Désolé pour le délai de réponse...
Par exemple, je me souviens d'un texte indiquant un Q.I. particulièrement élevé chez les Ashkénazes. On pourrait en déduire que les monothéistes ont un Q.I. particulièrement élevé. Or c'est faux. De même, je me souviens du cas d'une jeune fille restée dans le berceau de sa naissance jusqu'à l'âge de 18 ans pour cause d'arrêt du développement physique, de débilité physiologique extrême, d'autisme total et de trisomie aigüs. Elle était par définition athée (en vertu du simple fait que personne ne lui avait jamais communiqué le concept de Dieu). On pourrait en déduire que les athées ont un Q.I. égal à zéro. Or c'est faux.
Mais si l'on étend à la planète entière une quelconque enquête statistique sur le Q.I. et la religiosité, on s'aperçoit de l'existence d'une corrélation statistique entre la religiosité et le Q.I.
Admettons que l'on accepte la méthodologie de l'étude et l'indépendance ainsi que l'honnêteté des auteurs. Vous évacuez de toute façon la nécessité d'évaluer s'il existe vraiment un lien de cause à effet entre le degré de religiosité et le QI, chose que vous faîtes pourtant dans votre analyse de l'étude du QI chez les Ashkénazes. Comme je vous disais précédemment, on ne peut pas arriver cette conclusion sans évaluer les autres facteurs qui entrent en ligne de compte dans les résultats à un test de QI.
La valeur d'une telle corrélation peut évidemment être remise en question, surtout si on ne peut y trouver que l'expression d'une simple tendance. Mais la véracité d'une telle statistique corrélative ne se trouve pas dans la valeur des chiffres exprimés. Elle se trouve dans le fait qu'elle ne rend pas compte des cas particuliers cités dans le cadre d'une quelconque prise de position (dans n'importe quel sens ou pour n'importe quel parti, au demeurant).
Une étude aussi large ne peut prendre en compte des cas particuliers. Ce que je dis par contre, c'est que les résultats même nous questionnent sur l'effet réel de la religiosité. Il est intéressant de plus de regarder des cas particuliers dans ce cas-ci, puisque, ma foi, ils me semblent nombreux et pas si particuliers.
En effet, la question de la liberté de penser est infiniment complexe. Ce que je remarque par ailleurs, c'est que sur la question de la liberté en général, l'athée me semble mieux outillé que le croyant.
Le concept de degré de liberté appliqué aux mécanismes industriels peut permettre de poser le principe d'une métaphore explicative. Au lieu de considérer LA Liberté avec un grand V, il suffit de considérer des cas particuliers de liberté. Ou plutôt des degrés de liberté. Il devient alors évident que plus les degrés de liberté sont nombreux, plus le champ d'exercice de ces degrés de liberté est grand.
Un esprit entièrement consacré à l'étude d'un seul livre, quel qu'il soit, acquière bien le degré de liberté permis par cette étude particulière, mais il se prive par définition de tous les degrés de liberté que lui aurait permis d'acquérir les 4000 ou 5000 livres qu'il aurait eu le temps de lire et d'assimiler s'il avait évité de se spécialiser au contact du seul livre qu'il ait eu sous les yeux.
Il est tout de même curieux de constater dans un premier temps que l'athée est plus prompt que le croyant à remettre en question des concepts comme ceux qui ont un rapport avec la Vérité et la Liberté.
Dans un second temps, on se rend compte que partant du principe que l'athée n'est entravé par aucune contrainte religieuse, il n'est gêné en rien par le concept scientifique voulant que la vérité n'est jamais définitive, contrairement au religieux, qui est sûr de l'être étant d'une Vérité indéniable et divine.
C'est vrai pour les croyants plus extrémistes et avec une moins grande ouverture d'esprit. Ceux au bout du graphique, quoi.
Dans un second temps, on se rend compte que partant du principe que l'athée n'est entravé par aucune contrainte religieuse, il n'est gêné en rien par le concept scientifique voulant que la vérité n'est jamais définitive, contrairement au religieux, qui est sûr de l'être étant d'une Vérité indéniable et divine.
Dans un autre second temps, étant extrêmement dubitatif quant à la question du libre-arbitre et de l'indéterminisme si chers aux contempteur des corps, l'athée, sachant par définition qu'il n'y a rien à espérer d'un quelconque arrière monde se contentera très bien de son enveloppe charnelle, qu'il étudiera en étudiant le monde avec plus de rigueur que les idéalistes religieux.
Il s'ensuit de tout ça que nous sommes en droit de nous poser la question de la vérité, de la liberté, de la sagesse, de la force vitale, et de tous ces éléments établissant des degrés d'intelligence, par rapport à l'illusion de ceux qui sont aveuglés par leur croyance. (Je veux dire dans les cas extrêmes de croyance et de religiosité, que j'oppose ici aux cas extrême d'athéisme matérialiste radical)
Encore une fois, pour les extrémistes religieux, vous avez évidemment raison.
Mais la croyance en tant que telle, où a-t-elle son origine, son socle généalogique, aujourd'hui, sinon dans des institutions religieuses ?
Oui et non. Si l'imaginaire religieux occidental a presque les mêmes fondements mythologiques depuis 5000 ans (et même possiblement plus) et qu'évidemment plusieurs y pigent encore, beaucoup de gens aujourd'hui se
magasinent une religion personnelle, ce qui change la donne considérablement. Une personne peut très bien avoir un très haut degré de religiosité sans vouloir entrer dans le cadre d'une institution religieuse. Cependant, cela vaut principalement pour les pays occidentaux.
Pour répondre en gros à deux ou trois questions que tu soulèves, je dirais que tout me porte à penser que des liens de cause à effet existent indubitablement entre l'instruction, la richesse matérielle, la religiosité et la valeur des Q.I.
Maintenant dans quel ordre placer ces trois éléments, je ne le sais pas. Autrement dit, quelle est la cause et quel est l'effet, je ne le sais pas. Il est pour moi très probable que ces choses s'enchevêtrent inextricablement sans qu'on puisse trouver facilement le début d'un fil conducteur indiquant une origine ou une généalogie des phénomènes.
J'ai l'impression, comme plusieurs, que c'est d'abord le niveau d'instruction et le niveau socio-économique d'une société qui influence d'abord le degré de religiosité. Je trouve que c'est plus logique ainsi que de prendre le phénomène en l'envers, surtout si on regarde l'évolution des sociétés occidentales.
Je préconiserais par contre de refaire l'enquête sur des bases plus solide en excluant toute limite géographique, pour que n'apparaisse en fin de compte que la corrélation possible entre des gens et des Q.I.
Les mêmes (possibles) biais pourraient bien être présents. Le problème, selon moi, se situe plutôt là que dans la classification des répondants selon leur provenance.