Une nouvelle vision de l'Univers

Les grandes questions.

Messagede Cosmique » Mer Jan 02, 2008 1:18 pm

«Les découvertes les plus récentes de la physique imposent une révision radicale du concept classique de causalité. Ce que la physique quantique a montré, c’est que la réalité est fondamentalement non-locale. L’univers tout entier contribue à l’apparition de chaque événement. Ce qui est ici n’est pas séparable de ce qui est là-bas. Il est même possible de montrer qu’au niveau du champ unifié d’où naissent ce que nous appelons les particules, il existe une corrélation infinie des événements. Une information en un point est instantanément présente en un autre point, sans qu’il y ait transport, et donc plus vite que la vitesse de la lumière. Einstein rechignait devant pareille possibilité. On a monté le paradoxe Eintein-Podolski-Rosen pour mettre la théorie quantique au défi. Mais l’expérimentation a tranché en faveur de la théorie quantique, en validant l’idée même de l’inséparabilité des événements. L’univers, tel que nous le découvrons aujourd’hui, n’est plus une sorte de « boîte vide », contenant des « choses », comme le croyait Newton. Il ne se pense plus dans un paradigme strictement mécaniste, tel que celui qui a été légué par la Modernité. Il est une immense et unique fonction d’onde, d’une énergie en constante transformation, en constant déploiement, dans un univers en constante expansion. Ce que nous appelons les « objets » ne sont que la condensation d’un champ qui, à notre échelle de perception, paraît solide. Ce que nous appelons les « processus de causalité » sont des déploiements d’une fine peau qui tient ensemble les événements. L’univers n’est pas et n'a jamais été un ramassis de phénomènes isolés.»

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Messagede Jobserve » Mer Jan 02, 2008 4:31 pm

Cosmique a écrit:Jacques Languirand rencontre Fritjof Capra
(Montréal, le 28 janvier 1988)

F. C. : Je suis un peu frustré aussi, mais je suis également en contact avec le développement nouveau, avec les organisations, les mouvements nouveaux et je trouve qu'il y a quand même beaucoup de choses qui se passent. Mais plus en-dehors de la science que dans la science. Et je crois que ce mouvement, ce changement de paradigme, cette émergence d'une nouvelle conscience est quelque chose de beaucoup plus large que la science. Et qu'en effet la plupart des scientifiques s'obstinent à suivre ce chemin. Quand on pense, par exemple, qu'aux États-Unis, et probablement aussi au Canada, la plupart de la recherche scientifique est dédiée à la recherche militaire…. Vous vous rendez compte qu'aux États-Unis le budget de la recherche militaire comprend 76 % du budget scientifique! C'est énorme...

J. L. : Ce n’est pas d'un niveau de conscience très élevé... Ça ne correspond pas du tout à la vision qu'on pouvait espérer que la physique aurait déclenchée.

F. C. : Comme je dis souvent, les physiciens travaillent à des théories, à des modèles qui nous montrent l'unité de tout l'Univers et après ils rentrent à la maison. Ils agissent d'une façon extrêmement newtonienne quand il s'agit de choses politiques, financières, de recherche militaire, non militaire.

J. L. : Évidemment, c'est une dichotomie avec laquelle on sera probablement obligé de vivre encore pendant un certain temps parce que l'évolution des mentalités, ça se fait toujours très lentement. Est-ce que ce qui représente cette pensée dans le monde de la biologie ou le monde des sciences sociales, c'est finalement l'approche holistique, l'approche systémique?
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Évolutions ou involutions des mentalités? Je me pose la question?
Si cette dichotomie a évoluer c'est dans sa capacité de faire plus de morts par bombe. Bravo a la morale Newtonienne dont parle Fritjof Capra!

http://video.google.ca/videoplay?docid= ... 8182965788

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Messagede Myriade » Mer Jan 02, 2008 5:52 pm

Chaque cause particulière est elle-même causée par un univers de causes particulières. Je suis le produit de mes parents qui sont le produit des leurs, et peu importe la vérité étroite et petite de notre science généalogique incapable de détecter l'intervention d'un ex-laitier extraterrestre, il est certain que l'enchaînement des causes n'est pas linéaire, plutôt multiple et infini.

