OWNI

Débats de fonds sur la politique internationale.

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Messagede shokin » Lun Fév 28, 2011 7:57 pm

Salut à toutes et à tous,

Depuis l'affaire WikiLeaks, je m'informe régulièrement sur notamment le site http://www.owni.fr .

Après différentes lectures, dont les suivantes que je vais citer, je pense que nous pouvons en profiter pour démocratiser l'information.

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Owni, c'est la gratuité de l'information.

Owni, c'est du tout en licence libre (Creative Commons).

Owni, c'est une forme de journalisme qui s'adapte aux technologies et aux changements d'habitudes provoqués par celles-ci.

Owni, c'est - je ne saurais mieux expliquer - ce qui suit :

Depuis leur “soucoupe” cachée dans le 11e arrondissement de Paris, une joyeuse bande publie ses infos sans souci de rentabilité immédiate. Sur le site owni.fr, on traite de l’actu du numérique, mais aussi des médias, d’éducation, de réseaux sociaux… Leur maître mot ? Rester libres et innover encore et encore dans le traitement et la présentation de l’information. Reportage de notre envoyé spatial.

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Faite de bric et de broc : c'est la première impression que l’on ressent quand on arrive à la rédaction d'Owni.fr, à deux pas de la place de la République, à Paris. Une rédaction perchée sous les combles, signalée depuis la rue par des affichettes A4 sur lesquelles est inscrit « 22mars », la société éditrice du site. Quatre petites pièces, qui ressemblent un peu à des préfabriqués, où les bureaux sont de simples planches posées sur tréteaux. Sous l’œil somnolent de Louloute, la mascotte canine des lieux, une vingtaine de personnes sont affairées, malgré la pénurie de café.

Avril 2009 : des gens venus du Net se rassemblent sur le Net. Leur idée : créer un média innovant. Pour cela, une communauté faite de plusieurs centaines d’auteurs se forme pour favoriser le débat public sur les libertés numériques. Un an et demi plus tard, six à huit articles sont publiés chaque jour sur Owni, dont un tiers existent déjà ailleurs (« des cross-posts »), avec la volonté d'être un média à part entière. La question numérique constitue l'ADN du site, mais l'on y traite autant de l'actualité des médias, d'éducation, de politique, des réseaux sociaux, de culture geek, du business de la musique, etc. Tout est publié sous la licence Creative Commons – c'est-à-dire la possibilité pour les internautes de réutiliser gratuitement une œuvre intellectuelle dans le respect du droit d'auteur. Owni serait donc une plate-forme de partage journalistique épousant une certaine utopie de l'Internet collaboratif.

De fait, le modèle économique d'Owni tranche avec celui des médias traditionnels : il est à but non-lucratif avec, dans le rôle du mécène, la société 22mars, présidée par Nicolas Voisin (qui s'est fait connaître avec la webTV Politic'Show). 22mars gagnant de l'argent grâce à la création de sites et de médias sociaux, de la formation ou du conseil en stratégie en ligne, Owni n'a pas besoin de rentabilité financière. Du coup, il n'y a pas de pub sur le site. L'abonnement payant ? Tout aussi hors de question. Un privilège, selon Nicolas Voisin, cofondateur et directeur de la publication : « On ne cherche pas à faire du chiffre mais à créer du lien. On peut se permettre de faire primer le qualitatif sur le quantitatif : on gagne chaque mois plus qu’on dépense. Cela nous rend libre. » Dans un édito, il détaille le chiffre d’affaires : 234 000 € en 2009, et un objectif de un million pour 2011. La situation est d’autant plus confortable que, dans le cadre d'une levée de fonds, un investisseur s’est manifesté en la personne de Xavier Niel, fondateur de Free et bientôt actionnaire du groupe Le Monde [auquel appartient Télérama, NDLR].

