En 1935, Einstein, Podolsky et Rosen cosignent un article qui raconte une expérience de pensée impossible à concrétiser à l’époque, expérience dans laquelle des particules agissent l’une sur l’autre instantanément et à distance. Deux particules, à condition qu’elles aient interagi à un moment donné, demeureront unies par un lien mystérieux. Toute action sur l’une influe forcément sur l’autre, même si elles sont éloignées l’une de l’autre par une distance aussi grande que de la Terre à la Lune.
Ces deux particules, qui peuvent se trouver à une longue distance l’une de l’autre, sont en quelque sorte couplées, jumelées, de sorte que les propriétés de l’une affectent l’autre instantanément.
«Cela veut dire que si l’on chatouille l’une, l’autre rit » dit Kimble du Caltech (California Institute of Technology de Pasadena).
Vous aurez compris que dans le monde quantique, les lois classiques s’appliquant à la matière et à l’énergie n’ont plus cours. Et dans un sens, cela semble violer une loi fondamentale de la mécanique quantique qui stipule qu’aucune information ne peut être transmise plus vite que la lumière.
On appelle cet effet mystérieux, l’effet EPR, du nom de Einstein, Podolsky, Rosen… La non-séparabilité de la fonction d’onde.
Cet effet quantique étrange et mystérieux est appelé Entanglement en anglais (traduction littérale : enchevêtrement).
Ainsi, l’information EPR est transmise instantanément et le canal de communication est immatériel, c'est-à-dire, ni matériel, ni énergétique, ce qui dans un sens, réconcilie cet effet avec la loi fondamentale de la mécanique quantique qui stipule qu’aucune information ne peut être transmise plus vite que la lumière, puisque la physique quantique porte son propos sur les constituants de la matière et de l’énergie.
Dans les dernières années du 20ème siècle, les scientifiques ont enfin la technologie pour réaliser l’expérience EPR. Et l’on démontre par l’expérience concrète que les particules interagissent bel et bien à distance, sans l’aide d’une quelconque entité cachée.
Il existe un système qui produit des paires de particules éjectées simultanément dans des directions opposées. Chaque particule de la paire est dans un état indéterminé. Pourtant, si on mesure les états respectifs des deux particules, cela donne systématiquement des résultats complémentaires. On obtient de façon aléatoire : 0-1 ou 1-0. La mécanique quantique explique que les deux particules ainsi produites constituent un seul système, une paire EPR. C’est ce système, la paire EPR, qui choisit de se mettre dans un des deux états possibles 0-1 ou 1-0 au moment de la mesure.
Claude Crépeau, chercheur de l’Université McGill, explique au sujet de deux particules d’une paire EPR que « toute observation de la polarisation [d’un photon] selon une certaine direction mènera à des observations opposées » et cela « dans toutes les directions d’observation possibles » pour la raison suivante : « l’ensemble des deux particules est dans un état conjoint où elles s’opposent toujours l’une à l’autre ».
Si on fait une mesure sur une particule A d’une paire EPR A-B, on l’oblige à choisir son état 0 ou 1. Ce choix aléatoire est « ressenti » simultanément par la particule B qui était dans un état indéterminé ; elle glisse instantanément à l’état complémentaire avec la mesure faite sur A. Ainsi, si la particule A choisit de prendre l’état 0, B se retrouvera dans l’état 1 instantanément.
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NB: vous trouverez à cette source quelques exemples d'applications potentielles de la théorie quantique.
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La transmission de pensée quantique
Les expériences d'Alain Aspect en 1983 tranchent nettement en faveur de l'interprétation quantique. Cela a des conséquences révolutionnaires sur notre vision du monde:
- Deux particules corrélées forment un tout quelque soit leur distance de séparation.
- La connaissance de l'une influe sur l'autre instantanément, sans transmission d'information résultant d'une action physique.
