Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Débats de fonds sur la politique internationale.

Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Dim Nov 28, 2010 6:58 pm

Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?


Pour la deuxième fois, Le Monde publie, à partir de dimanche 28 novembre, sur son site lemonde.fr, et à partir de lundi dans le quotidien, des informations tirées de documents officiels secrets américains, mis à sa disposition par le site WikiLeaks. WikiLeaks est une organisation informelle créée en 2006 par un apôtre de la transparence intégrale, l'Australien Julian Assange, dans le but de rendre publics sur Internet des documents officiels qui n'étaient pas destinés à le devenir.


En octobre, nous avons rejoint trois journaux, le New York Times, le quotidien britannique The Guardian et l'allemand Der Spiegel, déjà partenaires de WikiLeaks dans la diffusion d'une première vague de documents militaires américains sur l'Afghanistan, en juillet, pour pouvoir analyser par nous-mêmes une nouvelle masse de documents du Pentagone livrés à WikiLeaks, cette fois sur l'Irak, et offrir aux lecteurs francophones notre propre expertise.

Les documents dont nous commençons le compte-rendu aujourd'hui, toujours avec les trois organes de presse précédemment cités, plus, cette fois, l'espagnol El Pais, sont d'une autre nature, et d'une dimension sans précédent : il s'agit de quelque 250 000 télégrammes diplomatiques américains, c'est-à-dire de la correspondance échangée entre le département d'Etat à Washington et ses ambassades, pour l'essentiel entre 2004 et 2010.

METTRE CES DOCUMENTS À LA DISPOSITION DES LECTEURS

Les représentants du département d'Etat ont pris contact ces derniers jours avec de nombreux gouvernements étrangers pour les prévenir des révélations à attendre et les mettre en garde contre tout impact négatif. Pour l'administration américaine, la publication de ces documents par WikiLeaks est "illégale", elle met en danger "d'innombrables" vies, menace les efforts antiterroristes et nuit aux relations des Etats-Unis avec leurs alliés.

La plupart des pays démocratiques déclassifient leur correspondance diplomatique au bout d'un certain nombre d'années, en ouvrant leurs archives. Dans le cas de ces documents WikiLeaks, la déclassification est quasiment immédiate et se fait contre la volonté du pays concerné. Il est clair que la divulgation des télégrammes diplomatiques confidentiels d'une puissance comme les Etats-Unis, qui est au cœur de tous les sujets majeurs des relations internationales, l'étalage d'entretiens et de conversations tenus en toute confiance car ils ne devaient pas être connus du grand public avant trente ou quarante ans ne peut être anodine; c'est une dimension de l'action de WikiLeaks que nous avons évidemment mesurée.

Mais à partir du moment où cette masse de documents a été transmise, même illégalement, à WikiLeaks, et qu'elle risque donc de tomber à tout instant dans le domaine public, Le Monde a considéré qu'il relevait de sa mission de prendre connaissance de ces documents, d'en faire une analyse journalistique, et de la mettre à la disposition de ses lecteurs.


Informer, cependant, n'interdit pas d'agir avec responsabilité. Transparence et discernement ne sont pas incompatibles – et c'est sans doute ce qui nous distingue de la stratégie de fond de WikiLeaks. Les cinq journaux partenaires ont travaillé sur les mêmes documents bruts et celui qui est en première ligne, le New York Times, a informé les autorités américaines des télégrammes qu'il comptait utiliser, leur proposant de lui soumettre les préoccupations qu'elles pourraient avoir en termes de sécurité.

En commun, les cinq journaux ont soigneusement édité les textes bruts utilisés afin d'en retirer tous les noms et indices dont la divulgation pourrait entraîner des risques pour des personnes physiques. Le Monde a aussi offert aux responsables américains de faire valoir leur point de vue dans ses colonnes : c'est à ce titre que nous publions une tribune de l'ambassadeur des Etats-Unis en France en pages Débats.

Enfin, ce n'est pas un hasard si ces nouvelles révélations émanent des Etats-Unis, le pays le plus avancé technologiquement et, d'une certaine manière, la société la plus transparente, plutôt que de Chine ou de Russie. Par sa nature ouverte, une puissance démocratique s'expose à plus d'intrusions qu'un pouvoir fermé ou opaque. C'est des Etats-Unis qu'est partie la révolution Internet, c'est là aussi que vit la tradition des "whistleblowers", ces "sonneurs d'alarme" de la société civile. Et WikiLeaks le sait mieux que personne.

Sylvie Kauffmann


Je m'étonne que le premier fil sur ce sujet soit ouvert par HIM666 avec un titre et un texte en anglais...
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Dim Nov 28, 2010 7:18 pm

L'auteur de la plus grande "fuite" américaine est un jeune militaire désœuvré de 23 ans

pour Le Monde.fr | 28.11.10 | 19h17 • Mis à jour le 28.11.10 | 19h56

Image

Bradley Manning est désormais soupçonné d'être impliqué dans les fuites qui ont permis au site Wikileaks de diffuser des dizaines de milliers de documents confidentiels.
ASSOCIATED PRESS


Officiellement, nul ne sait qui a fourni à WikiLeaks les 250 000 documents diplomatiques dont la publication a commencé le 28 novembre, mais les autorités américaines détiennent un suspect : Bradley Manning, un militaire américain âgé de 23 ans.


M. Manning était affecté à une unité de renseignement de l'US Army basée en Irak. Bien que simple soldat, il était autorisé à travailler en permanence sur deux réseaux informatiques sécurisés, utilisés par les militaires et les diplomates américains du monde entier.

Dans sa caserne irakienne, où il s'ennuyait ferme et avait peu d'amis, Bradley Manning passait beaucoup de temps sur les forums Internet. Entre autres, il discutait fréquemment avec Adrian Lamo, un ancien hacker dont il admirait les exploits passés. Au printemps 2010, il commence à se vanter auprès de ce nouvel ami d'avoir fait des copies de documents secrets trouvés dans les bases de données auxquelles il a accès, et d'avoir envoyé le tout à WikiLeaks.

Le choix de M. Lamo comme confident n'était pas judicieux. L'ex-hacker, qui a déjà eu des ennuis avec la justice, prend peur à l'idée d'être accusé de complicité, et dénonce Bradley Manning à la police. Il envoie aussi une copie de ses discussions avec le jeune soldat au magazine Wired, qui en publie des extraits.

Dans ses messages, Bradley Manning apparaît comme un jeune homme idéaliste et exalté. Il mentionne d'abord une vidéo montrant un hélicoptère américain à Bagdad en train d'abattre des civils à la mitrailleuse, qui sera effectivement diffusée par WikiLeaks en avril. Puis il explique qu'il a aussi transmis à WikiLeaks près de 260 000 rapports provenant du département d'Etat et des ambassades américaines.

"J'ÉCOUTAIS LADY GAGA, TOUT EN EXFILTRANT..."

Il en a lu un certain nombre, et se dit profondément choqué : " j'ai vu des arrangements politiques quasiment criminels (…) Des choses incroyables, horribles, qui doivent tomber dans le domaine public, et ne pas rester dans un serveur rangé dans une cave à Washington (…) Hillary Clinton, et des milliers de diplomates dans le monde, vont avoir une crise cardiaque quand ils se réveilleront un matin et découvriront qu'un répertoire complet de documents confidentiels sur la politique étrangère est accessible au grand public, avec un moteur de recherche. "

M. Manning raconte aussi la façon dont il s'y prenait : " j'entrais dans la salle informatique avec un CD musical à la main (…), puis j'effaçais la musique et je créais un dossier compressé (contenant les documents) … J'écoutais Lady Gaga et je chantonnais sur la musique, tout en exfiltrant la plus grande fuite de l'histoire des Etats-Unis ". Il se sent à l'abri, car le système est défaillant : " des serveurs faibles, des mots de passe faibles, une sécurité matérielle faible, un contre-espionnage faible, une analyse bâclée… " Aussitôt après avoir été dénoncé, Bradley Manning est arrêté et incarcéré, d'abord au Koweït, puis dans la base militaire de Quantico (Virginie), près de Washington.

En juillet, il est inculpé pour avoir " communiqué, transmis et livré à une source non-autorisée des informations sur la défense nationale ". Il risque 52 ans de prison. Aux Etats-Unis, il est considéré comme un traître par une bonne partie de la population, mais il a aussi ses défenseurs. La gauche radicale et les militants de l'Internet libertaire voient en lui un martyr de la liberté d'expression. Un comité de soutien très actif organise des meetings et collecte des fonds pour sa défense. Récemment, les membres de ce comité ont eu confirmation que la police les surveille étroitement.

Le 3 novembre, David House, 23 ans, responsable du site militant Internet bradleymanning.org, a été retenu et interrogé pendant plusieurs heures à l'aéroport de Chicago par des agents de la sécurité intérieure, alors qu'il rentrait d'une semaine de vacances au Mexique. Les policiers ont aussi saisi son ordinateur et son téléphone mobile. En principe, ce type d'investigation est impossible aux Etats-Unis, car M. House n'a violé aucune loi. La police a dû ruser : elle a attendu qu'il quitte le pays pour l'intercepter à son retour dans la zone sous contrôle des douanes et de l‘immigration.

Yves Eudes


Ce jeune homme va très probablement passé le reste de ses jours en prison.

Croyez-vous qu'il a réfléchi à ça avant de faire son coup?
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede -=Cigaro=- » Dim Nov 28, 2010 7:20 pm

Vont-ils le pendre avec caméras vidéos en direct comme ils ont fait pour Saddam Hussein ?
Avatar de l’utilisateur
-=Cigaro=-
Ministre
 
Messages: 3087
Inscription: Ven Déc 09, 2005 7:44 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Dim Nov 28, 2010 7:37 pm

Le blogue de Richard Hétu nous en apprend une bonne...

