mariuss66 a écrit:Les immigrants prennent des emplois dont les québécois ne veulent pas... Je suis d'accord. Sauf qu'à mes yeux, ça fait parti du problème! Est-ce normal qu'on prenne des mexicains pour récolter nos fraises et qu'on les paye moins que le salaire minimum pour le faire??
J'apprécie ta confiance. Voyons voir où le dialogue peut nous mener.
Ben oui et non. En théorie, oui, si les immigrants peuvent pas rentrer, la demande va faire en sorte que le salaire augmentera. Les règles économiques semblent l'indiquer.
En pratique, ça marche pas comme ça. En fait, il y a des emplois qui, peu importe le salaire, peinent à attirer des travailleurs. Même à un salaire intéressant. Soit les gens n'ont pas la formation requise ou, dans ce cas-ci, c'est trop dur.
Autrement dit, ce n'est pas qu'une question de prix. Travailler dans un champ de fraise, quand on a été élevé dans un confort certain, c'est dur. Les Mexicains, eux, sont habitués à pire.
L'autre raison pour laquelle ça marche pas comme ça, c'est que nos frontières ne sont pas hermétiques. Si nos fraises sont trois fois plus chères que celles qui viennent de Californie, les gens achèteront californien. Tu le sais autant que moi: les gens sont prompts à gueuler sur des choses comme ça, mais quand ils vont chez Wal-Mart ou Maxi, le prix prime!
Mais disons que le Québec interdise l'importation de fraises (quoique ce serait difficile avec les fraises ontariennes!). Si les fraises coûte trois fois plus chères, les gens choisiront souvent de consommer d'autres fruits. Résultat: dans les deux cas, les emplois sont éliminés. Personne n'est payé plus.
Personnellement, ayant souffert d'une hernie discale, j'en serais totalement incapable, même à 100k$ par année!
Et voilà pourquoi ce n'est pas une question d'immigration ou non dans ce cas-ci. C'est une question de savoir si on veut produire des fraises ou pas.
Comment faire? C'est simple: il faut subventionner davantage le secteur de l'agriculture. Je vois tout de suite les tenant du libre-marché crier à l'hérésie, mais la production de nourriture ne peut pas -ne DOIT pas- se comparer à la production de Ipod. C'est un bien vital.
Je comprends l'argument, mais cette logique ne justifie pas une entrée moindre d'immigrants.
Comme tu l'as dit toi-même, l'agriculture, c'est dur. La plupart des Québécois n'iront pas y travailler, même si on paie plus. Donc, ajouter des subventions ne sert pas à grand-chose - sans main-d'oeuvre, le secteur ne peut pas perdurer. Point.
Également, la logique est très abusée par les intervenants en agriculture. C'est pas comme si on doit conserver une vaste agriculture juste au cas où. Des fraises, on peut s'en passer: le bien vital, c'est deux ou trois productions de survie, genre le blé, le maïs (peut-être), la patate, quelques animaux de ferme (des vaches) et au Québec, c'est pas mal tout. Le reste est pas mal superflu. Et là-dessus, le Québec est pas mal auto-suffisant.
-préserver la bio-diversité alimentaire mondiale
-en cas de catastrophe mondiale, la diversité des étendues agricole sera un gage de survie pas seulement de nous, mais même de toute l'humanité
Je suis d'accord, mais la manière d'assurer cette bio-diversité, c'est d'abord de s'assurer que notre agriculture est compétitive. Ça veut dire promouvoir des biens du terroir. Et je trouve qu'au Québec, on fait déjà pas mal là-dessus.
Toutes les subventions du monde sont innéfectives si les clients ne veulent pas acheter des produits d'ici.
Sans compter qu'en subventionnant l'agriculture afin que ce soit plus attirant et que ça fasse travailler des gens qui autrement seraient sur le BS, ça va coûter moins cher de BS....
Les gens sur le BS ici ont accès à de la formation pour avoir de bien meilleures jobs que de récolter des fraises. Combien des BS chroniques qui ne sont pas invalides s'en prévalent?
Penses-tu honnêtement qu'un BS qui vient de passer 5 ans sur son cul a envie d'aller s'occuper d'un champ de patates? Si c'était le cas, les agriculteurs n'auraient aucun problème de main-d'oeuvre. Rappelons-nous qu'ils doivent quand même payer un minimum et que d'importer de la main-d'oeuvre, c'est pas gratis!
