Mon cher évangéliste démagogue, je t'ai déjà répondu sur un autre fil à propos du même sujet, mais tu sembles n'avoir rien compris (pas suprenant de ta part).
Un penseur n'est pas responsable de la déformation qu'on fait de ses idées après sa mort. Si Hitler et ses sbires ont fait de Nietzsche un prophète du nazisme en prenant bien soin de falsifier ses écrits, de déformer, de faire abstraction de concepts, de sélectionner quelques idées et de les adapter à la sauce fasciste, etc., Nietzsche n'a rien à y voir. Tout ça s'explique par des faits véridiques (sa soeur mariée à un antisémite virulent et elle-même proche des milieux antisémites et des futurs nazis qui ne se gêne pas pour falsifier les écrits de son frère malade pour leur faire plaisir, par exemple). C'est vraiment dommage qu'on en retienne que cela. Heureusement, aujourd'hui nous savons bien que les idéologues nazis n'avaient rien compris aux idées nietzschéennes dont ils n'ont retenu que le concept de l'Übermensch sans en comprendre le sens (un peu comme toi).
D'ailleurs, il est tout à fait idiot d'accuser Nietzsche d'antisémitisme quand on lit ce qu'il a écrit à ce propos et à propos des antisémites de son temps (lorsqu'il met un terme à sa relation avec Wagner par exemple). Lisons:
Nietzsche a écrit:C'est un fait que les Juifs, s'ils voulaient - ou si on les y forçait, comme semblent le vouloir les antisémites -, pourraient dès maintenant exercer leur prépondérance et même littéralement leur domination sur l'Europe ; c'est un fait également qu'ils n'y travaillent pas et ne font pas de projets dans ce sens (tout le contraire de la théorie du "complot juif mondial"). Pour le moment, ce qu'ils veulent et souhaitent, et même avec une certaine insistance, c'est d'être absorbés dans l'Europe et par l'Europe, ils aspirent à s'établir enfin quelque part où ils soient tolérés et respectés, et à mettre enfin un terme à leur vie nomade de "Juifs errants". On devrait bien tenir compte de cette aspiration et de cette pression (où s'exprime peut-être déjà une atténuation des instincts juifs) et les favoriser ; et pour cela il serait peut-être utile et juste d'expulser du pays les braillards antisémites. (Par-delà le bien et le mal)
Nietzsche a écrit:Que l’Allemagne a largement assez de juifs ; que l’estomac allemand, le sang allemand ont déjà bien du mal ( et pour longtemps encore ) à assimiler cette dose de « juifs »- comme l’ont déjà assimilée, grâce à une digestion plus vigoureuse, les Italiens, les Français et les Anglais : tel est le clair langage que tient un instinct général qu’il faut écouter et d’après lequel on doit agir. « Ne laissons plus entrer de Juifs de plus ! Et fermons-leur nos portes, à l’Est surtout » : voilà ce que commande l’instinct d’un peuple dont le caractère est encore faible et indéterminé, et pourrait être aisément effacé, aisément étouffé par une race plus forte. Or les Juifs sont, sans aucun doute, la race la plus forte, la plus résistante et la plus pure qui existe actuellement en Europe ; ils savent s’imposer même dans les plus mauvaises conditions ( mieux même que dans les meilleurs ) grâce à certaines vertus dont on aimerait aujourd’hui faire des vices, grâce surtout à une foi résolue qui n’a pas besoin de rougir devant les « idées modernes » ; ils changent, s’ils changent, à la façon dont l’empire russe fait ses conquêtes : comme un empire qui n’est pas né d’hier et qui a le temps devant soi- c’est à dire d’après le principe : « le plus lentement possible ! » Un penseur qui se sent responsable de l’avenir de l’Europe devra, dans ses plans, compter avec les Juifs et les Russes et les considérer comme les facteurs les plus sûrs et les plus probables du grand jeu et du vaste conflit des forces. (Par-delà le bien et le mal)
Nietzsche a écrit:Ce que l’Europe doit aux Juifs ?- Beaucoup de choses, bonnes et mauvaises (…) Nous autres artistes parmi les spectateurs et les philosophes, nous éprouvons à l’égard des Juifs- de la reconnaissance. (Le Gai savoir)
As-tu compris? Probablement pas, mais ça je n'y peux rien.
Nietzsche proclame la mort de Dieu? D'accord, certes, mais qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans? Ce n'est que le médecin qui constate la mort; Dieu est mort dans les esprits, les hommes l'ont tué. Tu oublies la suite du passage: "et c'est nous qui l'avons tué". Nietzsche ne fait qu'un constat: Dieu est mort et la morale qui va avec le suit dans la tombe. Or, pour ne pas dériver vers ce nihilisme que cause l'absence de morale et de valeurs, il proclame également que l'homme doit se fixer un but, doit être visionnaire, doit étendre son désir, doit se faire créateur de nouvelles valeurs. Sinon c'est la ruine.
Nietzsche se démarque comme philosophe qui a changé l'histoire avec ces présentations qui ont terminé avec les proclamations annonçant "la mort de Dieu"
Non, pas du tout. La mort de Dieu est présente dans ses premiers livres, et de toute façon c'est une phrase qu'on cite trop souvent en oubliant le reste (elle a frappé les imaginaires -à raison, parce qu'elle est vraie).
C'est vrai que Nietzsche à prédit les persécutions et les conflits sanglants comme il n'y en avait jamais eu, ainsi que le nihilisme grandissant (il n'est pas le seul).
Encore une fois, relier Nietzsche à Hitler révèle ton ignorance. Combien d'imbéciles se basent sur la Bible pour propager leur haine?
Nietzsche n'était pas vraiment athée, mais c'est une question complexe sur laquelle je ne m'avancerai pas, faute de connaissance. Je sais qu'il estimait beaucoup Jésus comme homme et qu'il a parfois critiquer l'athéisme ("l'aversion et l'amertume voltairiennes à l'endroit de la religion" (
PBM)). Je citerai Jung:
Nietzsche n'était pas athée, mais son Dieu était mort. La conséquence de cette mort de Dieu fut que Nietzsche lui-même se dissocia en deux et qu'il se sentit obligé de personnifier l'autre partie de lui même tantôt en "Zarathoustra" tantôt, à d'autres époques, en "Dionysos", le Dionysos démembré des Thraces. La tragédie de Ainsi parlait Zarathoustra est que, son Dieu étant mort, Nietzsche devint un Dieu lui-même et cela advint précisément parce qu'il n'était pas athée. (Psychologie et religion)
Hitler a pris la logique de Nietzsche & il a conduit la vision du monde athée vers sa conclusion légitime & logique.
Non, non et non. Hitler n'a pas pris la "logique de Nietzsche". Hitler était un pauvre con qui ne comprenait rien à Nietzsche (ou qui ne comprenait que ce qu'il voulait bien interpréter en sa faveur). Aussi, je te conseille de te renseigner sur les relation entre la religion et l'Église pendant le régime nazi.