WikiLeaks : ces diplomates qui espionnent

Les diplomates en poste à l’ONU se doutent que la plupart de leurs conversations ne tombent pas dans l’oreille de sourds. Mais savent-ils que leurs pellicules peuvent être recueillies par leurs collègues américains? C’est le genre de détails à la fois bizarres et troublants que l’on retrouve dans les câbles diplomatiques obtenus par WikiLeaks et dont le journal Le Monde traite dans cet article. J’en cite un extrait :

“Les rapports doivent inclure les informations suivantes, précise la directive : noms, titres et autres informations contenues sur les cartes de visite ; numéros de téléphone fixes, cellulaires, de pagers et de fax ; annuaires téléphoniques et listes d’emails ; mots de passe internet et intranet ; numéros de cartes de crédit ; numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes ; horaires de travail… ” Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, et ses collaborateurs savent-ils que les diplomates américains avec lesquels ils déjeunent ont reçu l’ordre de noter leurs numéros de cartes de crédit personnelles, ou que ceux avec lesquels ils voyagent doivent transmettre leurs numéros de cartes de fidélité des compagnies aériennes ? Et qu’ils sont encouragés à mémoriser les mots de passe de leurs ordinateurs ?

Les diplomates américains à l’ONU doivent transmettre ” toute information biographique et biométrique ” sur leurs collègues des pays du Conseil de sécurité, y compris les alliés britanniques et français, et sur les dirigeants de nombreux pays. La consigne ” biométrique ” revient dans presque tous les mémos : il faut se procurer ” les empreintes digitales, photographies faciales, ADN et scanners de l’iris ” de toute personne intéressant les Etats-Unis.
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede HIM666 » Dim Nov 28, 2010 9:01 pm

Myriade a écrit:
Je m'étonne que le premier fil sur ce sujet soit ouvert par HIM666 avec un titre et un texte en anglais...


Parce que le premier texte à ce sujet est anglophone et fut publié sur Guardian? les informations concernant Wikileak en Français sont souvent une copie conforme ou un reprise des nouvelles anglophone. La source originale est souvent en anglais, et ce, pour plusieurs sujet qui touchent à l''actualité international.
Avatar de l’utilisateur
HIM666
Ministre
 
Messages: 7816
Inscription: Mer Jan 14, 2004 7:37 pm
Localisation: Quebec

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Jobserve » Dim Nov 28, 2010 9:46 pm

“Les rapports doivent inclure les informations suivantes, précise la directive : noms, titres et autres informations contenues sur les cartes de visite ; numéros de téléphone fixes, cellulaires, de pagers et de fax ; annuaires téléphoniques et listes d’emails ; mots de passe internet et intranet ; numéros de cartes de crédit ; numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes ; horaires de travail… ” Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, et ses collaborateurs savent-ils que les diplomates américains avec lesquels ils déjeunent ont reçu l’ordre de noter leurs numéros de cartes de crédit personnelles, ou que ceux avec lesquels ils voyagent doivent transmettre leurs numéros de cartes de fidélité des compagnies aériennes ? Et qu’ils sont encouragés à mémoriser les mots de passe de leurs ordinateurs ?

Les diplomates américains à l’ONU doivent transmettre ” toute information biographique et biométrique ” sur leurs collègues des pays du Conseil de sécurité, y compris les alliés britanniques et français, et sur les dirigeants de nombreux pays. La consigne ” biométrique ” revient dans presque tous les mémos : il faut se procurer ” les empreintes digitales, photographies faciales, ADN et scanners de l’iris ” de toute personne intéressant les Etats-Unis.


Big Fouineux va finir par s'intéresser a tous le monde lors que la technologie va le permettre.
Avatar de l’utilisateur
Jobserve
Ministre
 
Messages: 4565
Inscription: Dim Fév 12, 2006 1:43 am
Localisation: Plateau

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Lann » Lun Nov 29, 2010 2:49 pm

Les fuites concernent aussi le Canada
http://www.ledevoir.com/politique/canad ... uotidienne

Nous allons peut etre en savoir plus des magouilles des possédants canadien, de leur soif de pouvoir, de cash.
Des assassins économique sont a l'œuvre au Québec pour nous faire tomber!

Le terroriste est la meilleur arme politique puisque rein ne fait réagir davantage les gens que la peur d'une mort soudaine. Adolf Hitler

L'obligation de subir nous donne le droit de savoir. - Sophie

Possédant: personne ou groupe de personnes pouvant grace à ses capitaux et ses avoirs orienter la destiné mondial par de la collusion, crime ou simplement mouvement de capitaux.
Avatar de l’utilisateur
Lann
Citoyen
 
Messages: 4915
Inscription: Lun Juil 14, 2008 9:53 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede -=Cigaro=- » Lun Nov 29, 2010 6:31 pm

Lann a écrit:Les fuites concernent aussi le Canada
http://www.ledevoir.com/politique/canad ... uotidienne

Nous allons peut etre en savoir plus des magouilles des possédants canadien, de leur soif de pouvoir, de cash.


Ce serait plus intéressant de voir l'opinion officielle des États-Unis sur la souveraineté du Québec.
Avatar de l’utilisateur
-=Cigaro=-
Ministre
 
Messages: 3087
Inscription: Ven Déc 09, 2005 7:44 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Yukiwi » Lun Nov 29, 2010 9:17 pm

c'est comme les romans à la John LeCarré - le jeu de la géopolitique est un jeu de la manipulation, de déception, de secrets, les couteux dans le dos, de jeux en coulisse etc...

je pense que Wikileaks surprendra personne qui est au courant de comment ça fonctionne en réalité dans le monde de la géopolitique..

Wikileaks va contribuer au cynisme du publique .. c'est tout - dommage, et le résultat sera les procédures encore plus secrets & plus mensongères dans les coulisses du pouvoir afin de ne pas être pris avec les fuites dans l'avenir....

ce sont les ÉU qui sont visé par ces fuites.. les autres pays fonctionnent pareil ....... la Russie ou la Chine ne permettront les fuites - & si jamais cela arrive, c'est la mort pour le coupable, c'est certain...
Prends garde à ce que tu pense au fond de toi-même: c'est plus important que tout, car ta vie en dépend.
Avatar de l’utilisateur
Yukiwi
Ministre
 
Messages: 2096
Inscription: Lun Oct 30, 2006 11:06 pm
Localisation: Entre le Nord, l'Est, l'Ouest & le Sud

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede ADN_ARN » Lun Nov 29, 2010 9:39 pm

.

Little Nephew is watching Big Brother.

.
Avatar de l’utilisateur
ADN_ARN
Ministre
 
Messages: 3376
Inscription: Lun Juin 27, 2005 7:58 pm
Localisation: Pas loin de Sirius

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Normal + » Lun Nov 29, 2010 9:49 pm

On accorde beaucoup trop d'intérêt à Wikileaks et son étrange monsieur (Assange).

Ces révélations semblent finalement un mini-flop (malgré l'engouement des médias depuis quelques jours à ce sujet): on y apprend soit des choses sans intérêts comme par exemple les propos de diplomates à propos de Sarkozy ou d'Angela Merkel, soit des choses déjà connues des amateurs de géopolitique (ce qui concerne l'Iran, ou le terrorisme par exemple).

Ceci permet d'affirmer une fois de plus que le fait de se cultiver et de s'informer intelligemment permet d'avoir une petite longueur d'avance sur ce genre de révélations.
Avatar de l’utilisateur
Normal +
Député
 
Messages: 787
Inscription: Ven Juin 06, 2003 12:32 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Lun Nov 29, 2010 10:22 pm

Bien dit, Normal +.

Il demeure que ces fuites font peur là-haut, gênent l'ordre du monde.
La démocratie implique-t-elle le droit du peuple, aussi ignorant soit-il, de savoir comment il est gouverné?
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede -=Cigaro=- » Mar Nov 30, 2010 11:48 pm

En fait... se pourrait-il qu'on ne puisse pas se fier tant que ça aux "cables" de Wikileaks ? L'article suivant illustre cette thèse en prenant l'exemple d'un cable à propos de la Chine et de la Corée du Nord.

Why China hasn't abandoned North Korea – and why Wikileaks is a work of flawed genius

China has not abandoned North Korea and won’t any time soon. Nor is the country about to collapse.
That’s not what you’d think from reading coverage of Wikileaks today. But what we claim Wikileaks is saying is – probably – wrong on this point, and a lot else. And we shouldn’t be surprised at that.

This is the big flaw in the Wikileaks exercise, and not, as some of my colleagues have said, that it only confirms what we always suspected. We shouldn’t be surprised that there are no big state secrets in the revelations. These are diplomatic cables, and countries are not in the habit of giving away their most treasured secrets to each other at embassy drinks parties. When they do share secrets, they do it with a much higher security classification.

The documents are full of interest, however, particularly in the detail. Having just returned from Yemen, I found it important what the Crown Prince of Abu Dhabi – a man who knows a thing or two about the Gulf – had to say. He was convinced that the Iranians were channelling arms to a Shia rebellion there. When this possibility has been raised with western diplomats in the past, they have rather poo-pooed the idea as lacking evidence: well, there is no smoking gun, but it’s useful to know that someone credible is convinced of it.

There are hundreds of such snippets in the documents – all adding to the sum of human knowledge. On the other hand, these documents are all – and I don’t know how to say this without offending my diplomat friends – the work of diplomats. Diplomats are clever and better resourced than journalists, but they are only human. They make mistakes. Some of these are faithfully recorded – such as the assessment by the Chinese that Kim Jong-il was not about to appoint his youngest son to succeed him, as ill-informed gossip at the time said. I was particularly pleased to read that report from February 2009 because, also using high-level sources, I had written exactly the same thing even before the Chinese. The egg is on both our faces.
Moreover, diplomats are duty bound to pass on everything they hear – and sometimes let the analysis and assessment come later. Half of what we are reading is first impressions and gossip.

Then, finally, in some countries diplomats are not particularly high up the pecking order and they may not be in the loop quite as much as they may hope they are. I rather suspect that was the case in the UK under Gordon Brown, apart from anywhere else.
It is above all true in China, and so when a South Korean diplomat passes on the opinion of a Chinese diplomat that “younger Chinese officials” would not be averse to a unified Korea, it doesn’t quite mean the same thing as if a British foreign secretary were laying out a view to parliament.
What the cables conclude, and what you’d expect from diplomats, is that for every suggestion there is a counter-suggestion. The same cable – from this year – that talks about the younger Chinese officials has this to say:

Beijing had “no will” to use its economic leverage to force a change in Pyongyang’s policies and the DPRK leadership “knows it.” (South Korean diplomat) Chun acknowledged that the Chinese genuinely wanted a denuclearized North Korea, but the PRC was also content with the status quo.”
Hardly abandoned, then.