L'infini est infiniment sa propre cause à tout moment et en toute chose.

Bonne année 2008 après Jésus, cher Cosmique! Je vous lance ma plus belle poignée d'étoiles pour la qualité exceptionnelle de votre contribution. XXX
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Messagede Cosmique » Jeu Jan 03, 2008 2:05 am

Bonne année 2008 à vous aussi Myriade !








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Messagede Cosmique » Jeu Jan 03, 2008 2:06 am

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Messagede Cosmique » Dim Jan 06, 2008 1:27 am

« Lorsque ceci est, cela est ; lorsque cela émerge, ceci émerge ; lorsque ceci n’est pas, cela n’advient pas ; la cessation de cela entraîne la cessation de ceci. » Bouddha Sakyamuni

« L’écologie, entendue au sens large, met en évidence l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes et notre intégration (donc en définitive notre dépendance) aux processus cycliques de la nature, en tant qu’individu et que société. » Fritjof Capra

Ces deux déclarations énoncent la réalité de l’interdépendance. Une révolution qui implique le dépassement de l’individualisme et l’intégration harmonieuse de l’humain dans la nature. La première citation du Bouddha Sakyamuni, qui vécut il y 2500 ans en Inde, et la seconde du scientifique Fritjof Capra, résument les convergences de vue sur la nature de la réalité telle que l’envisage le Dharma, les enseignements du Bouddha, et l’écologie issue des sciences contemporaines.

La tradition du Bouddha est fondée sur la compréhension et le vécu de l’interdépendance et de la compassion. Qu’est-ce que « l’interdépendance » ? C’est la réalité selon laquelle aucun phénomène n’existe en tant qu’entité indépendante, autonome, monolithique ; aucun phénomène n’existe par lui-même, de lui-même et pour lui-même, pas même « Moi ». Cette vision est holistique, c’est-à-dire globale ou universelle ; elle a des implications immenses à plusieurs niveaux : extérieur – en ce qui concerne la vision du monde dans lequel nous vivons –, intérieur et personnel, ainsi que dans la nature des relations que nous entretenons entre l’intérieur et l’extérieur, avec nous-même, nos semblables et avec notre environnement.

Dans cette perspective de l’interdépendance holistique, toutes les réalités de l’univers s’interpénètrent et se reflètent les unes dans les autres, de telle sorte qu’un atome dans l’ordre microscopique est à l’image de l’univers dans l’ordre macroscopique et qu’un atome contient autant d’univers qu’un univers contient d’atomes. […]

La compassion est la nature de l’interdépendance

Ce que l’on appelle la compassion est la nature de cette expérience de l’interdépendance qui s’exprime dans la formule traditionnelle : « Tous les vivants aussi nombreux que vaste est l’espace sont nos propres mères. » C’est une façon engageante et sensible de dire que nous sommes aujourd’hui, en tant qu’être humain, un maillon de la chaîne du vivant dont la genèse remonte aux origines de la vie ; nous sommes donc les enfants de tous les vivants. La vie que nous sommes est redevable à toutes les formes de vie. « Tous les vivants sont nos propres mères » est une expression de la solidarité de tous les vivants dans l’aventure de la vie.

