J'ai affiché la chose ailleurs mais on ne m'en voudra pas de la reproduire sur ce fort excellent fil :
Une nouvelle qui n'en pas une :
Philip Shenon, journaliste au NY Times, publiait il y a deux semaines son tout nouveau livre
The Commission: The Uncensored History of the 9/11 InvestigationQu'y raconte-t-il ?
Que le véritable maitre d'œuvre de la commission Kean sur les événements du 11 septembre, Philip Zelikow, était une taupe au service de la maison blanche ; qu'il s'entretenait secrètement et régulièrement avec l'âme damnée de Busholini, le sinistre Karl Rove, pendant que la commission rédigeait son rapport ; qu'il cacha ses liens avec l'administration Bush et la National Security Adviser, Condoleeza Rice, à la commission ; qu'il fut l'architecte du plan pour démettre le "counterterrorism czar" Richard Clarke de ses fonctions ; que Zelikow se décrit lui-même en tant qu'expert de la création de "public myth", qu'il écrivit avant le 11-9-2001 un texte sur le potentiel transformateur d'un éventuel acte terroriste d'envergure sur le territoire américain, etc, etc.
Pourquoi n'est-ce pas une nouvelle ?
Parce que toutes ces choses étaient déjà connues dès 2003, grâce au travail d'enquête des Jersey girls, de Paul Thompson et de David Griffin. Zelikow était l'homme de la maison blanche et le commissaire qui avait, et de loin, le plus de pouvoir au sein de la commission. C'est pourquoi les Jersey Girls exigèrent sa démission dès sa nomination en 2003. Tous ceux qui voulaient le savoir n'avaient qu'à tendre l'oreille, écouter et vérifier le bien fondé des allégations des quatre veuves.
Le NY Times, et Shenon qui couvrait alors les travaux de la commission, ont alors feint de ne rien entendre...
Mais maintenant que c'est
safe d'en parler, ils prétendent en faire une nouvelle et une révélation choc... Or, ce n'est pas une révélation : c'est une admission avec cinq années de retard. La commission présidentielle ayant joué son rôle, ça n'a plus grande importance.
Fausse indignation aussi : en feignant la surprise devant le véritable rôle joué par Zelikow à la commission, on donne à ses fonctions un air de secret et de complot alors que ce n'était même pas si secret que ça, plutôt inavouable.
Mais imaginons ce qui ce serait produit si l'histoire des communications entre Zelikow et Rove avait fait la une des médias lorsque la commission était encore au boulot et que toute l'Amérique y prêtait attention. Zelikow aurait non seulement été forcé de démissionner, le travail même de la commission aurait été interrompu.
A l'époque, il y aurait eu scandale et crise. Aujourd'hui, la même info est ravalée au statut d'anecdote historique. Bush et cie n'ont même pas eu à se défendre : il n'y a eu jusqu'ici aucune réaction de la classe politique.
Les démocrates ? On les cherche...
Obama et Hillary sont plus occupés à s'offrir en spectacle auprès d'une masse zombifiée qui ne demande rien de mieux que de consommer l'illusion du changement à dose homéopathique.
Where are thou, Benjamin Franklin?