The cable also points out that the Chinese officials quoted are a sharp contrast to their immediate boss, a hardline Marxist.
The cable says North Korea will collapse within two to three years after the death of Kim Jong-il. But meanwhile another report says that Kim Jong-il seems to be reasonably well and sharp – and presumably able to hang on a bit. He hadn’t even had to give up booze, as has been claimed.
And so on.

What none of the cables make clear is how unimportant the Chinese foreign ministry is in setting key matters of policy. The foreign minister isn’t even in the Politburo, the 24-strong committee that rules China (and think how important the 25th man in the British hierarchy would be, whoever he or she is). Dai Bingguo, a Chinese diplomat quoted as a senior official is reasonably important as a state councillor – a sort of second-line functionary. But he is all the more cautious as a result.

He Yafei, who said that China viewed North Korea as a “spoiled child”? Well, even I’ve met him. He is a career diplomat chiefly involved in relations with the US, which – as would be the case in any country – often involves saying things that the US wants to hear. What if, on the other hand, we were to judge China’s view on North Korea by its actions? It took North Korea’s side over the sinking of a South Korean ship earlier this year, and has suggested that any worsening of the situation there now would be America’s fault. Meanwhile, in 2007 – when exactly the same suggestions of China’s “frustration” with North Korea were being made – it was still allowing North Korea to ship missile parts to Iran from Beijing Airport.

Well, I think you get my point. In fact, throughout the Chinese state apparatus there is a split between the eminently reasonable people journalists, diplomats and politicians meet – all of whom are keen to be reassuring as to China’s long-term purposes – and the often more shadowy figures, including the generals and the Party princelings who control the banks and arms companies – who we don’t meet yet have a considerable input and maintain their own international contacts.

I don’t want to scupper good stories, but it is fun apart from anything else to see how British and American papers cover the same issues. The Guardian – and I am not gloating as the Telegraph followed the same line – had the headline today: “China ‘ready to abandon North Korea’.” I have the International Herald Tribune, partner of the New York Times which also had access to the cables, on the desk in front of me. They are so confident of their version of the story that they have headlined it: “Guesses on North Korea”.

Not a great way to sell a story, I’ll grant you. But are they wrong?


--------********************--------------------

Dans le cas de la Chine, je suis d'accord que les diplomates américains se font probablement donner de fausses impressions lors de leurs rencontres avec des émissaires chinois de second ordre. Sans enlever l'intérêt de lire ces "cables" diplomatiques, certains sont à prendre avec un grain de sel. La diplomatie est après tout un jeu où la ruse et les paroles réconfortantes ont un rôle de première place. Je serais très étonné que Wen Jiabao ou Hu Jintao aient livré de bon coeur des secrets d'état à des ambassadeurs ou des agents consulaires.

Par contre, les cables provenant des nations alliées aux États-Unis, comme le Canada ou le UK, risquent de contenir plus de vrais "secrets".
Avatar de l’utilisateur
-=Cigaro=-
Ministre
 
Messages: 3087
Inscription: Ven Déc 09, 2005 7:44 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede -=Cigaro=- » Mer Déc 01, 2010 8:16 am

Caricature taiwannaise des Wikileaks Cables:

Avatar de l’utilisateur
-=Cigaro=-
Ministre
 
Messages: 3087
Inscription: Ven Déc 09, 2005 7:44 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Mer Déc 01, 2010 3:32 pm

WikiLeaks n'est qu'une petite fenêtre qui s'ouvre sur un monde ultra-secret. Le peu que cela nous permet d'apprendre est quand même assez pour déclencher la rage assassine d'une certaine droite.

Tom Flanagan, ex-conseiller de Stephen Harper, a déclaré hier, sur CBC Newsworld, que Julian Assange, le boss de WikiLeaks, devrait être assassiné.

Ezra Levant, qui fut membre du Reform Party comme Tom Flanagan, qui a été un invité d'honneur à la première conférence du Réseau Liberté-Québec, a aussi écrit hier, dans le Toronto Sun, qu'il faudrait que le président Obama commande l'assassinat de Julian Assange.

Le grand chef de la droite canadienne, Stephen Harper, pense-t-il autrement?

Cette droite veut toujours moins d'État pour contrôler le capitalisme, mais toujours plus d'État pour éliminer la résistance aux capitalistes qui veulent diriger le monde selon leurs intérêts, par tous les moyens.
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Mer Déc 01, 2010 7:13 pm

De Wikipedia : Craig Murray (17 octobre 1958 - ), est un diplomate britannique. Il est ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Ouzbékistan jusqu’à sa révocation, le 14 octobre 2004.

Dès son arrivée en Ouzbékistan, il informe le Foreign Office (ministère britannique des Affaires étrangères) du « caractère fasciste » du régime d’Islom Karimov et de l’usage généralisé de la torture. Face au silence de ses supérieurs à Whitehall, il affirme avoir découvert que le MI6 (service secret extérieur britannique) recourt aux tortionnaires ouzbeks pour interroger des prisonniers. À l’issue d’un bras de fer avec le gouvernement de Tony Blair, il décide de rendre les faits publics.

Ses révélations seraient à l’origine de la découverte d’un réseau global d’enlèvement, séquestration et torture, qui aurait été mis en place par la CIA et le MI6 après le 11 septembre 2001 et dont le volet des « vols secrets » en Europe est le plus documenté. L'existence du réseau fait scandale en Europe. (...)

xxx

Craig Murray vient de publier ce texte :

Levons nos verres à Wikileaks

1er décembre 2010
La vérité aide les peuples dans leur lutte contre les élites rapaces -partout dans le monde.
Levons nos verres à Wikileaks

Craig MURRAY
Le Guardian a notablement raccourci et enterré dans un panel d’opinions un article que j’avais écrit pour eux -à leur demande- au sujet de Wikileaks.

Voici l’original :

L’oligarchie sécuritaire grassement rémunérée est montée au créneau dans les médias contre Wikileaks avec leurs slogans usés :

Ces fuites vont menacer la vie d’innocents personnes et vont mettre en danger la sécurité du pays. Elles vont encourager le terrorisme islamique. Le secret gouvernemental est essentiel pour que nous demeurions tous sains et saufs. En fait ce que Wikileaks fait est si grave, que je serais surpris que nous ne soyons pas tous tués dans nos lits ce soir.

Sauf que nous avons entendu exactement le même discours il y a quelques mois quand Wikileaks a publié les documents sur la guerre en Iraq, puis ceux sur la guerre en Afghanistan et personne n’a pu présenter un seul exemple des ces sanglantes conséquences.

Comme ces dépêches sont diplomatiques, nous entendons aussi pas mal d’arguments en faveur du secret. Ce sont des arguments qui ne me sont que trop familiers étant donné que j’ai exercé la fonction de diplomate britannique pendant 20 ans, dont six passés dans la Senior Management Structure of the Foreign and Commonwealth Office.

Il y a des gens qui prétendent sérieusement que les Ambassadeurs n’oseront plus donner un avis sincère s’il y a un risque que leur opinion soit révélée. Ces dernières 24 heures j’ai entendu cet argument remarquable revenir sur différentes chaînes de TV sans que personne ne le remette en question.

En d’autres termes, le meilleur avis est un avis que vous ne seriez pas prêt à défendre en public. Vraiment ? Et pourquoi ? Dans le monde global d’aujourd’hui, l’ambassade n’est pas le seul élément dont nous disposons pour évaluer les choses. Bien souvent, les organisations expatriées, académiques ou commerciales, sont bien mieux informées. Le meilleur avis politique n’est pas celui qui est protégé du jugement de ses pairs.


Ce que l’Establishment veut dire bien sur, c’est que les Ambassadeurs devraient pouvoir recommander des choses que tout un chacun considérerait comme ignominieuses sans risquer d’être découvert. Mais devraient-ils vraiment avoir le droit de faire cela dans une démocratie ?

Je n’ai jamais compris pourquoi on a le sentiment que ce qui serait considéré comme répréhensible dans la vie privée ou même commerciale -comme mentir ou dire une chose à une personne et le contraire à l’autre- devrait être considéré comme acceptable et même louable en diplomatie.

Quand j’étais ambassadeur en Ouzbekistan, je fus réprimandé par le chef du Service Diplomatique (FCO) parce que j’avais envoyé à Londres dans un email non classifié des détails sur les violations des droits humains perpétrées par le gouvernement Ouzbek. Le FCO craignait que les Ouzbeks, qui interceptaient nos communications, ne découvrent que je désapprouvais leurs violations des droits de l’homme. Cela pouvait mettre en danger l’alliance Ouzbek avec les forces britanniques dans l’Afghanistan voisine. Pour le FCO, diplomatie est synonyme de duplicité.

Chez les diplomates britanniques, l’idée que leur profession les dispense de se comporter selon les standards normaux de décence s’apparente à un culte du Machiavélisme, ils sont fiers de leur propre immoralité. Cela est renforcé par leur origine sociale très étroite -en 2010 encore 80% des ambassadeurs britanniques viennent de private schools. En tant que groupe, ils se considèrent comme des supermans nietzschéens super-intelligents, et au dessus de la moralité normale. Ils ont trouvé à la fois un leader et une âme soeur en Tony Blair (Fettes et Oxford).

Ceux qui prétendent que Wikileaks a tort croient que nous devrions faire confiance au gouvernement au point de le laisser décider en maître absolu de ce que le peuple devrait ou non savoir de ce qui est fait en son nom. Cette attitude a mené au "Dodgy Dossier" un tissus de mensonges sur les armes iraquiennes de destruction de masse. Ceux qui invoquent les éventuelles pertes humaines que risquent de provoquer les activités de Wikileaks devraient comparer ce risque aux centaines de milliers de morts que les politiques étrangères des USA, de la Grande Bretagne et de leurs amis conspirateurs ont réellement causées pendant la dernière décade.

