriques, il n'y en a pas ...
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