Ce qu'ils ont dit
Les Anglos d'accord
Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal
29/11/2006 08h28
Malgré ce que certains en pensent, les anglophones de Montréal ne se sentent pas exclus de la nation québécoise, mais ils craignent néanmoins d'ouvrir une porte à la souveraineté.
La nation québécoise inclut-elle les anglophones? La question est toujours délicate.
Après avoir affirmé que la nation représentait quiconque paie des impôts au Québec, incluant les anglophones, le ministre Lawrence Cannon s'est repris en affirmant le contraire en point de presse lundi.
Pourtant, les anglophones rencontrés hier par le Journal revendiquaient eux aussi le droit de faire partie de cette nation qu'ils considèrent comme la leur.
«Moi, je suis anglophone, mais il me faut vivre en français, soutient le Montréalais George Miller dans la langue de Molière. La nation, c'est nous tous.»
Retraités, hommes d'affaires, ménagères, professeures, étudiants, tous sont d'accord pour reconnaître que les Québécois sont différents. Et la majorité d'entre eux se reconnaissent dans cette différence qui va bien au-delà de la langue.
«Je me considère québécoise dans cette nation depuis que je suis arrivée ici il y a 15 ans», soutient la Portugaise d'origine Christina Cunha.
Quelle serait leur place
Certains, comme Yassaman Amery, s'interrogent néanmoins sur leur appartenance à cette nation et à la place que leur réserveront les francophones.
«Je suis la nation! répond-elle d'emblée en anglais. Mais je ne suis pas certaine d'en avoir le profil... Selon vous, ai-je le profil, moi, une anglophone?»
Inclus ou non, aucun anglophone rencontré hier dans les rues de la ville n'était en total désaccord avec cette idée de nation... tant qu'elle ne mène pas à la création d'un pays souverain.
«C'est clair que nous sommes différents et que nous sommes une nation, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée de le dire haut et fort parce que ça pourrait mener à la séparation», conclut Ariana Augoustis.
That's the best approach - self inclusion rather than letting politicians full of hot air decide who is or who is not a Québecois.






