ADN_ARN a écrit:.
Ce que je trouve regrettable, dans cette histoire, c'est qu'on n'ait pas eu la possibilité, sinon la volonté, de conserver un espace « vieille cité » comme cela a été possible avec le Vieux Montréal, le Vieux Québec, le Vieux Saint-Eustache, le Vieux Pointe-Claire, le Vieux Sainte-Anne-de-Bellevue, etc.
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C'est aussi ce qui me peine le plus de l'annexion fédérale du vieux-Hull au centre-ville d'Ottawa : la destruction totale de son coeur historique et institutionnel et de nombre des résidences bourgeoises qui s'y étaient agglutinées avec le temps. Tout y a passé en moins de deux ans (en 1970-71) : l'église Notre-Dame, l'hôtel de ville, le palais de justice, le bureau de poste, le bureau d'enregistrement, les hôtels Windsor et Ottawa, les bureaux administratifs de la EB Eddy, l'ancienne maison EB Eddy elle-même et nombre de bâtiments industriels et de résidences, bourgeoises comme ouvrières... la mémoire de la vieille ville de Hull quoi.
Pour ne point parler des nombreux aménagements routiers (nouveaux ponts et rues élargies), réalisés pour faciliter le va et vient des fonctionnaires ottaviens sur l'île de Hull, qui ont déstructuré la trame urbaine du vieux-Hull.
Le résultat est une ville bétonnée aux innombrables stationnements à ciel ouvert et une saignée nette de la population du secteur (de 25000 qu'elle était au début des années 60, elle se chiffre à 10000 aujourd'hui... malgré les tours d'habitation qui se sont multipliées depuis ce temps).
Avec la décroissance de la population vint la perte de services : plus de supermarché, plus de quincaillerie, plus de services de proximité... mais d'innombrables cafés, boui-boui et de restos ouverts que le midi. Et fermés la fin de semaine.
Le résultat est un ersatz de centre-ville où viennent travailler quelques 20-25000 fonctionnaires... qui repartent aussitôt leur quart de travail terminé.
Comme quoi un fonctionnaire ne vaut même pas cinq résidants.
Mais bon, l'unité canadienne a un prix. Et ce prix, le vieux-Hull le paye depuis quarante ans.