Les commentateurs du Web ont noté que les câbles diplomatiques qui ont été publiés reflètent l’agenda politique des USA et il y même pas une bonne partie de la blogosphère qui suggère que Wikileaks pourrait appartenir à la CIA. Ca n’a aucun sens. Bien sur que les documents reflètent le point de vue des USA - ce sont d’officiels échanges du gouvernement des USA. Ce qu’ils démontrent est quelque chose que j’ai moi-même constaté, à savoir que les diplomates dans leur ensemble disent rarement des vérités indigestes aux politiciens mais donnent à leurs maîtres les informations qu’ils ont envie d’entendre ou qui les confortent dans ce qu’ils pensent déjà afin d’obtenir de l’avancement.

En conséquence on se trouve en face d’une énorme quantité de documents sur l’arsenal nucléaire supposé de l’Iran et d’une exagération de la capacité de l’Iran à envoyer des têtes nucléaires. Mais on ne trouve rien sur l’arsenal nucléaire massif d’Israël. Ce n’est pas parce que Wikileaks a censuré toute critique d’Israël. C’est parce que un diplomate étasunien qui se permettrait de décrire honnêtement et ouvertement les crimes d’Israël se retrouverait rapidement sans emploi. Je ne veux pas brandir ici mon propre cas mais je ne souhaite à personne d’endurer ce qu’ils font subir à ceux qui osent parler.

Il n’est pas surprenant que les diplomates étasuniens se soient rendus complices de l’espionnages du personnel de l’ONU. Les Britanniques le font aussi et une femme très courageuse, Katherine Gunn a été jetée dehors pour avoir essayé de mettre fin à ces pratiques. Les câbles publiés jusqu’ici ne contiennent rien que des observateurs avertis ne sachent déjà ; par contre les informations que les pays arabes vont avoir sur la manière dont ces marionnettes de leaders étasuniens les trahissent aura sans doute un impact réel.

Le gouvernement du Yemen a collaboré activement avec les USA en affirmant mensongèrement -y compris devant son propre parlement- que les attaques de drones étasuniennes qui avaient tué de nombreux citoyens étaient le fait des forces aériennes yéménites. Le roi d’Arabie Saoudite ne semble pas inquiet de l’attitude d’Israël ou du sort des Palestiniens mais il insiste pour que les USA bombardent l’Iran. Ce n’est pas seulement ou d’abord l’Occident qui a besoin d’en savoir plus sur ce qui est fait en notre nom. Les révélations de Wikileaks sont un coup dur pour l’Empire étasunien officieux.

Les gens que ces fuites embarrassent sont ceux qui méritent d’être embarrassés. La vérité aide les peuples dans leur lutte contre les élites rapaces -partout dans le monde.
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede shokin » Ven Déc 03, 2010 6:11 pm

Je suggère que nous nous concentrions sur une seule discussion (thread) sur Wikileaks, histoire de ne pas éparpiller nos avis.

http://wikileaks.ch/

Il était temps que l'on discute des bienfaits et limites de la transparence. L'encre coule !!!



Shokin
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
Avatar de l’utilisateur
shokin
Maire
 
Messages: 492
Inscription: Ven Juil 16, 2004 11:21 am

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Ven Déc 03, 2010 6:58 pm

Le fondateur de WikiLeaks victime de menaces de mort

Publié le 03 décembre 2010 à 09h58 | Mis à jour à 12h09


Agence France-Presse
Londres


Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, a fait état vendredi dans un forum en ligne de «menaces de mort» à son encontre qui ont conduit son équipe à prendre des mesures de sécurité renforcées.

«Les menaces de mort à notre encontre sont de notoriété publique. Mais nous prenons les précautions appropriées dans la limite de ce que nous sommes capables de faire face à une superpuissance», a expliqué M. Assange lors d'échanges par écrit avec les utilisateurs du site du quotidien britannique The Guardian.

Julian Assange est recherché par la Suède et visé par un mandat d'arrêt d'Interpol dans le cadre d'une enquête pour «viol et agression sexuelle» en 2008 en Suède.

Sa traque coïncide avec la publication par WikiLeaks le site internet spécialisé dans la publication de documents secrets dont il est le fondateur- de milliers de notes diplomatiques américaines.


Pour les nombreux États embarrassés par les révélations de WikiLeaks, Julian Assange et son site font désormais figure d'ennemi public numéro 1.

«J'ai toujours considéré que WikiLeaks était appelé à joué un rôle mondial», a fait valoir le responsable du site créé en 2007. «Je pensais qu'il faudrait deux années et non quatre pour que la reconnaissance de ce rôle soit acquise. Nous sommes donc un peu en retard sur ce calendrier et avons donc encore beaucoup de travail devant nous», a-t-il poursuivi.

Le fondateur de WikiLeaks a également assuré que certains des mémos actuellement en la possession de l'équipe du site faisaient référence à la vie extraterrestre, sans fournir d'autres précisions.

«Il faut noter que dans une partie des archives que nous n'avons pas encore publiées, il est fait référence aux Ovnis», a-t-il écrit, en réponse à une question sur ce sujet.


Victime de nouvelles cyber-attaques, WikiLeaks a trouvé refuge vendredi en Suisse alors que Washington cherche à stopper ces fuites qui, selon Moscou, «montrent le cynisme» de sa diplomatie.

L'avocat londonien de WikiLeaks, Mark Stephens, a déclaré à l'AFP que «quelqu'un, probablement un acteur étatique, a pris le contrôle de centaines de milliers d'ordinateurs vulnérables dans le monde, et les fait tous se connecter simultanément» au site afin de le mettre en panne.

Selon lui, ces tentatives «sophistiquées» font partie d'un plan plus général visant à réduire au silence son fondateur, Julian Assange.

L'Australien de 39 ans se trouverait selon plusieurs médias britanniques en Angleterre. Selon son avocat, qui ne confirme pas cette information, la police britannique et les autorités suédoises ont les moyens de le joindre depuis plusieurs semaines.




Julian Assange est-il un violeur qui a trouvé le moyen de violer des gros secrets ?

Il n'a pas été condamné pour viol. La présomption d'innocence fait partie des valeurs de la démocratie humaniste.

A-t-il raison de publier ces fuites qui dérangent l'ordre mondial ? Un journaliste qui cherche la vérité ne peut pas toujours respecter les lois qui sont faites par ceux qui détiennent les plus gros secrets, alors, en choisissant de devenir un hors-la-loi, il prend des risques très élevés et doit s'en remettre au jugement de la conscience universelle.

Le danger évident que fait courir ce Robin des Bois de l'Internet, c'est de révéler des choses qui pourraient entraîner la mort de personnes, comme des bons militants de la cause démocratique. Ce journalisme hors-la-loi exige de la part de celui qui le pratique une connaissance élevée des enjeux politiques mondiaux, et surtout une conscience de ce qui est le plus important pour l'humanité : sa survie grâce à la paix.

Qui est Julian Assange ?



Hey, on va peut-être apprendre des choses sur les ovnis ! :D
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Myriade » Sam Déc 04, 2010 12:40 pm

Nicolas Bérubé fait un portrait de Julian Assange.

Dans la ligne de mire de Washington

Publié le 04 décembre 2010 à 00h00 | Mis à jour à 07h18


Nicolas Bérubé
La Presse


(Los Angeles) Le rédacteur en chef et cofondateur de WikiLeaks Julian Assange est devenu la bête noire du département d'État américain. Une épithète qu'il a passé sa carrière à rechercher. Portrait d'un fauteur de troubles assumé.

Dans sa jeunesse, Julian Assange était si souvent sur la route qu'il a fréquenté 37 écoles en Australie, son pays natal.

Sa mère dirigeait une troupe de théâtre ambulante, et cherchait à échapper à l'emprise de son ex-mari. Ses deux fils et elle pouvaient changer de ville sans prévenir, parfois en pleine nuit.

Aujourd'hui, Julian Assange, 39 ans, est encore en déplacement constant. Cette fois, il cherche à éluder les gouvernements: Interpol vient de le placer sur la liste des personnes les plus recherchées du monde.


Cette semaine, WikiLeaks a aussi réussi son plus gros coup: entreprendre la diffusion de 251 287 câbles diplomatiques américains. Un geste qui a enragé la secrétaire d'État Hillary Clinton, et poussé des politiciens à demander publiquement l'assassinat de Julian Assange, fondateur de l'organisation.

Interrogée cette semaine par le journal australien Herald Sun, la mère d'Assange, Christine, a dit que son fils était peut-être devenu «trop malin pour son propre bien».

«Il considère qu'il a une influence positive sur le monde, a-t-elle dit. Il combat les méchants, si vous voulez.»

Personne combative

Assange est devenu journaliste indépendant à la fin de son adolescence. Passionné d'informatique, il a aussi réussi à pénétrer dans les réseaux privés en Australie et ailleurs, des gestes qui lui ont valu à l'époque des tapes sur les doigts et quelques amendes. Plus récemment, Assange a étudié la physique et les mathématiques à l'Université de Melbourne.

En 2006, des collaborateurs et lui lancent WikiLeaks, une organisation qui se consacre à la diffusion de documents secrets, propriété des États et des entreprises, fournis par des dénonciateurs. Cette année, Assange a diffusé des journaux de bord de l'armée américaine en Afghanistan et en Irak. Cela lui a valu d'être qualifié de «criminel» par l'administration Obama, et de «héros» par Daniel Ellsberg, dénonciateur responsable de la diffusion des Pentagon Papers durant la guerre au Vietnam.

«Je suis une personne de nature combative, a dit Assange en juillet, à la conférence TED, organisée chaque année à Long Beach, en Californie. Et j'aime révéler la vérité.»

Pour Assange, l'information est un levier qui doit être utilisé pour produire du changement social. Et l'information la plus susceptible d'avoir un impact sur la société, dit-il, est celle que l'on cherche à cacher.