L'interprétation de la non-séparabilité est très délicate pour le moment et les hypothèses les plus folles ont été émises par les physiciens:
- La première particule mesurée remonte-t-elle le temps pour prévenir sa jumelle de l'état qu'elle doit adoper?
- Existe-t-il une sorte de télépathie instantanée entre particules?
- Y a-t-il une "totalité indivisible" de l'Univers?
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De l’expérience imaginaire EPR à la synchronicité
" Le Tout quantique de Bohr, le potentiel quantique de Bohm et l’idée de non-localité que l’on peut déduire du théorème de Bell sont toutes de nouvelles manières de considérer l’univers. Elles suggèrent, du moins au niveau atomique, un univers remarquablement interconnecté. Mais est-il véritablement justifiable de projeter cette interconnection quantique ininterrompue sur la totalité de l’univers ? Certains penseurs estiment que c’est possible. En effet, la nature a été généralement perçue ainsi unifiée jusqu'à ce qu’une science plus mécaniste apparaisse, au cours du dix-septième siècle ".
" David Bohm a introduit les concepts d’ordre entrelacé et d’ordre développé. Ce dernier se rapporte à la surface des choses, au sein d’un monde mécanique de poussées et de tractions. Inversement, le premier implique une réalité repliée sur elle-même. L’ordre entrelacé se situe hors des catégories d’espace et de temps, et représente, selon Bohm, une manière plus appropriée d’ordonner la théorie quantique. Dans un certain sens, tandis que la physique de Newton décrit le monde développé, la théorie quantique est la première tentative de la science à aborder l’ordre entrelacé. C’est à ce dernier niveau qu’il convient de répondre à la question d’Einstein sur la réalité ... "
" ... même si le scientifique courant continue à penser de manière traditionnelle, il semblerait que certains commenceraient à explorer de nouvelles voies de compréhension de l’univers. En effet, le grand public a toujours eu intuitivement le sens de son interconnexion avec la nature. L’Américain de souche ressent la skanagoah, c’est-à-dire une profonde paix lorsqu’il est seul dans les bois, une conscience intense de son unité avec la nature dans son ensemble. Des sentiments du même ordre sont ressentis par les artistes et les mystiques de toutes cultures. En fait, il semble plus naturel de percevoir l’univers comme interconnecté et immanent, que comme mécanique et dissocié. Le philosophe Edmond Husserl soutient que la crise à laquelle l’homme et la femme modernes sont confrontés est due à l’insignifiance du monde qui les entoure. Il en trouve l’origine dans le désir Cartésien-Newtonien d’objectiver la nature. Mais, lorsque la nature devient objet, les valeurs et relations humaines sont sacrifiées. Le résultat est une univers vide, dénué de sens".
Je suis précisément un de ces artistes qui perçoit son inspiration comme provenant de sa relation avec la nature, telle que les physiciens quantiques la décrivent, tout en subissant le martyre au sein d’une humanité déshumanisée et obsédée d’objectivation de la nature par un matérialisme délirant, objet de telles critiques des philosophes. Pour nous, artistes, cette interconnexion avec la nature nous parvient sous la forme de signes, pour nous indiquer le chemin, si nous acceptons de nous sensibiliser à leurs messages, et si nous avons le sens d’un but dans la vie.