Dans cette perspective, la compassion est finalement la nature du lien, conscient ou inconscient, qui relie (de gré ou de force !) tous les êtres. Il ne s’agit pas d’une vision angélique niant la mort et la violence, mais d’une intelligence qui comprend la vie non pas comme le contraire de la mort, mais comme naissance et mort. Dans la perspective du Bouddha, la vie est un cycle – sans début ni fin – de naissances et de morts : naissance, croissance, dégénérescence et mort, renaissance et re-mort ; printemps, été, automne, hiver, printemps... Les conditions d’émergence de la vie que nous sommes tiennent en un mot : harmonie. La délicate adéquation des systèmes physiologique, biologique, écologique qui rendent l’existence et son bonheur possibles est harmonie. Une réalité que la science contemporaine et l’écologie redécouvrent.[…]

La réalité de l’interdépendance démontre que les cloisonnements hermétiques et les antagonismes univoques n’existent pas dans la nature. La découverte de l’aspect artificiel des séparations permet de prendre conscience à quel point les représentations mentales finissent par former une bulle humaine et rien qu’humaine qui nous coupe de la réalité vivante. La percée de cette bulle ou sa transparence est ce qui ouvre aux implications existentielles de l’interdépendance, c’est-à-dire notre pleine participation à la réalité de l’autre, que cela soit mon semblable ou l’environnement.

Ces dimensions participative, empathique et coopérative sont des aspects de ce que l’on appelle, dans le Dharma, « compassion ». C’est une dynamique de coopération, d’inter-être, que l’on retrouve à l’œuvre dans tout système vivant dont la dynamique centrale consiste à maintenir à la fois son harmonie interne et avec son environnement, en d’autres termes à préserver son homéostasie.

« Prends tes leçons dans la nature », disait Léonard de Vinci. S’il est vrai que l’harmonie préside à la vie de la nature, l’humain qui en fait partie intégrante, tel un fil dans la toile de la vie, n’aurait qu’à imiter la nature pour réaliser ce à quoi il aspire de tout son cœur avec tous les vivants : le bonheur, c’est-à-dire vivre en harmonie avec ses semblables et avec son environnement. […]

Ainsi, l’interdépendance et la compassion – les deux principes fondateurs et dynamiques de la voie du Bouddha – sont des réalités « naturelles ». L’interdépendance signifie que l’individualisme, si cher à notre époque moderne, est une illusion contre-nature. Ce fantasme d’un « individu » séparé et omnipotent est la source d’une lutte permanente, qui consiste essentiellement à maintenir cette illusion de la séparation, comme si elle était vitale alors qu’elle est létale ! Bref, cette erreur d’appréciation du réel est, selon les enseignements du Bouddha, la source du mal-être personnel et collectif. Le bonheur ne peut être réalisé en contradiction avec la réalité, il ne peut l’être qu’en harmonie avec celle-ci. C’est-à-dire dans un esprit et une conduite altruiste. Car je ne peux réaliser mon bonheur seul en l’opposant à celui d’autrui. Cela est vrai aux plans personnel, familial, social, politique, géopolitique et écologique.

Dans le monde global où nous vivons, la défense des intérêts particuliers à court terme de l’humanité en opposition à ceux de la planète à long terme, ceux des pays riches en opposition à ceux des pays pauvres, les miens contre ceux d’autrui, etc., sont des attitudes aveugles et suicidaires. Comme le dit le Dalai Lama : « Dans ce contexte [celui de la globalisation] de nouvelles interdépendances, prendre en compte les intérêts des autres est à l’évidence la meilleure manière de servir nos propres intérêts. »

L’interdépendance et la nouvelle interprétation scientifique de la vie

Aujourd’hui, cette vision de l’interdépendance est au cœur d’une nouvelle interprétation scientifique de la vie, qui remet en cause de façon décisive les paradigmes anciens selon lesquels l’univers serait un système mécaniste, le corps humain une machine, la vie en société une lutte compétitive pour exister, le progrès matérialiste sans limite et passant forcément par la croissance économique et technologique ainsi que par la domination de l’homme sur la femme.

La nouvelle interprétation scientifique des systèmes vivants dont Fritjof Capra offre une synthèse magistrale dans son ouvrage intitulé La Toile de la Vie, s’appuie sur les découvertes fondamentales réalisées ces dernières années dans les sciences cognitives, incluant un faisceau de disciplines complémentaires telles que la physique quantique, les mathématiques de la complexité, la biologie, la psychologie, etc.