« Personne ne sait où va la presse, mais il y aura toujours des médias. C’est le moment d’expérimenter. L’Internet est une chance pour le journalisme », estime Jean-Marc Manach, blogueur réputé et récente recrue. Il est également l’un des rares rédacteurs présents sur place. Développeurs, designeurs, éditeurs se partagent une rédaction où tout le monde est rédacteur en chef. « On n’a pas la réponse à la crise de la presse. On ne tient pas de discours anti-payant, ou contre le print. On veut simplement innover en faisant différemment », renchérit Nicolas Voisin. Faire différent, à quoi ça ressemble ? C'est déjà faire beau, avec une interface sobre et riche, où la hiérarchie entre les informations existe et fait la part belle aux propositions originales de lectures. « On travaille sur l’espace-temps, sur la navigation, dans un but d’apporter de la richesse de lecture. » Ainsi existe-t-il trois lectures différentes selon qu'elle soit journalière (la page d’accueil, celle de la veille et de l’avant-veille), hebdomadaire ou mensuelle (deux autres dispositions). Sans compter la page Live, qui fait office de flux d’actu numérique.

Sur le fond, cela ressemble à un magazine en ligne où le graphisme serait aussi important que l'écriture. Des infographies, des tribunes et des articles variés écrits avec une volonté d’exhaustivité (parfois trop), autant empreints de sérieux qu'imprégnés de la culture du blog et de sa subjectivité affirmée. Mais ce qui fait la spécificité d'Owni, c'est l'attachement au journalisme de données (datajournalism), c'est-à-dire le traitement d'une information par ses chiffres. Le site met à disposition des documents, des visualisations par cartes ou par graphiques, et surtout crée des applications participatives où l’internaute est invité à mettre la main à la pâte. « Les lecteurs font partie de l’information, dans la façon de la relayer, de se l’accaparer. Cela redéfinit le travail vertical du journaliste », explique Guillaume Ledit, community manager du site. Un travail sur les données qu’Owni prévoit d’exporter dans les écoles à partir de brochures et de PDF au sujet d’Internet.

Pé-da-go-gie, donc, comme nous le répètent les habitants de la soucoupe – le petit surnom du site –, comme pour justifier une démarche aussi rafraîchissante qu’éloignée des habitudes médiatiques. Même si elle peut parfois recouvrir certaines approximations. Fin juillet, le site mettait au point l’application War Logs, encourageant quiconque à picorer parmi la mine d’information délivrée par Wikileaks. A l’intérieur se trouvaient les fameux noms de sources afghanes. Un document brut doit-il être transmis au lecteur sans médiation journalistique ? A cette polémique, il était répondu que les informations avaient déjà été inspectées par d’autres journaux. Au-delà des tâtonnements inhérents à toute innovation, cette application était également remarquable pour être le fruit d’un partenariat avec Le Monde diplomatique et Slate.fr. Ajoutons à celui-là les réguliers « cross-posts » avec Mediapart et Rue89 pour assurer qu’aujourd’hui la parole d’Owni compte. Et peu importe que le nombre de visiteurs uniques par mois ne soit « que » de 150 000, le site se fait progressivement une place sur les carrefours de l'information française. Voire plus : il vient d’être nommé aux très réputés Online Journalism Awards, sortes d’Oscars du Web à l’échelle mondiale.

Cette reconnaissance, au moins par ses pairs, donne à l'équipe des désirs d'avenir. Ainsi vient de naître Ownimusic, pour analyser les fertiles territoires musicaux en matière de possibles business-models. Citons aussi la section en anglais Owni.eu, et surtout cette prochaine « aventure journalistique [qui sera] politique », intitulée pour le moment ORTF, afin de préparer la prochaine élection présidentielle. Une publication papier est même envisagée, sur le modèle de la revue Usbek & Rica. Au fait, Owni, cela veut dire Objet Web Non Identifié. L’affirmer ferait un beau cliché pour finir un article, on n’y coupe pas.