«Ça nous ramène à la question: quel type d'information est importante, quelle information peut produire des réformes? Lorsque des organisations dépensent des sommes considérables pour garder une information secrète, cela nous dit quelque chose. Ça veut dire que, lorsque l'information est diffusée, il y a une chance de produire du bien.»

Ce sont les organisations elles-mêmes qui savent ce qui est important, dit-il. «Ce qui est important est caché. Révéler ces secrets, c'est un peu notre histoire, et c'est aussi l'histoire du journalisme.»

La diffusion des informations peut bien sûr avoir des conséquences sérieuses. Plus tôt cette année, WikiLeaks a diffusé des images d'un hélicoptère américain en train de faire feu sur des civils en Irak. Deux journalistes de Reuters et dix civils irakiens sont morts dans cette attaque. Le Pentagone a dit que la diffusion de ces images a mis en danger les troupes en poste en Irak et en Afghanistan.

Assange a critiqué cette interprétation. «Les gens à Bagdad ou en Afghanistan n'ont pas besoin de voir les vidéos, car ils voient cette réalité tous les jours. Ça ne changera rien à leurs opinions, leurs décisions. Par contre, la vidéo peut changer l'opinion des gens qui financent ces guerres. C'est ce que nous souhaitons.»

Agressions sexuelles

Tout ne fonctionne pas sur des roulettes pour Julian Assange et WikiLeaks. L'été dernier, deux femmes en Suède ont porté plainte contre Assange concernant «son attitude dégradante envers les femmes» durant des relations sexuelles survenues à une semaine d'intervalle.

La police a ouvert une enquête pour viol, et cherche depuis à interroger Assange. Le principal intéressé a affirmé n'avoir rien à se reprocher, et a dit que les relations étaient consensuelles.

L'une des victimes a confié au quotidien suédois Aftonbladet qu'elle n'a jamais voulu qu'Assange soit accusé de viol. «Nous n'avons pas eu peur de lui. Il n'est pas violent, et je ne me suis pas sentie menacée par lui.» Selon le journal, Assange aurait refusé de porter un condom.

Puis, les tensions au sein de WikiLeaks ont éclaté au grand jour, quand le porte-parole officiel de l'organisation, Daniel Domscheit-Berg, a claqué la porte.

Présent depuis les débuts du groupe, M. Domscheit-Berg, a dit qu'Assange avait un style autoritaire et supportait mal la critique.

«J'ai été avec WikiLeaks durant trois ans. J'y ai investi beaucoup de temps et d'argent. J'ai vu l'organisation devenir très influente très rapidement, trop rapidement en fait», a-t-il expliqué au magazine allemand Der Spiegel.

Quand Assange a été accusé d'agression sexuelle, l'été dernier, M. Domscheit-Berg lui a suggéré de limiter ses activités. Un commentaire que le patron n'a pas apprécié.

«Il a vu cela comme une attaque et m'a suspendu. Si Julian peut claquer des doigts et me suspendre - il m'a accusé d'insubordination et de déloyauté - qu'est-ce que cela vous dit au sujet de WikiLeaks? S'il peut faire une telle chose, cela vous montre que WikiLeaks est son bébé, il est le seul maître à bord.»

Si ces problèmes ont affecté Assange, il n'en a rien laissé paraître. Le combat qu'il mène semble être plus important pour lui que la cohésion au sein de l'organisation qu'il dirige et dont il est le visage public.

L'été dernier, Assange a publié sa pensée sur IQ.org, un blogue qu'il a créé, et qui n'est aujourd'hui plus en ligne, mais que CNN a réussi à retracer.

«Les structures auxquelles je m'attaque sont des opposants de taille, mais je ne peux échapper au son de la souffrance, écrit Assange. Quand je serai vieux, je trouverai peut-être du confort dans un labo, à discuter doucement avec des étudiants, durant une belle soirée d'été, et j'accepterai la souffrance avec insouciance. Mais pas maintenant. Les hommes au zénith de leur vie, s'ils ont des convictions, se doivent d'agir.»



Selon ce portrait, selon sa mère et un de ses proches collaborateurs, Julian Assange est un téméraire qui n'accepte pas la critique. L'absence de père aurait favorisé son arrogance. Son comportement sexuel avec les femmes serait dégradant pour elles. On peut craindre qu'il ne réussira pas à vieillir en douceur. Mais comment une des «victimes» de son agressivité sexuelle peut-elle être vraiment une victime et dire qu'Assange ne faisait pas peur, n'était pas violent ni menaçant, et qu'elle n'a jamais voulu qu'il soit accusé de viol ?
Si Satan veut nous détruire, pourquoi m'a-t-il conçu?
Avatar de l’utilisateur
Myriade
Ministre
 
Messages: 4474
Inscription: Mar Déc 07, 2004 9:11 pm
Localisation: Sous la croix du mont Royal

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Guilhem » Dim Déc 05, 2010 12:30 pm

Allons-y doucement avec les accusations de viol. Assange est en fait accusé de "sexe surprise", ce qui signifie qu'il a refusé de se soumettre à un test ITS après avoir baisé sans condom (ou après que le condom ait déchiré).

http://www.washingtonsblog.com/2010/12/ ... ainst.html
Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l'homme juste est aussi en prison.
- Henri David Thoreau
http://www.moutonmarron.blogspot.com
Avatar de l’utilisateur
Guilhem
Ministre
 
Messages: 3817
Inscription: Dim Mar 20, 2005 8:18 pm
Localisation: Sous un toit.

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede bechar » Dim Déc 05, 2010 12:42 pm

Les américains sont habitués avec ce genre de salissage!!!
Rien qu'à voir leurs campagnes électorales!
Avatar de l’utilisateur
bechar
Ministre délégué
 
Messages: 1172
Inscription: Mer Nov 04, 2009 1:57 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Guilhem » Dim Déc 05, 2010 12:47 pm

Les imams chrétiens occidentaux ont déclenché une fatwa contre Assange.

À ce sujet, la vie privée d'Assange est maintenant bien mieux connue que celle des diplomates, malgré Wikileaks. Oeil pour oeil, dent pour dent.

Moi, je le cacherais bien dans mon sous-sol (si j'en avais un).

Cela dit, j'ai beaucoup plus de sympathie pour le traître Bradley Manning, qui a bien fait de trahir. Mais c'était vraiment maladroit d'aller bavasser ça à une grande gueule. Quand tu fais un coup de cette taille tu te la fermes. Même tes ami-e-s les plus proches ne doivent pas le savoir.
Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l'homme juste est aussi en prison.
- Henri David Thoreau
http://www.moutonmarron.blogspot.com
Avatar de l’utilisateur
Guilhem
Ministre
 
Messages: 3817
Inscription: Dim Mar 20, 2005 8:18 pm
Localisation: Sous un toit.

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede shokin » Dim Déc 05, 2010 1:48 pm

Guilhem a écrit:Cela dit, j'ai beaucoup plus de sympathie pour le traître Bradley Manning, qui a bien fait de trahir. Mais c'était vraiment maladroit d'aller bavasser ça à une grande gueule. Quand tu fais un coup de cette taille tu te la fermes. Même tes ami-e-s les plus proches ne doivent pas le savoir.


Ou tu peaufines vraiment ton coup de telle manière qu'on ne sache pas de qui vient l'information.

Car, au fond, le messager ne modifie pas la véracité de l'information. Il n'est qu'un biais dont usent les démagogues.



Shokin
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
Avatar de l’utilisateur
shokin
Maire
 
Messages: 492
Inscription: Ven Juil 16, 2004 11:21 am

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Sergio » Lun Déc 06, 2010 10:11 am

Murray Rothbard, “The Ethics of Liberty” (1982):

“In some areas, a radical distinction between private persons and government officials is acknowledged in existing law and opinion. Thus, a private individual’s ‘right to privacy’ or right to keep silent does not and should not apply to government officials, whose records and operations should be open to public knowledge and evaluation. There are two democratic arguments for denying the right to privacy to government officials, which, while not strictly libertarian, are valuable as far as they go: namely (1) that in a democracy, the public can only decide on public issues and vote for public officials if they have complete knowledge of government operations; and (2) that since the taxpayers pay the bill for government, they should have the right to know what government is doing. The libertarian argument would add that, since government is an aggressor organization against the rights and persons of its citizens, then full disclosure of its operations is at least one right that its subjects might wrest from the State, and which they may be able to use to resist or whittle down State power.”

Il faudrait plutôt se questionner pourquoi les journalistes québécois protègent les politiciens en ne dévoilant pas les horreurs que plusieurs d'entre eux ont commis.
“There is one good thing about Marx: he was not a Keynesian.” — Murray N. Rothbard
Sergio
Ministre délégué
 
Messages: 1414
Inscription: Mer Mai 25, 2005 8:55 am

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede shokin » Lun Déc 06, 2010 3:12 pm

Un membre « collecteur » de Wikileaks écrit à notre blog !

Réponse d’un membre de WikiLeaks
1. Julian ASSANGE se présente comme « l’initiateur et le créateur » de WikiLeaks : FAUX.
C’est un groupe de mathématiciens, puis d’informaticiens et enfin d’informateurs qui ont créé WikiLeaks. Assange s’est imposé comme « un porte-parole naturel » principalement parce qu’il est et était appuyé par des élus islandais.
2. Si beaucoup de membres de WikiLeaks se révoltent, ils ne quittent pas WikiLeaks. Ils se mettent « en attente ». Assange n’est rien sans une équipe. Pas de techniciens et pas de site !

3. Une « guerre civile » sous-entend deux groupes importants qui s’affrontent : FAUX.

Il y a d’un côté la majorité des membres (bénévoles et informateurs)
et de l’autre, Assange et les employés payés de WikiLeaks. Payés par quels fonds, quelles sources ? Une seule certitude : seuls 10 % des frais sont assurés par les dons issus du site.
4. « Pour Birgitta Jonsdottir, qui dit être une amie de Julian Assange, il faudrait que ce dernier se concentre sur ces accusations et que donc il n¹intervienne plus dans Wikileaks, au moins le temps de l’enquête » : cette élue islandaise n’est pas une amie d’Assange mais un soutien politique islandais.

