Oubliez ça...
»» La réingénierie
Jérôme-Forget justifie sa «crise de ministre»
Yves Chartrand
Journal de Montréal 31/10/2003
--------------------------------------------------------------------------------
QUÉBEC – La présidente du Conseil du trésor s’est réfugiée hier derrière son devoir de réagir à « une illégalité » pour expliquer l’incident qui s’est produit dimanche dernier dans une boutique ultrachic du centre-ville de Montréal.
Mme Monique Jérôme-Forget a refusé de s’entretenir avec le Journal hier mais elle a fait savoir par son attachée de presse, Véronique Mercier, qu’en tant que ministre, il lui apparaissait de son obligation de « dénoncer » une histoire de double taxation.
Rappelons que dans sa chronique d’hier, la journaliste Marie Plourde rapportait avoir été témoin d’une « crise » de la présidente du Conseil du trésor à la boutique Hermès, rue Sherbrooke au centre-ville de Montréal.
En voulant échanger un cadeau pour un autre plus cher – un foulard de soie –, a expliqué hier l’attachée de presse Véronique Mercier, Mme Jérome-Forget s’est aperçue qu’on lui imposait une double taxation qu’elle a voulu corriger. Dans l’échange qui a suivi, Mme Jérôme-Forget a fait une « crise », rapporte Marie Plourde, criant à la vendeuse : « Je suis ministre, moi. Je peux vous dénoncer. »
Selon son attachée de presse, Mme Jérôme-Forget n’a pas tenté de se servir de son statut privilégié pour régler la situation.
Reconnue
« La vendeuse l’a reconnue et lui a demandé si elle était ministre, ce à quoi Mme Jérôme-Forget a répondu que oui, je suis ministre », soutient Véronique Mercier.
Cette version est niée catégoriquement par la journaliste Marie Plourde, qui a qualifié son attitude de diva. « J’étais là et je l’ai vue élever la voix. »
L’attachée de presse a par ailleurs confirmé que la présidente du Conseil du trésor avait eu droit à un traitement exceptionnel puisqu’un représentant de la boutique haut de gamme s’est rendu chez elle le soir même pour se répandre en excuses. Un traitement dont peu de consommateurs « lésés » peuvent se vanter d’avoir reçu !
Hier, la boutique Hermès a refusé de commenter l’affaire et nous a référé à un bureau de relations publiques à Toronto. Le bureau du Parti québécois à l’Assemblée nationale n’a pas voulu non plus commenter l’affaire de façon officielle. Mais les réactions sous la couverture ne manquaient pas dans les couloirs de l’Assemblée nationale. « Mme Jérôme-Forget est reconnue comme une personne prompte qui peut être condescendante à ses heures », nous a confié une source libérale.
Pas de code d’éthique pour encadrer l’attitude
Les nouvelles directives émises récemment par Jean Charest pour ses ministres donnent des lignes de conduite pour les conflits d’intérêts et le lobbyisme, mais pas sur l’attitude à adopter en public…
Hier au bureau du premier ministre, on se montrait prudent dans les commentaires concernant la « crise » reprochée à la présidente du Conseil du trésor.
Christian Barrette, l’attaché de presse de Jean Charest, a défendu la version de madame Monique Jérôme-Forget qui, comprend-il, « a réagi en législateur ».
« Je n’étais pas là et je ne peux donc pas qualifier son attitude. Mais il est bien évident que lorsque l’on est ministre, on s’attend à ce que l’on se serve de ce titre avec jugement », a convenu le collaborateur du premier ministre.
Le cabinet du premier ministre a émis cette semaine deux nouvelles directives en matière d’éthique visant entre autres les ministres et leur personnel politique.
Le gouvernement doit avoir une ligne claire et transparente sur les conflits d’intérêts et le lobbyisme, dit Christian Barrette, « mais on n’est tout de même pas pour encadrer l’attitude des ministres » en public, ajoute-t-il.
L'hon. Pierre Pettigrew: [...]On veut éviter aux Québécois de coucher dans la niche à chien. Nous, nous invitons les Québécois à être dans la maison avec les maîtres de la maison.