Source : Télérama.fr



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Re: OWNI

Messagede shokin » Lun Fév 28, 2011 7:57 pm

Owni, le renouveau du journalisme en ligne ?

"Nous ne sommes pas un média composé de journalistes, de rédacteurs en chef et de chefs en sous strates, mais un éditeur de médias composé lui-même d’éditeurs, accompagnés (et légalement portés) par un directeur de publication"

Quel canard serait assez fou pour croire à ces théories soixante-huitardes de travail en réseau où la hiérarchie est secondaire ? Le Post ? Le Monde ? Un pure player type Mediapart ou Rue89 ? Non pas du tout. Il est ici question du magazine en ligne Owni.

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Owni est un magazine en ligne créé il y a maintenant un peu plus d’un an et c’est l’un des pure player les moins connu. Paradoxalement, c’est l’un des rares qui soit rentable. Sur Owni, on trouve beaucoup d’articles sur les rapports informations / réseau et sur l’évolution du journalisme. Le contenu est assez geek (ou culture numérique si vous préférez, ça fait plus classe), l’objectif du magazine étant d’analyser les impacts d’internet sur les sociétés. L’audience est donc potentiellement moins importante que celle d’un généraliste en ligne type LeMonde.fr ou Rue89. Mais ça, on s’en fout. On s’en fout parce que le véritable intérêt d’Owni c’est que le magazine et son équipe sont en train de renouveler le journalisme en ligne.

Techniquement

Là où le CMS Drupal est devenu le standard des journaux et magazines en ligne (Rue89, Mediapart et tout récemment Slate.fr), Owni est propulsé par le "moteur de blog" WordPress. Déjà, ça fait tâche par rapport aux autres pure player. WordPress est un CMS qui de par son historique [1] n’a jamais été considéré comme étant une solution technique sérieuse pour diffuser du contenu en ligne à grande échelle. Owni démontre le contraire [2]. Owni tourne d’ailleurs sur une version très particulière de WordPress puisqu’il s’agit de BuddyPress. BuddyPress est un outil qui permet de créer un réseau social sur le modèle de facebook. Un réseau social pour un magazine en ligne, ça aussi c’est surprenant.

Owni joue également vraiment le jeu de l’open source. WordPress est logiciel open source. Pour ceux à qui ça ne parle pas cela signifie grossièrement qu’on n’est pas obligé d’acheter une licence pour l’utiliser. Ici pas tellement de différence par rapport à d’autres pure player car la plupart tournent également sur des logiciels open source (très souvent sur du Drupal). A la différence des autres pure player (en tout cas à ma connaissance), Owni fait profiter la communauté de son expertise sur WordPress. J’ai été agréablement surpris de voir une partie de l’équipe assister au dernier WordCamp [3] organisé à Paris. Ils ne se sont d’ailleurs pas contentés de regarder puisqu’ils ont également animé des ateliers. 22 mars, la société éditrice d’Owni fait également partie des sponsors réguliers de l’évènement.

Économiquement

Owni est bénéficiaire. Contrairement à la plupart des patrons jurassiquiens de presse français, l’équipe d’Owni a compris que l’information ne rapportait pas [4].

"L’information n’est pas rentable. Non. Mais elle a un coût. Pourquoi le facturer au citoyen ou s’en remettre à des annonceurs (et donc à la quête d’audience à tout prix) ?"

Partant de ce constat, la société éditrice d’Owni, 22 mars, a d’abord développé une activité de prestations orientée autour de l’intégration de services open source dont WordPress (oh tiens, comme c’est malin) pour lancer après son magazine en ligne, lequel repose justement sur les produits de l’écosystème WordPress. Certains argueront que cela ne s’appelle pas de l’édition mais du mécénat. Peut-être, mais comme le dit Owni :

"Tenter d’imaginer une information d’intérêt public, d’intérêt général, d’intérêt pour la société, c’est se contraindre – forcément ! – à trouver les moyens de ce projet éditorial en amont de sa mise en oeuvre (…). L’information est un engagement"

L’organisation et l’équipe

La rédaction n’est pas organisée à l’ancienne avec un rédacteur en chef, un chef de rubrique et des journalistes. Chez Owni, il y a des éditeurs et un responsable de la publication.