Mais les immigrants qui travaillent dans un métier spécialisé ne font pas vraiment diminué les salaires de ces emplois, vu que justement il y a pénurie. Le problème, c'est au niveau des emplois non spécialisés.
Ça, c'est rigoureusement exact.
C'est là qu'il n'est pas normal d'importer de la main d'oeuvre!
En autant qu'il y ait des gens qui veulent travailler dans ces métiers, aux taux payés. On ne peut toujours bien pas tout subventionner! Et juste monter le salaire minimum, disons, à $30 de l'heure, ce n'est que le meilleur moyen de faire déplacer la production vers l'étranger et/ou créer une inflation monstre.
Moi, ce que je ne trouve pas normal, c'est que les gens ne se prennent pas plus en main pour accéder à ces emplois spécialisés!
Ce n'est pas tout le monde qui est fait ou qui a la capacité d'occuper un emploi spécialisé...
La plupart des jobs en demande au Québec demandent un diplôme de secondaire. On peut en avoir un avec un secondaire II! Il y a des handicapés mentaux au Québec, et ils ont toute ma sympathie, mais il n'y en a pas des centaines de milliers!
Les gens, trop souvent, se disent qu'ils ne sont pas capables. Ça, c'est leur problème. La société peut aider, mais l'individu doit s'aider aussi!
Sauf qu'en important toujours plus de main d'oeuvre non spécialisé (comme c'est principalement le cas), on empêche ces gens d'avoir des salaire décent puisque la loi de l'offre et de la demande joue contre eux.
Peut-être, mais en même temps on leur donne beaucoup d'occasions de se spécialiser, de se replacer, d'augmenter leur bien-être. Ça prend des efforts, oui. C'est là que le bât blesse.
Dans ces emplois non-spécialisés, une hausse des salaires est simplement un incitatif à ce que ces emplois-là partent. C'est ce qui se passe en Chine: les salaires sont trop élevés au Guangdong pour fabriquer des jouets, alors les jouets sont produits ailleurs, et le Guangdong commence à produire des ordinateurs. Ça demande plus de qualifications pour la population, mais comme la société est plus aisée, elle peut se permettre de reformer ses gens. À la fin, le Guangdong est plus riche. Bien sûr, faut que l'évolution soit naturelle, sinon il n'y a juste pas d'emplois qui rentre.
Bien sûr, si les individus refusent de faire des efforts, tout s'arrête.
De deux, le problème c'est que les salaires des métiers non spécialisés sont trop bas pour vivre décemment et ce dans tout le pays et ça ne devrait pas être normal!
Le prix dans les métiers sont en relation avec la valeur ajoutée que l'individu apporte. Et ça s'adonne que classer des cacanes ou être caissière, c'est un emploi peu valorisant à une valeur ajoutée limitée.
D'ailleurs, on le voit très bien. Même au salaire limité chez Wal-Mart, on commence à remplacer les caissières par des ordinateurs. Si on fixe un prix énorme, on va simplement accélérer le processus. Les emplois disparaîtront.
Donc, il faudrait que la population grossisse sans cesse afin d'alimenter notre société de consommation.
Tu ne m'as pas compris.
Le Québec est 7 millions sur 300 millions en Amérique du Nord hors Mexique. L'Amérique du Nord aura probablement 400 millions d'individus en 2050.
C'est quoi l'impact politique de tout ça? Culturel? La journée où on est 7% de la population canadienne, est-ce que ça vaut la peine de traduire les boîtes de céréales? Même si on est indépendants, est-ce que les producteurs vont nous estimer suffisamment importants pour s'adapter à nous?
Je crois pas que le Cheez-Whiz est vendu avec une étiquette en inuktituk à Iqaluit, non?
Les films ne sont en général même pas traduits en suédois. Mais en Europe, on a une courtepointe de langues et de cultures. La journée où on se met à traiter le Québec de cette façon parce que trop petit, trop pauvre ou simplement ignorable, c'est quoi l'impact quand on a un gros groupe homogène (relativement) qui nous cerne de toutes parts?
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Un autre argument: jusqu'à maintenant, j'ai listé des raisons égoïstes pour lesquelles ont importe de la main-d'oeuvre. Il y a aussi d'excellentes raisons altruistes de le faire. Puisque nous ne voulons pas de ces emplois-là, pourquoi refuser à des gens honnêtes et bons travailleurs le droit de venir améliorer leur sort chez-nous?
Également, certain de ces immigrants-là sont des réfugiés. Ça fait pas partie de notre responsabilité en tant qu'êtres humains de leur accorder l'asile?