Dans ce contexte, l’émergence de la pensée systémique – fondée sur l’interdépendance des phénomènes et l’idée qu’il n’est possible de comprendre les caractéristiques des parties qu’à partir de l’organisation du tout, celui-ci étant plus que la somme de ses parties – offre les bases conceptuelles holistiques de la science actuelle et à venir. Ces perspectives ouvrent sur une perception renouvelée de la vie qui a des répercussions essentielles, non seulement dans les domaines de la science et de la philosophie, mais aussi de l’économie, de la politique, de la santé, de l’enseignement et de la vie quotidienne.

L’essence de ce nouveau paradigme, qui correspond à une véritable révolution copernicienne, rejoint les fondements de l’intelligence spirituelle et pragmatique des traditions anciennes et notamment du bouddhisme, qui ont su pendant des millénaires intégrer l’habitant et l’habitacle, la vie humaine et son environnement dans une économie harmonieuse avec la nature.

Or, comme le dit Capra, « les problèmes majeurs de notre époque (surpopulation, pauvreté, pollutions, baisse de la biodiversité, conflits, etc.) ne peuvent être abordés séparément. Ils sont systémiques, c’est-à-dire interdépendants. Le fond commun de nos difficultés semble être la perception parcellaire que nous avons de nous-même et du monde. En définitive, tous ces problèmes doivent être examinés comme les différentes facettes d’une même crise – qui se traduit surtout par une crise de la perception ».

Se réconcilier avec une perception juste

Voilà donc une percée fondamentale sur les causes de la crise écologique : une crise de la perception. Cette analyse rejoint celle du Dharma pour expliquer la cause de la dysharmonie : l’ignorance. Une perception erronée vient d’une erreur d’appréciation, plus précisément de l’occultation ou de l’ignorance de la perception juste.

Existe-t-il un remède à cette crise ? Il y en a certainement plusieurs auxquels participe la nouvelle conscience écologique planétaire et qui concerne tous les domaines de la société. Quelle peut être la contribution de la tradition du Bouddha dans ce contexte ?

D’une façon générale, la tradition du Bouddha dans sa dimension universelle et holistique, est une tradition spirituelle et éthique non confessionnelle et agnostique. Dépassant les querelles théologiques ou idéologiques, elle peut jouer un rôle de réconciliation : réconciliation de l’humain avec lui-même dans l’expérience de l’interdépendance et de la compassion se substituant à la culpabilité ; réconciliation du corps et de l’esprit dans la découverte de leur harmonie non duelle ; réconciliation de l’humain et de la nature dans une écologie holistique ; réconciliation de la nature et de la culture dans une anthropologie fondamentale ; réconciliation de la pensée et de la vie dans une incorporation de l’activité sensorielle et mentale ; réconciliation de la science et de la spiritualité dans une alliance des intelligences ; réconciliation des traditions spirituelles et de la société dans une compréhension de l’unité dans la diversité, etc.

L’art de rétablir la libre circulation des flux naturels

Plus concrètement, la tradition du Bouddha peut aussi nous aider à faire l’expérience vécue de l’interdépendance et de la compassion, et à changer de mentalité pour redécouvrir une relation juste avec la terre. Comme l’écrit lama Denys Teundroup, « la vie est fondamentalement harmonie. Comprendre l’interdépendance qui relie tous les phénomènes et adopter une attitude de non-agression est le plus sûr moyen de maintenir cette harmonie en nous et de préserver les équilibres de notre environnement aux niveaux local et mondial. Il n’y a pas d’habitant sans habitacle, pas de vie sans milieu vital, l’habitant qu’est ce corps dépend de sa bio-niche et je suis fait de ce qui est autre que moi. La vie que je suis est autant là qu’ici. Et “là”, c’est-à-dire la bio-niche autour de moi, est tout aussi importante pour ma vie que celle que je vis en moi habituellement ; c’est la même vie qui est une et tous les éléments qui composent la vie sont interdépendants. L’art de rétablir la libre circulation des flux naturels peut aussi se nommer “écologie sacrée” : l’harmonisation des terriens dans leur biosphère, la réintégration harmonieuse de l’homme dans son milieu.