"Nous ne sommes pas un média composé de journalistes, de rédacteurs en chef et de chefs en sous strates, mais un éditeur de médias composé lui-même d’éditeurs, accompagnés (et légalement portés) par un directeur de publication."

J’aime le mot "éditeur" car un éditeur peut être un créateur de contenu (un gars qui écrit, un journaliste – pour rentrer dans les schémas intellectuels des vieilles rédactions) ou un organisateur de contenu (un développeur, un community manager, un infographiste, bref un technicien). Ici la technique et l’edit ne sont pas opposées mais complémentaires. Ce type d’approche a donné lieux à des expériences journalistiques intéressantes :

* un outil de géolocalisation des bureaux de vote à l’occasion des Régionales 2010
* une carte de la vidéosurveillance dans le cadre des Etats Généraux de la Sécurité à l’école
* une infographie du rapport coût/efficacité des G8 puis du G20 de 1975 à nos jours

Owni, inspirez-vous en !

Chez Owni, ils ont compris que le métier de journaliste change et ils s’adaptent. Je souhaite aux autres médias en ligne d’avoir au moins autant d’idées que cette équipe. Et si vous avez pas d’idées les gars, alors au moins allez un peu vous inspirer de ce qui se passe là-bas, quitte à pomper, ça ne peut faire que progresser l’état de l’info en ligne. Sinon, il vous reste toujours les théories type journalisme lol, mais je suis pas sûr que ça sauvera la presse.

Mise à jour du 27/07/2010

Bon timing pour ce billet puisque le jour de sa publication, lundi 26 juillet, Owni publie un article sur la fuite de 91 000 fichiers militaires documentant la guerre en Afghanistan de 2004 à 2009. Dans leur démarche originale de journalisme-en-ligne-qui-tente-des-trucs, plutôt que de se contenter de lâcher l’information et / ou de publier une analyse, Owni a mis à jour cet article toute la journée au fil des différentes analyses et conclusions qu’ils tiraient de ces documents. Lundi, ils annonçaient une application de data journalism exploitant une partie de ces documents. On devrait voir l’application en ligne aujourd’hui mardi 27 juillet. Voilà un traitement vraiment novateur de l’info.

1. WordPress était à l’origine un moteur de blog
2. D’autres l’avaient fait avant, par exemple : la gazette des communes et quebec89 sont propulsés par WordPress
3. (un évènement qui réunit des utilisateurs / développeurs / créateurs de projet qui ont tous pour point commun de privilégier WordPress comme plate-forme de création)
4. Et ce n’est pas le gentil Steeve Jobs et son ipad qui y changeront quoi que ce soit quoiqu’en pensent les patrons jurrassiquiens des médias en ligne


Source : Blog.BarbaYellow.com



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Re: OWNI

Messagede shokin » Lun Fév 28, 2011 8:00 pm

Owni : laboratoire des médias de demain

Le site français Owni vient de remporter un « oscar du journalisme en ligne » en étant récompensé la nuit dernière par l’ONA (Online News Association) dans la catégorie « petit site non anglophone » (non-english small site); une catégorie dans laquelle deux autres sites français avaient été nominés ces deux dernières années (Rue89 et Blogtrotters) sans décrocher la timbale. Owni fait partie des sites dont nous examinons le business model dans le cadre d’une étude en cours sur les nouveaux modèles économiques des médias et les questions de déontologie. Et dont j’ai interrogé le fondateur, Nicolas Voisin, sur son modèle économique de site d’information sans but lucratif en juin dernier.