5. Problème de WikiLeaks :

Qui pourrait « reprendre le flambeau » de porte-parole du site ? Vous devez prendre tous les coups bas, effacer votre famille, vos amis. Et il y a les risques physiques, les « services » d’à peu près tous les pays du monde. Assange n’a jamais apporté d’explications sur
ses motivations d’être porte-parole de WikiLeaks !
6. L’existence même d’un site du type WikiLeaks n’est pas en danger : d’autres reprendront le système. Ce qui est contesté c’est le fait qu’à peine 40% des informations et documents réceptionnés au sein de WikiLeaks soient censurés. Ok, les USA ont beaucoup de secrets mais pas uniquement militaires et pratiquement tous les autres pays de la planète ont leurs secrets.

Au sein de WikiLeaks, il n’y a plus qu’une seule bataille : tous contre les USA.

7. Assange est effectivement « brut de décoffrage », un pur australien genre Crocodile Dundee mais il n’est pas connu pour son côté génial avant ses apparitions, qui connaissaient le nom d’Assange ?

Qui connaissait ce hacker qui aurait piraté la NASA ???
8. Si Assange est CIA, leurs manœuvres tournent mal mais c’est une habitude dans cette « agency ». Peu probable sauf si CIA s’est retournée contre l’US Army et pire, la Maison Blanche.

9. Une certitude pour une des fuites majeures de l’US Army : Manning, celui qui a sorti les documents était connu de l’US Army comme ayant des problèmes psychiatriques. Son arme de service avait été désactivée 1 an avant les fuites. OK, tout ne va pas au mieux au pays de l’Oncle Sam mais pas au point de donner des accès à des salles et des documents classifiés. A savoir, ce type de personnel est « criblé » (très surveillé) et est régulièrement soumis à des tests psychologiques.


10. Des « collecteurs » de WikiLeaks disposent d’une moyenne de 30 à 40% d’informations confidentielles concernant les USA ET l’OTAN dont pratiquement la moitié est à caractère politique ou financier et non militaire. Le reste des documents qui devraient être publiés représentent entre 60 et 70% d’informations d’origine (dans l’ordre d’importance) :

Proche Orient, Russie, Chine, Europe. Aucun n’est publié : raison invoquée par WikiLeaks : manque de moyens.

OK, mais alors pourquoi ne pas respecter une règle proportionnelle de publication ? Où est la publication de listes d’espions russes ou chinois fournies et complétés pas des sources confirmées ?
11. Je ne vais pas me prononcer sur des guerres entre CIA et US Army. Pas plus, pas moins probablement que dans toutes les administrations. Il est inutile de penser qu’au delà de quelques croche-pieds, cette lutte prenne cette ampleur au nez des services secrets, des politiciens US et surtout de la Maison Blanche.

12, Un des problèmes d’éthique de WikiLeaks est de localiser et identifier ses sources alors que l’on déclare le contraire sur le site. Oui, ces données sont protégées mais rien n’est inviolable. Et pourquoi prendre un tel risque ? Si ce n’est être une monnaie d’échange ?

13. Une manœuvre d’une « agency » US ? Si c’est le cas, elle ne peut émaner que du plus haut de l’Etat : La Maison Blanche et être dirigée que par un ou deux conseillers du Président. Quelles raisons ?

- McCrystal est parti pour des raisons bien professionnelles et Petraeus a été manipulé par la Maison Blanche (ou il a été d’accord de jouer le jeu).
- L’Afghanistan sera LE thème de la prochaine campagne présidentielle. Elle va débuter progressivement en 2011 après les élections de la Chambre et du Sénat en Novembre 2010.
- Malgré les déclarations de Pétraeus sur l’assurance de pouvoir décider du retrait d’Afghanistan, la Maison Blanche a fait savoir que la date de retrait (fixée mi 2011) n’était pas négociable. Pourquoi ?

*
Parce que si le Président Obama veut se faire réélire pour un second mandat, il devra s’appuyer sur l’image de son prix Nobel.
*
Monter des manœuvres (WikiLeaks entre autres),
*
le retrait des sociétés de sécurité (dans deux mois), d’Afghanistan
*
un accord de paix Israël/Palestine justement dans un an … Le Président Obama a compris qu’en matière de politique intérieure, avec le blocage des Républicains, que la reprise économique n’est pas pour demain et que le chômage ne sera pas résorbé pour les prochaines élections.

La seconde moitié de son mandat servira à la politique internationale et à être celui qui aura ramené tous les soldats américains à la maison, y compris ceux d’Afghanistan. Imaginez l’impact électoral du dernier soldat US rentrant aux USA quelques mois voir quelques semaines avant l’élection ? Ce même soldat envoyé combattre par « le vilain Bush », qui est … républicain !
Et voilà justement un WikiLeaks qui publie un maximum de réalités sur l’Afghanistan et un Julian Assange transformé en machine dirigée contre les républicains. La guerre en Afghanistan, c’est eux.


14. Attention, j’écris au conditionnel : des manœuvres secrètes menées par un très petit nombre et avec la bénédiction du Président des USA n’ont jamais été couronnées de succès : Kennedy, le Watergate ont été des « affaires » qui ont été des échecs. Pourquoi ? Pour garder le secret, un ou deux hommes seulement dirigent la manœuvre. Politiciens, ce sont des amateurs de la manipulation. C’est une des bonnes raisons pour que CIA, NSA, FBI et Services Secrets US doivent disposer d’un nombre importants d’agents et de moyens.
Les républicains ne sont pas dupes : au sein de WikiLeaks, d’autres
qu’Assange, ont des contacts journaliers avec des politiciens républicains.
Assange inculpé, une bonne idée pour lui donner le rôle d’un martyr mais cela a l’effet contraire : les autorités suédoises n’ont pas assurés leurs rôles : trop de précipitation, de communiqués … Personne ne sait plus aujourd’hui s’il faut inculper ou non Assange !
S’il est inculpé, il prend l’opinion publique internationale à témoin mais il perdra WikiLeaks. Déjà, sous les yeux horrifiés des services de renseignements étrangers (chinois et russes en tête), agissent « les collecteurs » des informations données par les informateurs de
WikiLeaks. Elles ne sont plus transmises « au centre névralgique de WikiLeaks ».
Des réseaux entiers d’informations WikiLeaks passent dans un réseau parallèle de collecte et analyse d’informations : Genesis. Ce projet a été initié par les républicains au temps de Bush. Une sorte de réseau international de stockage de données.

Si l’on peut faire un jeu de mots, WikiLeaks « se liquéfie » et des informations ultrasecrètes sont dispersées. Des fuites organisées et maîtrisées deviennent des torrents, bientôt des océans. Rien qu’en Belgique, plus de 6 000 000 de documents confidentiels ont été récoltés de Juin 2010 à Août 2010 sans avoir été transmis et publiés. Aucun document ne concerne les USA.

15. Pourquoi avoir peur ?
Pas mal d’espions professionnels commencent à décéder ici et là. Certains sont manipulés : ils sont mal payés et c’est la crise pour tous. Et il y a tous ceux qui trahissent sans être pris. Il est
probable que CIA, NSA, FSB, ISI et autres « agency » commencent à ne plus maîtriser la situation. « Les offres » financières se multiplient pour infiltrer WikiLeaks : plus d’un million pour de simples « informations de l’intérieur du réseau » jusqu’à des « investissements à longs termes » pour infiltrer, manipuler WikiLeaks.
La crise n’est pas pour tout le monde.
Assurer à chacun qu’un collaborateur bénévole, ne cède à la tentation relèverait d’un mensonge inutile.

(...)




Shokin
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
Avatar de l’utilisateur
shokin
Maire
 
Messages: 492
Inscription: Ven Juil 16, 2004 11:21 am

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Guilhem » Lun Déc 06, 2010 10:56 pm

Traduction Google?
Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l'homme juste est aussi en prison.
- Henri David Thoreau
http://www.moutonmarron.blogspot.com
Avatar de l’utilisateur
Guilhem
Ministre
 
Messages: 3817
Inscription: Dim Mar 20, 2005 8:18 pm
Localisation: Sous un toit.

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede Normal + » Mar Déc 07, 2010 6:17 pm

Je ne vois pas où est "l'interêt public" dont parle Assange, dans la publication de la localisation des sites sensibles.
Avatar de l’utilisateur
Normal +
Député
 
Messages: 787
Inscription: Ven Juin 06, 2003 12:32 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede -=Cigaro=- » Mar Déc 07, 2010 9:28 pm

Voici une réponse intéressante (croustillante) à la question de Myriade, "Pourquoi Le Monde publie Wikileaks ?", du blog de China Matters :

Wikileaks is Bullsh*t

En résumé, il mentionne que ce sont les journalistes du Guardian, NY Times, El Pais, Le Monde qui décident à chaque jour quels "câbles" seront révélés et quels passages seront coupés. On y insinue que ces mêmes journalistes rédigeraient certains de ces "câbles", en modifiant le contenu, alors qu'on fait de monsieur Assange un martyr. Ce serait la façon qu'a trouvé les États-Unis de contrôler ce matériel. Opinion divergente mais tout de même intéressante.
Avatar de l’utilisateur
-=Cigaro=-
Ministre
 
Messages: 3087
Inscription: Ven Déc 09, 2005 7:44 pm

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede shokin » Mer Déc 08, 2010 5:49 pm

In retaliation for refusing to let Mastercard customers donate to Wikileaks, 4Chan-based hackers and the Internet vigilante group Anonymous have successfully taken down the website of Mastercard.com with orchestrated DDOS attacks.

The Anonymous-backed Operation Payback which is taking responsibility for these attackes, has also lead previous efforts against the RIAA. Operation Payback is organizing its WikiLeaks and Julian Assange support efforts through the @Anon_Operation Twitter account and here.

Attacks have also hit Paypal and Swiss bank PostFinance and other sites which have refused service to Assange. EveryDNS.net, Visa as well as Amazon are also possible targets.

Assange himself was arrested in London yesterday under allegations of sexual mis-conduct and will be held in custody until December 14th. It remains to be seen how the WikiLeaks saga will play out, but it is very obvious that the entire Internet will be the battleground.