« Il s’agit simplement de retrouver une relation saine avec son propre corps, le corps du souffle et le corps de l’environnement. Il s’agit de redécouvrir le lien charnel qui nous unit à la terre et aux éléments et, dans l’intelligence de l’unité, respecter la diversité, la variété, que ce soit celle des humains ou celle du vivant, la biodiversité. Il s’agit aussi de retrouver l’amour de la terre mère. “Aime la terre comme toi-même, car tu es terre : de la terre tu es venu et à la terre tu retourneras, de la terre des ancêtres émergé, à la terre des ancêtres retourné.” Cette terre qui, labourée, continuera à soutenir la vie des enfants et de leurs enfants pour les générations à venir. Il est ainsi vital pour l’espèce humaine que nous développions un lien émotionnel avec la terre-mère, avec la nature. Face aux grands problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, il convient de rappeler cet élément central qui est que le changement passe par celui des mentalités. Il s’agit d’opérer une révolution de mentalité. »

Pratiquer le Dharma : un acte géopolitique

Enfin, les enseignements du Bouddha dont l’authenticité, la cohérence et l’opérativité ont été préservés de génération en génération jusqu’à aujourd’hui, peuvent nous apporter des moyens et des méthodes pratiques de transformation de soi et du monde. Ceux-ci sont fondés essentiellement sur trois apprentissages : une intelligence visionnaire de la nature des phénomènes, une expérience profonde de la nature de la perception et une discipline éthique de non-violence.

L’intelligence visionnaire se développe dans la compréhension de l’interdépendance des phénomènes extérieurs et surtout dans la dimension cognitive de l’interdépendance. C’est-à-dire la compréhension du fonctionnement de notre esprit ou des modalités de la connaissance. Il s’agit d’apprendre à découvrir la structure, le tissu cognitif de notre expérience vécue et finalement de découvrir la nature de ce que nous sommes ou la nature de ce qui constitue nos perceptions : le sujet (celui qui perçoit) et l’objet (ce qui est perçu).

L’expérience profonde de la perception se dévoile dans ce que l’on appelle la méditation ou plus justement contemplation. Il s’agit d’apprendre à rester immergé dans une présence sensorielle ouverte, claire et sensible ; ouvert à l’expérience de la nature et de notre nature, d’instant en instant, dans la simplicité et l’authenticité. Les perceptions sensorielles sont les portes d’accès au réel. Les six sens (dont le mental) sont les domaines, la structure et les moyens d’une compréhension authentique de la nature et du rapport que nous entretenons avec notre environnement intérieur et extérieur.

La discipline éthique est essentiellement la pratique de la non-violence vis-à-vis de soi-même, d’autrui et de l’environnement. Elle est fondée sur la règle d’or qui dit : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaiterais pas que l’on te fasse. » L’éthique du Dharma est une éthique d’harmonie et de santé qui aide à retrouver la santé fondamentale naturelle inhérente à la vie. Il ne s’agit pas de cultiver le bien contre le mal, mais de se rendre disponible et réceptif aux actes du corps, de la parole et de l’esprit, facteurs d’harmonie et de bonheur pour soi et pour autrui.

Aujourd’hui, ce type de démarche, pratiquer le Dharma, est non seulement un engagement personnel et intime libérateur mais aussi, comme l’écrit Peter Timmerman, « un acte géopolitique, car tout ce que nous faisons ajoute ou diminue le fardeau que fait peser l’humanité sur la terre. C’est aussi un acte géopolitique, car étant donné la dévotion continuelle envers la consommation, l’une des actions les plus radicales que nous puissions mettre en œuvre dans notre société est de consommer moins, de méditer assis tranquillement dans une pièce ou d’essayer et de voir clairement qui nous cherchons à être. Et enfin pratiquer le dharma est un acte géopolitique, car cela offre un espace de travail dans lequel nous pouvons demeurer à l’écart de l’agressivité de notre société et considérer des alternatives ».