[Edit 03/11/2010 à 8h00: l'article a été largement actualisé avec les dernières données financières communiquées par Owni]

Déclaration d’intérêt: Nicolas Kayser-Bril, auteur sur le site journaliste-entrepreneur et co-auteur du rapport sur les nouveaux modèles économiques des médias et les questions de déontologie, collabore depuis début 2010 avec Owni dans le domaine du data journalism et il est l’un des associés de la société 22mars.

En l’espace de quelques jours à la fin de mois d’octobre 2010, Owni est passé du rang de petitestart up connue de quelques passionnés français d’innovation éditoriale sur internet, au rang de média cité d’un bout à l’autre du monde au côté duNew York Times, duGuardian ou duSpiegel pour sa participation à la publication des fuites de Wikileaks concernant la guerre en Irak. Un coup de projecteur que Nicolas Voisin (32 ans), le créateur d’Owni, était loin d’imaginer quelques mois auparavant..

Si Julian Assange de Wikileaks a fait appel aux jeunes Français d’Owni, c’est en raison de leur savoir-faire dans le domaine dudata journalism. Un « journalisme de données » qui réclame la maîtrise des questions statistiques, un savoir-faire dans le domaine du développement informatique et du design des interfaces pour mettre en forme des volumes importants de données ainsi qu’un regard journalistique pour leur donner du sens. Owni fait partie des pionniers européens dans ce domaine.

Owni n’est pas un média comme les autres. L’équipe ne revendique d’ailleurs pas l’appellation de média. Owni, un nom qui signifie « objet web non identifié » et ici, on n’écarte rien de ce qui peut contribuer au renouvellement éditorial en exploitant les ressources et les outils du web et des réseaux.

Une culture professionnelle venue du web

Dans les locaux, fin juin 2010, on croisait 4 salariés, 7 contrats de qualification, et 8 « indépendants » (statut d’auto-entrepreneur, d’entreprise individuelle ou de SARL) avec un particularité : 11 d’entre eux sont associés au capital de la société éditrice, 22mars. « C’est un gage de loyauté », explique le fondateur. Fin octobre, les effectifs étaient montés à 20 salariés après que l’entreprise eut bouclé une levée de fonds de 340 000 € portant sur 12% de son capital.

La société est désormais valorisée à hauteur de 2,85 millions d’euros. A côté des fondateurs (Nicolas Voisin, Franz Vasseur, Florimont (Pierre Bilger)) et des premiers actionnaires (Thomas Wersinger, Aurélien Fache, Guillaume Ledit, Loguy, Adriano Farano, Sabine Blanc, Nicolas Kayser-Bril, Rémi Vincent) sont venus s’asseoir de nouveaux venus : Kima Ventures (Xavier Niel), Michele Cerqua, Jean-Philippe Larramendy, Marie-Hélène de Lesquen, Henri Pinon, Pink / Faber Novel (Stéphane Distinguin), Régis Confavreux, Pierre Romera et Martin Untersinger.
Une nouvelle levée de fonds est désormais envisagée dans la foulée de la nouvelle notoriété internationale d’Owni.

L’équipe est composée de journalistes, de développeurs, de graphistes et decommunity editors. La culture professionnelle dominante ne vient pas du monde de la presse mais plutôt du monde des développeurs informatique et du web. Avec une moyenne d’âge de 27 ans, c’est l’une des équipes les plus jeunes rencontrées dans le cadre de la préparation de ce rapport. L’open source, le logiciel libre, le partage en ligne, la lutte contre tous les dispositifs (techniques ou réglementaires) entravant la liberté des internautes font partie de la culture commune à tous ceux qui embarquent à bord de la « soucoupe » (le surnom des bureaux de l’entreprise).

Owni se positionne aussi très clairement comme un média européen attaché à la liberté d’expression la plus large dans les limites fixées par la loi. Toutes ces valeurs se retrouvent dans la charte éditoriale du site qui rappelle également qu’Owni est né lors de la bataille engagée contre la loi Hadopi en France.