Source

Ouais, la contre-attaque contre PostFinance, PayPal, MasterCard & Visa bat son plein !!!

Let's sustain WikiLeaks !



Shokin
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
Avatar de l’utilisateur
shokin
Maire
 
Messages: 492
Inscription: Ven Juil 16, 2004 11:21 am

Re: Pourquoi le Monde publie Wikileaks ?

Messagede shokin » Mer Déc 08, 2010 6:28 pm

Les hackers contre-attaquent !


Plusieurs sites internet, dont celui de MasterCard, ont été la cible d'attaques informatiques ces derniers jours. Des défenseurs de WikiLeaks entendent ainsi mener des représailles après l'arrestation du fondateur du site controversé.

L'opération « Représailles » («Payback», en anglais) est lancée. Plusieurs sites en conflit avec Wikileaks ont fait ces derniers jours l'objet d'attaques informatiques, qui consistent à inonder les sites visés de requêtes, afin de bloquer leur fonctionnement. C'est notamment le cas de Mastercard, dont le site est indisponible depuis plusieurs heures, ce mercredi.

Des soutiens de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, ont revendiqué dans un message Twitter la responsabilité des problemès technologiques de Mastercard. «Nous sommes ravis de vous annoncer que http://www.mastercard.com/ est hors service et que cela est confirmé», écrit sur le réseau social un groupe se faisant appeler Anon0ps et affirmant lutter contre la censure.

La société américaine a reconnu connaître «un trafic important» sur son site, précisant qu'elle tentait de restaurer le service mercredi. «Les problèmes techniques du site n'ont pas d'impact sur les consommateurs qui utilisent leurs cartes de crédit pour des transactions sécurisées», a précisé la société, qui avait suspendu mardi ses relations avec Wikileaks, en bloquant des dons en faveur du site.

Le parquet suèdois lui aussi visé

D'autres entreprises américaines, comme Visa, Amazon.com, Every DNS ou PayPal ont également coupé les liens avec Wikileaks. PayPal, qui a rencontré des problèmes sur son site lundi, affirme n'avoir reçu aucune pression des Etats-Unis l'incitant à bloquer le compte de WikiLeaks. «Il s'agit d'un gel, pas d'une confiscation», assure le porte-parole de la société. Cette suspension pourrait durer «180 jours maximum».

Swiss PostFinance, département bancaire de la Poste suisse, a également fermé un compte de dons en faveur de WikiLeaks et a pris des mesures de protection afin de contrer une vague d'attaques.

Mark Stephens, principal avocat d'Assange à Londres, a démenti que le fondateur de WikiLeaks ait donné des instructions pour lancer des attaques contre d'autres sites internet.

Ces attaques s'inscrivent dans une vague de soutien à WikiLeaks après l'arrestation de son fondateur, Julian Assange, qui s'est livré mardi à la police londonienne. Actuellement incarcéré en Grande-Bretagne, il tente de s'opposer à une extradition vers la Suède. La justice de ce pays veut l'entendre après les accusations de viol et agression sexuelle portées à son encontre par deux Suédoises. Le site Internet et les e-mails de l'avocat des ces deux femmes ont été visés par une attaque informatique et le site du parquet a été rendu inaccessible par les mêmes pirates.


Source : LeFigaro

Les défenseurs du fondateur de WikiLeaks ont mené des représailles contre plusieurs sites mercredi sur internet

Regroupés sous le nom "Anonymous", ces pirates ont notamment pris pour cible le site internet de l'Américain Mastercard, pour se venger de son blocage des dons en faveur de WikiLeaks.

Sur le site internet anonops.net, ils présentent l'opération "Payback" comme le début de "la première guerre informatique". Dont "le champ de bataille est WikiLeaks".

Ces pirates informatiques ont revendiqué sur leur compte twitter l'attaque du site de Mastercard mais aussi celui du Suisse Postfinance, pour les mêmes raisons. "Le groupe qui a désactivé une banque suisse a maintenant désactivé Mastercard.com", écrivent-ils.

Le site de l'entreprise de cartes de crédit était en effet indisponible vers 12H00 (heure de Paris). MasterCard a fait état d'un flux concentré de requêtes visant son site et un ralentissement du trafic mais a indiqué que ses systèmes n'ont pas été endommagés.

Egalement victime d'attaques, Postfinance, la banque de la poste suisse qui a fermé un compte de Julian Assange, a assuré mercredi que ces "pirates informatiques" n'avaient pas mis en danger la sécurité des systèmes de paiements ou de gestion des comptes. Un porte-parole a indique que "la situation s'est améliorée mercredi, mais les attaques continuent".

D'autres sites internet en relation avec WikiLeaks ont été attaqués par des pirates non identifiés, notamment le service de paiement PayPal, mais aussi le site et les courriels de l'avocat des deux Suédoises accusant le fondateur de WikiLeaks Julian Assange de "viol et agression sexuelle".

Qui sont les hackers d'Anonymous ?
Le groupe de pirates informatiques, baptisé "Anonymous", qui a lancé la série d'attaques de mercredi se monterait à un millier de personnes partageant le même genre d'idéaux. C'est ce qui ressort d'une interview de l'un d'eux réalisée par le journal britannique The Guardian.

Selon ce hacker qui se fait appeller "Coldblood", il n'y a pas de structure dirigeante au sein du groupe, composé à majorité d'adolescents mais aussi d'adultes et de pros du web disposant de temps et de ressources. Ils se regroupent autour de certaines causes quand l'envie leur prend. Il suffit que la majorité la juge bonne à défendre et elle devient une cause des "Anonymes".

Dans le passé, ils s'en sont pris à l'Eglise de Scientologie, à la RIAA (qui défend les intérêts de l'industrie de la musique aux USA), aussi bien qu'à Gene Simmons de Kiss.

"Nous sommes contre les interférences des entreprises et du gouvernement sur internet. Nous pensons que ce devrait être ouvert et libre pour tous. Le gouvernement ne devrait pas censurer parcequ'il n'est pas d'accord", résume "Coldblood". " (LN)

Plainte contre Visa
Une société islandaise permettant à WikiLeaks de recevoir des dons, DataCell, porte plainte contre Visa.

"DataCell, qui facilite les paiements vers WikiLeaks, a décidé de prendre des mesures légales immédiates (contre Visa) pour rendre de nouveau possibles les dons", écrit mercredi dans un communiqué la société basée à Reykjavik.

Visa et son rival Mastercard ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs autorisations de paiement vers le site WikiLeaks.


Source : InfoFrance2

LONDRES (AP) — Des soutiens de WikiLeaks ont riposté mercredi contre les ennemis supposés du site et de son fondateur en détention Julian Assange. D'apparentes représailles de pirates informatiques ont ainsi visé Mastercard, des procureurs suédois et un avocat suédois entre autres.

Des militants hackers opérant sur Internet dans le cadre de l'"Operation Payback" (opération vengeance) ont revendiqué dans un message Twitter la responsabilité des problèmes technologiques essuyés par MasterCard, qui, la veille, avait suspendu ses relations avec le site WikiLeaks.

MasterCard a reconnu mercredi avoir connu des perturbations importantes, affectant notamment son système de vérification des transactions sécurisées pour les paiements en ligne.

MasterCard est la dernière d'une série de compagnies internet basées aux Etats-Unis, dont Visa, Amazon.com, PayPal et Every DNS, qui ont coupé les liens avec WikiLeaks sous la pression insistante du gouvernement américain. Visa disait mercredi ne pas connaître de problèmes techniques.

Les attaques informatiques constatées consistent notamment à inonder les sites visés de requêtes afin de bloquer leur fonctionnement. Elles s'inscrivent dans une vague de soutien à WikiLeaks après l'arrestation de son fondateur. Twitter était inondé de messages de solidarité avec WikiLeaks et la page Facebook du site a atteint un million d'amis.

Après avoir mis en ligne des centaines de câbles diplomatiques américains confidentiels, le site WikiLeaks subit des pressions sur de nombreux fronts. Julian Assange, qui s'est livré mardi à la police londonienne mardi, est actuellement incarcéré en Grande-Bretagne et tente de s'opposer à une extradition vers la Suède. La justice suédoise veut l'entendre après les accusations de viol et agression sexuelle portées à son encontre par deux femmes.

De plus, Visa et MasterCard ont annoncé mardi la suspension de tous les paiements à WikiLeaks dans l'attente d'éclaircissements sur la situation du site Internet. Un coup dur pour l'organisation, qui dépend des donations faites en ligne pour financer ses opérations. L'entreprise de paiement en ligne PayPal avait déjà rompu ses liens avec WikiLeaks, et lundi, Postfinance, filiale bancaire de la Poste suisse, avait décidé de fermer le compte bancaire suisse de Julian Assange.

Cela n'a pas empêché néanmoins WikiLeaks de publier dans la nuit de nouveaux câbles diplomatiques américains. Certains de ces documents révèlent que le gouvernement britannique redoutait une réaction violente des autorités libyennes si le Libyen Abdelbaset Ali al-Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie, n'était pas remis en liberté.

D'autres télégrammes montrent le soulagement de Londres après la remise en liberté du Libyen, le 20 août 2009, pour raisons humanitaires: les spécialistes britanniques consultés estimaient alors que son cancer de la prostate lui laissait moins de trois mois à vivre. Accueilli en héros à son arrivée à Tripoli, cet homme de 58 ans est toujours en vie aujourd'hui. AP


NouvelObs

WASHINGTON — Le site internet WikiLeaks a attaqué les émetteurs de cartes bancaires américains Visa et MasterCard, qui ont suspendu tous les paiements vers ce site, en révélant mercredi un câble de l'ambassade des Etats-Unis à Moscou censé montrer les liens de ces sociétés avec l'Etat.

"Visa et Mastercard bénéficient du travail de lobbying du département d'Etat", a indiqué WikiLeaks en présentant ce câble daté du 1er février.

"Un projet de loi russe exigerait un traitement national des données bancaires", indiquent en objet les diplomates en poste à Moscou.