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Messagede Sebb » Lun Jan 07, 2008 2:37 pm

Salut Cosmique. Bonne année. Kapra est intéressant en effet. J'ai déjà lu un peu. Je reviendrai sur ce fil. La physique qui se lie à la philosophie, c'est de la fusion cérébro-atomique c't'affaire-là !
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Messagede Cosmique » Mar Jan 08, 2008 10:02 pm

Bonne année à vous pareillement Sebb ! :D








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Messagede Cosmique » Mar Jan 08, 2008 10:03 pm

LE PARADIGME SYSTEMIQUE

La systémique n'est pas une nouvelle science qui viendrait s'ajouter aux disciplines reconnues comme la chimie, la biologie ou la psychologie ou l'anthropologie. Ce n'est pas une nouvelle méthode de management, de thérapie, d'enseignement ou de jardinage. Ce n'est pas non plus un nouveau discours philosophique.

En fait, c'est une autre vision du monde qui, certes, se manifeste sur les plans scientifique, pratique et philosophique, mais, surtout, met en cause les fondements de notre interprétation du monde. C'est un nouveau paradigme.

Cette vision se distingue de la vision scientifique dominante aujourd'hui qui est issue de la révolution culturelle de la Renaissance. A cette époque, en effet, le modèle scolastique du monde médiéval fut peu à peu remplacé par le modèle empirico-rationaliste, fondé sur l'observation de la nature et la modélisation logico-mathématique.

Ce modèle mécaniste - car issu de la mécanique - qui nous paraît toujours la seule voie pour comprendre le monde, cache en fait un certain nombre de présupposés qui sont rarement explicités et dont l'un des principaux est le réductionnisme. Celui-ci est basé sur la croyance que toute situation, aussi complexe soit-elle, peut être comprise en la réduisant en parties plus simples, plus faciles à comprendre. Les molécules seraient réduites à des combinaisons d'atomes, les cellules vivantes à des réactions physico-chimiques, la société serait comprise grâce à la psychologie - voire la biologie - des individus, la pensée par la physiologie du cerveau, etc.

La vision systémique, elle, considère le monde comme un vaste système dynamique irréductible constitué d'un réseau complexe de sous-systèmes interdépendants - donc inséparables - dont nous faisons aussi partie. Cette vision remet en cause la plupart des présupposés du paradigme empirico-analytique, en particulier:

- le réalisme (il y a une réalité indépendante et connaissable),
- le matérialisme (cette réalité est matérielle) et
- le dualisme (il y a le monde matériel des choses et le monde idéel des lois immatérielles que suivent les mouvements des choses) .


Dans l'approche systémique, ces présupposés ne sont pas rejetés d'emblée, mais considérés comme des approximations qui ne sont valables que dans des cas simples.

Le réductionnisme est remplacé (ou élargi) par la prise en compte des interdépendances entre les parties, le réalisme naïf est remplacé par la prise en compte du fait que nous faisons nous-mêmes partie de la nature que nous essayons de nous représenter, que nous y agissons, donc modifions notre environnement. Ainsi la notion de réalité donnée, indépendante de nous, perd de sa pertinence. Le matérialisme, c'est-à-dire la croyance que le monde se réduit à la matière, est remplacé par une vision plus globale intégrant en un tout cohérent la matière - l'état actuel des choses - et les "lois" immatérielles - les états futurs possibles.

SYSTEMES COMPLEXES

L'approche systémique n'est donc pas une spécialité nouvelle qui s'ajouterait aux autres mais une grille de lecture qui affecte toutes les disciplines, surtout celles qui traitent de systèmes complexes comme la biologie, l'écologie, les sciences sociales et économiques, les sciences cognitives et les sciences humaines en général. Le paradigme systémique laisse entrevoir la possibilité de mieux comprendre la nature des phénomènes complexes de type holistique, comme la vie et la conscience, difficiles à traiter par des approches réductionnistes et matérialistes. Malheureusement, on réalise également qu'il n'est pas possible de modéliser dans tous les détails les situations concrètes complexes, donc qu'il est impossible de prévoir l'avenir avec précision: le principe de précaution remplace la prétention de prévoir. Le paradigme systémique concerne moins le quantitatif (la grandeur) que le qualitatif (le sens).