Il n’y a pas de rédacteur en chef

Au quotidien, le site publie la production éditoriale de l’équipe (en français, en anglais et en italien) mais aussi une sélection desposts les plus intéressants repérés sur quelque 900 blogs (avec l’accord des auteurs). Particularité : sauf exception, les contenus diffusés sur Owni le sont sous une licence Creative commons. Les auteurs autorisent donc la libre reproduction de leurs « oeuvres » pour des usages non commerciaux.

Si Nicolas Voisin assume le rôle de directeur de la publication, il n’y a pas de rédacteur en chef au sein de l’équipe. Ce sont les journalistes qui décident collectivement de ce qui est publié chaque jour. L’équipe fait également appel à des pigistes qu’elle rémunère entre 150 € pour un simple article et 500 € pour un dossier.

Owni innove dans son modèle éditorial mais également dans son modèle économique. D’ailleursOwni n’existe pas en tant qu’entreprise ; la société s’appelle22mars et elle se présente comme « éditeur de médias sociaux » et experte dans le domaine de la « visualisation de données ». Ses clients sont des entreprises et des collectivités territoriales qu’elle accompagne dans leur installation sur le web et les réseaux sociaux.

« On ne paie pas pour avoir l’heure, pour l’information non plus »

Owni est un média gratuit, ce qui n’est pas contradictoire avec le fait qu’il s’intègre dans un schéma économique rentable selon son fondateur. « Avez-vous déjà payé pour qu’on vous donne l’heure ? », interroge Nicolas Voisin. « Et pourtant cela n’empêche pas de vendre des montres et de faire de l’horlogerie une industrie rentable », ajoute-t-il avant de dresser un parallèle avec l’information qui serait devenue aujourd’hui un bien banal, une denrée ordinaire (commodity, en anglais) comme peut l’être l’heure.

Nicolas Voisin développe donc l’idée d’un média nécessairement gratuit et sans but lucratif (lui préfère dire «non profit » à l’américaine) qui joue le rôle de vitrine pour une société de prestation de services. Et cela fonctionne, assure-t-il. Aujourd’hui, le jeune patron estime que 80% du chiffre d’affaires de la société 22mars est lié à la visibilité offerte par Owni. Un chiffre d‘affaires de 100 000 € par mois fin 2010, permet de couvrir les dépenses de l’entreprise et d’investir la marge dégagée dans le développement d’Owni.

Média d’innovation, Owni bouscule les lignes habituelles et s’inscrit nettement dans un univers et des références qui sont celles du web. Certes, tous les projets n’aboutiront pas nécessairement. Toutes les initiatives lancées par Owni ne seront pas obligatoirement couronnées de succès. Mais l’équipe a mis en place l’un des laboratoires innovants dont la presse française n’a pas su se doter. Une capacité d’innovation qui a valu, le 30 octobre 2010 de recevoir « l’oscar » du journalisme numérique (Online Journalism Awards) dans la catégorie des sites non-anglophones décerné par l’Online News Association américaine.

Cet article est rédigé dans le cadre de la préparation du rapport "Quel est l’impact déontologique des nouveaux modèles économiques des médias ?"


Source : J-E.com



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Re: OWNI

Messagede uobbuob » Lun Fév 28, 2011 8:51 pm

je viens de visiter brièvement owni. on se rapporche de la formule forum. c'est dans mes favoris.
quand tout sera terminé, ne restera plus qu'à recommencer
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Re: OWNI

Messagede klingman » Mar Mar 01, 2011 4:36 pm

Et ce monsieur Tom Wersinger, qui est-il ,un autre qui recherche la fortune $$$ genre FaceBook, un autre média pro-Israel
La Liberté d'Expression est garantie en autant qu'on en fasse pas usage...
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