Pour le grand public et les scientifiques, ces signes n’étaient jusqu’à récemment rien de plus que de simples coïncidences. Carl Jung, psychanalyste mondialement connu, après avoir hésité pendant des années, fut l’un des tout premiers à faire une recherche en profondeur sur ce phénomène, qu’il a appelé " la synchronicité ". Il écrit :
" Si j’ai désormais dominé mon hésitation et pris à bras-le-corps ce sujet, c’est essentiellement parce que mes expériences comportant des phénomènes de synchronicité se sont multipliées au cours des décennies ". Et il définit la synchronicité comme " la coïncidence dans le temps d’au minimum deux événements, sans relation de causalité entre eux, et ayant la même signification. " Sur ce sujet, certains scientifiques semblent avoir totalement reconsidéré leur position, dont, en particulier John Wheeler, qui écrit :
" Nous avions cette idée, très ancienne, qu’il existait, là-bas, un univers, et voici l’homme, l’observateur, sagement protégé de cet univers par une glace blindée de 15 centimètres d’épaisseur. Aujourd’hui nous apprenons, dans le monde quantique, que, même pour observer un objet aussi minuscule qu’un électron, nous devons casser cette glace et parvenir jusqu'à lui ... Ainsi le terme ancien d’observateur doit être rayé de notre vocabulaire et nous devons le remplacer par celui de participant. C’est de cette manière que nous avons abouti à l’idée que l’univers était participatif".
En tant qu’artistes, nous devons avoir tant la volonté que les moyens d’interpréter les signes, lorsque nous les reconnaissons en tant que tels, et de les appliquer à la cause au profit de laquelle ils obtiendront les meilleurs résultats. En matière de volonté, c’est à nous qu’il appartient d’en faire l’effort - un véritable effort. Quant aux moyens, c’est par la reconnaissance des caractéristiques essentielles, fréquemment très fugaces, des événements de synchronicité, que nous les obtiendrons. Dans ce domaine, Carl Jung donne en exemple le cas d’une de ses patientes, une jeune femme qui s’était révélée psychologiquement inaccessible, du fait de son rationalisme Cartésien le plus extrême, selon lequel elle s’estimait savoir tout mieux que personne. Jung écrit :
" Après plusieurs tentatives infructueuses de tempérer son rationalisme par une compréhension plus humaine, je n’ai plus eu d’autre ressource qu’à espérer, en désespoir de cause, que quelque chose d’inattendu et d’irrationnel se produirait, quelque événement qui ferait éclater le sarcophage intellectuel dans lequel elle s’était hermétiquement enfermée ... Elle avait fait un rêve impressionnant la nuit précédente, dans lequel quelqu’un lui avait offert un scarabée d’or - un bijou de prix. Tandis qu’elle me conte son rêve, j’entends derrière moi quelques coups légers frappés à la fenêtre. Je me retourne et vois un assez gros insecte se heurtant à la vitre de l’extérieur, et s’efforçant manifestement de pénétrer dans la pièce assombrie. Ceci me parut très étrange. J’ouvre immédiatement la fenêtre et attrape l’insecte en plein vol. C’était un scarabée commun " Cetonia aurata ", dont la couleur, d’un vert doré, ressemble le mieux à celle d’un scarabée d’or. Je tends l’insecte à ma patiente en lui disant : " Voici votre scarabée. " C’est cet événement qui a véritablement percé la cuirasse de son rationalisme et fait fondre la glace de sa résistance intellectuelle. Le traitement pouvait alors se poursuivre avec des résultats satisfaisants".
Nous voyons donc apparaître ici clairement les caractéristiques principales d’un événement de synchronicité : il faut pouvoir établir une corrélation signifiante entre l’événement extérieur objectif et l’état psychologique interne de la personne, la corrélation devant être acausale.
" La seconde caractéristique essentielle est l’absence de corrélation entre l’événement externe, et l’état interne subjectif ... Dans ce sens, ni l’événement externe (le scarabée) n’est la cause de l’événement interne (le rêve), ni l’inverse n’est vrai. Au contraire, ces événements sont reliés de façon acausale, par leur signification, et pas simplement par le hasard d’une coïncidence entre événements externes et dispositions psychologiques internes ".
Pour reconnaître les signes, les interpréter correctement et en tirer le meilleur profit, l’artiste doit être pur, car la pureté est la meilleure manière d’éliminer le bruit de fond qui empêche de recevoir un message clair.
Source
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L'effet Einstein-Podolsky-Rosen
Source (voir les illustrations sur ce site)
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Le fantôme de Cosmique