Le paradigme systémique ne se réduit pas à une mise en cause abstraite des présupposés philosophiques - épistémologiques et ontologiques - sur lesquels repose notre description des phénomènes du monde. Il inclut également, sur un plan plus opérationnel, de nouveaux outils conceptuels pour interpréter et comprendre la nature, en particulier les systèmes complexes et auto-organisants, comme les organismes vivants, les écosystèmes, les systèmes sociaux, économiques et cognitifs. A partir des années 1950, on a commencé à réaliser que, fondamentalement, ces entités étaient organisées sur la base des mêmes structures et des mêmes principes: rétroactions, structures dissipatives, auto-organisation, dynamique non linéaire (théorie du chaos), fractales, bifurcations, etc. , qui constituent les ingrédients d'une théorie générale des systèmes complexes.

LES DEFIS DE LA SOCIETE ACTUELLE

A ces plans philosophique et scientifique vient s'ajouter, last but not least, le plan de l'action, c'est-à-dire l'application concrète de ces nouvelles connaissances - pas encore suffisamment connues d'ailleurs - à la gestion des affaires humaines, en particulier aux défis posés par la complexité croissante de la société contemporaine. C'est précisemment l'objectif du dernier livre de Fritjof Capra, Les connections cachées. Capra est un des auteurs les plus actifs dans la diffusion du nouveau paradigme. Après Le Tao de la physique (1979) consacré aux correspondances entre la théorie quantique et certaines philosophies orientales, et Le Temps du changement (1983) qui décrit la transition entre la vision mécaniste cartésienne et newtonienne dominante et l'approche systémique, il présenta, avec La Toile de la vie (2003), les principales notions de la cybernétique et de la dynamique non linéaire, indispensables pour comprendre l'émergence et l'évolution de la vie telles qu'on se les représente aujourd'hui.

Dans Les connections cachées (2004), il s'appuie sur ces notions récentes pour comprendre non seulement la logique de la vie mais également la dynamique de la société complexe d'aujourd'hui et en tirer quelques principes d'action. L'observation de l'évolution de la société ces dernières décennies fait apparaître un certain nombre de dérives mettant en péril sa survie: épuisement des ressources, modifications climatiques et environnementales, interférences entre les exigences du marché en voie de globalisation et les besoins et aspirations de l'homme. Capra tente, avec les nouveaux outils de la théorie des systèmes complexes, de comprendre pourquoi il en est ainsi, et surtout dans quelle direction changer nos représentations et nos comportements pour que l'humain puisse continuer à réaliser ses aspirations.

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Messagede Myriade » Mar Jan 08, 2008 10:56 pm

Le paradigme systémique ne se réduit pas à une mise en cause abstraite des présupposés philosophiques - épistémologiques et ontologiques - sur lesquels repose notre description des phénomènes du monde. Il inclut également, sur un plan plus opérationnel, de nouveaux outils conceptuels pour interpréter et comprendre la nature, en particulier les systèmes complexes et auto-organisants, comme les organismes vivants, les écosystèmes, les systèmes sociaux, économiques et cognitifs.


Lors du printemps 1995, mon fabricant extraterrestre m'a dit par la pensée qu'en attendant de trouver le nom de mon Père, je pouvais l'appeler Cyborg.

Ce nom m'a rappelé un mot : cybernétique. J'en ai cherché le sens dans mon petit Larousse 1987 : (du grec kubermân, diriger) Science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et chez les êtres vivants.

Dans mon petit Larousse 2004, ça donne : Étude des processus de commande et de communication chez les êtres vivants, dans les machines et les systèmes sociologiques et économiques.

«Satan» est un maître de la cybernétique.
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