Ils y attirent l'attention de Washington sur la possibilité que Visa et MasterCard, nommément désignés, puissent être exclus d'un marché estimé à 4 milliards de dollars de commissions annuelles, dans l'hypothèse où la Russie confierait à un consortium de banques appartenant à l'Etat russe le monopole sur le système national de traitement des paiements par carte bancaire.

"Si des sociétés internationales de cartes bancaires comme Visa et MasterCard choisissaient de ne pas rejoindre [ce consortium, ndlr], elles devraient mettre sur pied l'infrastructure pour traiter les paiements sur le territoire", au lieu de le faire depuis un autre pays, résume l'ambassade.

Mardi, Visa et MasterCard ont tous deux annoncé qu'ils suspendaient les transferts de fonds vers WikiLeaks. Visa disait attendre des "éléments supplémentaires" pour savoir si l'activité du site était conforme à ses "règles de fonctionnement", tandis que MasterCard qualifiait cette activité d'"illégale".

L'émission de cartes bancaires est un secteur d'activité où les entreprises américaines sont prépondérantes dans le monde. En septembre, les Etats-Unis avaient porté plainte devant l'Organisation mondiale du Commerce contre la Chine, qui s'était engagé en 2006 à ouvrir son marché des services financiers, mais maintenait un monopole d'Etat sur la plupart des transactions par carte bancaire, par le biais du consortium China Union Pay.


Source : Google

WikiLeaks ou "la première guerre de l'information". L'expression a été lâchée par l'essayiste américain John Perry Barlow. "La première guerre de l'information est maintenant engagée. Le terrain de cette bataille est WikiLeaks. Vous êtes les troupes", écrit-il sur Twitter.

Un message aujourd'hui repris par le groupe de hackers des Anonymous qui appellent tous les internautes à s'engager et "se battre [pour] le futur de l'Internet". Un discours belliqueux qui reflète la tension entre les pro- et les anti-WikiLeaks.

Avec la divulgation au compte-gouttes de 251.287 notes diplomatiques américaine confidentielles, le site WikiLeaks ne s'est pas fait que des amis, loin de là... La manœuvre a largement été dénoncée par les Etats-Unis, parlant de "crime". Un message repris à l'international par de nombreux pays. "Il faut qu'on soit très solidaires au niveau des Etats pour lutter contre ce qui est une menace" contre "l'autorité et la souveraineté démocratique", a insisté le porte-parole du gouvernement français, François Baroin.

Pressions politiques, attaques informatiques et interdits bancaires

Les Etats-Unis se sont échinés à entraver les divulgations de WikiLeaks. Amazon a, par exemple, cessé d'héberger WikiLeaks à la suite d'une requête du sénateur américain Joe Lieberman, sans plus d'explications, laissant planer un soupçon de pressions politiques. Par la suite, la société américaine EveryDNS.net a tout simplement effacé le nom de domaine "wikileaks.org", arguant d'attaques informatiques incessantes contre le site. Des attaques bien réelles, mais qui ne suffisent pas à légitimer la suppression d'un nom de domaine déposé.

Depuis le début de ses révélations, WikiLeaks est la cible de nombreux pirates qui tentent de rendre le site inaccessible. Des pirates personnifiés par le hacker nationaliste Jester qui a revendiqué batailler contre "WikiLeaks [qui] met en danger la vie de nos soldats".

Après les cyber-attaques, WikiLeaks a dû jouer avec les interdits bancaires. Le premier a été le service de paiement en ligne PayPal qui a décidé de "restreindre de façon permanente l'accès au compte utilisé par WikiLeaks", alors que la société collectait de nombreux dons faits à l'organisme. Par la suite, MasterCard et Visa ont bloqué toute transaction vers le site.

Appel au boycott et au DDoS

Il n'en fallait pas plus pour que de nombreux internautes se soulèvent en faveur WikiLeaks. Un certain nombre d'entre eux a ainsi créé des "sites miroirs", permettant de toujours garder une version accessible du site. De même, l'ensemble des documents révélés ne cesse de s'échanger via les réseaux peer-to-peer, en particulier sur le site The Pirate Bay, afin de ne jamais disparaître.

Par ailleurs, le groupe de hackers des Anonymous a affiché un soutien clair à WikiLeaks, appelant les internautes à "boycotter" PayPal et même à l'attaquer avec des déni de service (DDoS) visant à saturer le site en requêtes. Le blog officiel de la société a ainsi été mis hors ligne, avant des attaques contre le site officiel Paypal.com.

Un appel à "retirer tous ses dollars" de PayPal a également été lancé par le site The Pirate Bay, s'inspirant de l'initiative d'Eric Cantona pour les banques.

Enfin, le site officiel de MasterCard a également été mis hors ligne après plusieurs attaques revendiquées par les Anonymous. La nouvelle cible étant le site Visa.com.

La France, relai des Etats-Unis

En France, WikiLeaks soulève également son lot de réactions. Du côté du gouvernement, le ministre chargé de l'Economie numérique, Eric Besson, a réclamé la fin de l'hébergement du site par le Français OVH, réfutant toute "censure".

Une "action [qui] ne semble se baser sur aucune loi qui rende le site illégal", souligne le Parti Pirate. Au contraire, "elle semble se baser sur la préservation des élites dirigeantes que la divulgation des informations en possession du site WikiLeaks pourrait mettre à mal", avance le parti.

"C'est la première fois que nous observons une tentative de censure à l'échelle internationale d'un site dont la vocation première est la transparence", s'est indigné Reporters Sans Frontières. "Nous ne pouvons qu'être sidérés par le fait que des pays comme la France et les États-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d'expression sur celle de la Chine", a poursuivi RSF.

L'hébergeur OVH a saisi les tribunaux sur la "légalité ou pas de ce site sur le territoire français". Autant à Lille qu'à Paris, les tribunaux de grande instance ont rejeté les requêtes, renvoyant OVH devant ses responsabilités. Un répit, avant une nouvelle tentative d'entrave...

"Deux camps s'affrontent dans un combat qui pourrait être l'un des plus importants que nous ayons à mener pour l'avenir de nos démocraties", résume enfin la Quadrature du net.


Source : NouvelObs

WikiLeaks fait perdre les illusions sur les rapports avec Washington

VARSOVIE - Les documents concernant les relations polono-américaines, révélés par le site WikiLeaks, font "perdre les illusions" sur les rapports de Washington avec ses alliés, a estimé mardi le Premier ministre polonais Donald Tusk.

"Nous avons réellement un problème grave. Ce n'est pas un problème d'image comme dans le cas de certains Etats, ce n'est pas un problème de réputation comme c'est le cas des Etats-Unis", a déclaré M. Tusk devant la presse.

"C'est un problème de perte des illusions en ce qui concerne le caractère des relations entre différents pays, y compris des alliés aussi proches que les Etats-Unis et la Pologne", a-t-il poursuivi.

Des télégrammes diplomatiques diffusés par le site WikiLeaks et publiés mardi par le Guardian "jettent une lumière crue sur le caractère des relations des Etats-Unis avec la Pologne et les autres alliés", a-t-il ajouté.

Le président polonais Bronislaw Komorowski est attendu mercredi à Washington, à l'invitation du président américain Barack Obama.

La question des fuites de WikiLeaks sera "sans doute un point important dans la discussion qu'aura le président Komorowski avec le président Obama", a estimé M. Tusk.

Un télégramme de l'ambassade des Etats-Unis à Varsovie, daté de février 2009, rapporte que les responsables polonais avaient en automne 2008 manifesté leur déception en apprenant que "les missiles Patriot ne seraient pas, du moins dans un premier temps, opérationnels".

Un vice-ministre de la Défense de l'époque avait "répondu avec colère que la Pologne s'attendait à recevoir des missiles Patriot opérationnels et non pas de plantes en pot", selon le message de l'ambassadeur.

Les responsables polonais se sont également montrés profondément déçus face à l'envoi d'effectifs américains beaucoup plus faibles qu'attendu pour accompagner les Patriot.

"Les Polonais pensent que le personnel attaché en permanence à la batterie sera d'environ 110 personnes (...)", indique le message daté du 13 février 2009.

"Les projets américains actuels semblent prévoir seulement 20 à 30 personnes pour entretenir à l'avenir l'équipement déployé", poursuit le texte signé de l'ambassadeur américain de l'époque Victor Ashe.

La Pologne est un allié fidèle des Etats-Unis. Plus de 15.000 soldats polonais au total ont participé en cinq ans à l'opération américaine en Irak jusque fin 2008. Durant les cinq années et demi de leur déploiement, les Polonais ont perdu 22 hommes et compté 70 blessés.

La Pologne apporte également une contribution importante à la mission de l'Otan en Afghanistan où elle déploie 2.600 hommes.


Source : Romandie.com



Pour l'instant, au moins les groupes suivants se sont opposés à WikiLeaks :

- Visa
- MasterCard
- Swiss PostFinance
- PayPal
- Amazon
- Every DNS
- le gouvernement états-uniens
- le gouvernement français
- ...

Ne manquent plus que les hackers ne s'attaquent à UBS et Crédit Suisse.

Et au moins les groupes suivants soutiennent WikiLeaks :

- Le Parti Pirate en Suisse
- le groupe de hackers Anonymous
- le groupe de hackers ColdBlood
- Anon0ps
- Khadafi
- Eric Cantona (ce n'est pas directement lié, mais voilà deux motivations différentes de faire un même acte : retirer son argent de certaines banques)
- la société islandaise DataCell (qui porte plainte contre Visa)
- The Pirate Bay
- ...

Cette guerre de l'information nous fait remettre sur le plateau les débats sur la transparence, la censure et la confiance, mais aussi :

- remet en question la crédibilité que les citoyens peuvent accorder à leurs dirigeants,
- permet aussi de nuancer les idées reçues sur les hackers, nous donne l'occasion de ne pas les mettre tous dans le même paquet.



Shokin
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
Avatar de l’utilisateur
shokin
Maire
 
Messages: 492
Inscription: Ven Juil 16, 2004 11:21 am

Suivante

Retourner vers Politique internationale

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités