Le FLQ avait planifié une ambitieuse action de propagande

Garak a écrit:De toute évidence ce genre de "reportage" démontre qu'ils ont réussi ...
Spock a écrit:Le témoignage le plus intéressant est sans doute celui du directeur de l'escouade anti-terroriste, qui a révélé la plupart des nouvelles information. Il en parle de façon très ouverte. Surprenant pour un ex-directeur d'une escouade de services secrets!
Spock a écrit:Ces nouvelles informations montrent que le rôle de Trudeau dans la crise d'octobre est moins grand qu'on le pensait à l'origine, et que celui de Jean Drapeau et de la ville de Montréal est MAJEUR, sans doute le plus important!

Spock a écrit:Garak a écrit:De toute évidence ce genre de "reportage" démontre qu'ils ont réussi ...
C'est un reportage qui présente des faits inconnus jusqu'à maintenant. Entre autres :
- la qualité de l'information que l'escouade anti-terroriste de la ville de Montréal avait à sa disposition pendant la crise;
- l'enregistrement secret et illégal de Jacques Rose et de son avocat Robert Lemieux
- le fait que le gouvernement du Québec savait très bien que Paul Rose n'avait pas assassiné Laporte, mais qu'il ne pouvait pas utiliser l'information devant les tribunaux
- la confirmation que le FLQ n'avait pas l'intention de tuer ses ravisseurs
- l'implication majeure de Jean Drapeau et de son cabinet :
--- c'est eux qui ont proposé d'utiliser la loi sur les mesures de guerre
--- c'est eux qui ont "inventé" l'histoire ridicule qu'un groupe de 10 personnalités québécoise respectables planifiait un coup d'état avec le FLQ. Trudeau n'y croyait pas vraiment, mais s'en est servi pour justifier la loi sur les mesurer de guerre.

viper37 a écrit:mais apparemment la police n'a jamais avisé le gouvernement de ça, et a toujours demandé plus de pouvoir, selon d'autres témoins.
viper37 a écrit:Les suspects ont toujours affirmés l'avoir exécuté. Lors de la sortie du film de Falardeau, Octobre, on y montre un Laporte dont la mort est accidentelle alors qu'il tente de se sauver. Les FLQistes ont toujours nié cette version des faits et affirmés l'avoir exécuté.
viper37 a écrit:Discutable. Ils ont causés un grand tort au mouvement souverainiste à l'époque, et aujourd'hui, alors que le mouvement souverainiste est dans le coma, ils essaient de sauver ce qui reste.
c'était connu depuis un bout, du moins la première partie.

Hey Jude a écrit:Je ne suis pas près à dire ça.
Polémix a écrit:- Pierre Elliot Trudeau à fait accroire à un complot de coup d'état mené par Claude Ryan () pour justifier la loi sur les mesures de guerre.
Spock a écrit:Hey Jude a écrit:Je ne suis pas près à dire ça.
C'est pourtant ce que les nouvelles révélations laissent supposer.
Trudeau a en quelque sorte joué le rôle de Ponce Pilate : il s'en lavait les mains...avec ses lettres de Bourassa et Drapeau pour se couvrir.
Les procès-verbaux des réunions du cabinet du 14 et 15 octobre 1970 démontrent que seulement trois ministres anglophones, Ron Basford, Mitchell Sharp et Joe Greene, ont contesté cette décision. Ils ont exigé qu'on leur démontre la nécessité de recourir à la loi des mesures de guerre, mais Trudeau n'a pas répondu à leur demande, dit M. Whitaker.
Lors de sa compuration à huis-clos devant la Commission d'enquête McDonald, le commissaire de la GRC du temps, Len Higgitt, a reconnu qu'il n'avait aucune preuve de l'existence d'une insurrection appréhendée au Québec. Il soutenait au contraire que la crise était une simple affaire de police que l'on pouvait résoudre avec les moyens d'enquêtes habituels.
SOURCE

Spock a écrit:Drapeau et Bourassa ont quand même signé les lettres... Ça venait d'eux la demande.
Deux jours plus tard, soit le 14 octobre 1970, le Premier minsitre du Québec téléphone à nouveau à Claude Ryan pour l'informer que son gouvernement est sur le point d'adopter la ligne dure, pressé par les membres du cabinet fédéral, en particulier Marc Lalonde, le bras droit du Premier ministre canadien. Marc Lalonde a d'ailleurs confirmé lors d'une émission au magazine Le Point de Radio-Canada, du 6 février 1994, qu'il était bel et bien avec Robert Bourassa les 14 et 15 octobre 1970; il s'est par la suite rendu à Montréal. Robert Bourassa était donc courtisé par le gouvernement fédéral, qui l'encourageait à opter pour le recours à la Loi des mesures de guerre, alors que le directeur du Devoir lui proposait une "nouvelle voie", une voie plus modérée.
Source : Claude Ryan et la violence du pouvoir, page 37 et 38.

Spock a écrit:La seule chose que je peux dire, c'est que les témoignages livrés dans les reportages de jeudi et vendredi, dont celui de Marc Lalonde, présentaient le tout comme si l'initiative des mesures de guerre était venue de Québec et de Montréal (surtout Montréal) et que Trudeau était au départ un peu opposé à l'idée des mesures de guerre.
Mais bon, c'était Marc Lalonde lui-même qui l'affirmait.Il semblait tout a fait surpris que la police de Montréal connaissait les ravisseurs de Cross et Laporte avant de donner l'assaut.
Peut-être en a-t-il beurré un peu épais!
Spock a écrit:Polémix a écrit:- Pierre Elliot Trudeau à fait accroire à un complot de coup d'état mené par Claude Ryan () pour justifier la loi sur les mesures de guerre.
Cette connerie venait en fait de la ville de Montréal (la police &Jean Drapeau). L'histoire de ce complot était connue publiquement depuis longtemps (un article d'un journal de Toronto l'ayant relaté à l'époque), et on l'attribuait au gouvernement Trudeau justement. Cependant, on ne savait pas que c'était une invention venant de Montréal! Trudeau s'en est servi pour justifier les mesures de guerre, mais n'y croyait pas vraiment.

Jean-Paul BRODEUR, La crise d'octobre et les commissions d'enquête, Université de Montréal, 1980
Le rapport Duchaîne affirme que Paul Rose n'était pas présent au 5630 de la rue Armstrong quand M. Pierre Laporte y fut assassiné. Quelles que soient les dénégations publiques qui pourraient être faites à l'encontre de cette affirmation, il importe de souligner que Me Du-chaîne ne s'est pas résolu à l'inclure dans son rapport sans avoir fait toutes les vérifications qui s'imposaient quant à sa justesse (serait-ce auprès du principal intéressé ?). L'attitude de solidarité adoptée publi-quement par les membres de la cellule Chénier et la revendication de leur culpabilité commune ne sont pas de nature à déterminer que toute la lumière a été faite sur l'identité de ceux qui sont physiquement res-ponsables de la mort de M. Laporte. Notons à cet égard que Me Du-chaîne n'a pas trouvé un seul indice probant quant à la participation d'autres personnes que les membres de la cellule Chénier à l'assassinat de Pierre Laporte. Il n'a pas non plus trouvé rien de concluant quant à la connaissance qu'aurait possédée la police du lieu où était séquestré Laporte (le 5630 de la rue Armstrong).
Polémix a écrit:Oui, c'était une idée qui ne venait pas de Trudeau. Mais c'est lui qui l'a fait coulé dans les médias.
Spock a écrit:.. Trudeau a été propagandiste, opportuniste et hypocrite là-dessus!

Sergio a écrit:Même après 40 ans on continue de tenter de défendre les terroristes séparatistes qui ont commis des meurtres en inventant des théories et des complots. On se sert même des fonds publics pour produire de la propagande séparatiste comme celle de la SRC.
Mardi 13 octobre
À la demande des ministres fédéraux, l'armée s'installe sur la colline Parlementaire à Ottawa.
Le premier ministre Pierre-Elliot Trudeau ne s'en inquiète pas. Il trouve la présence militaire « naturelle ». Il faut bien se protéger, argumente-t-il, et tant pis pour ceux dont « les genoux tremblent à la vue de soldats ».
Il n'écarte pas l'idée de suspendre des droits civiques pour combattre les forces menaçant les représentants élus. « Just watch me », dit-il.
SOURCE

JMS a écrit:Toute vérité n'est pas bonne à dire n'est ce pas Sergio. Comme trouver quelqu'un coupable d'un meurtre même s'il n'était même pas dans là, ou dans la même ville. Et ça la police le savait.
Lors des procès des quatre membres de la cellule Chénier, à la question : « Coupable ou non coupable », les quatre hommes répondirent « responsable ».
SOURCE

Le premier ministre Robert BOURASSA avoue lui aussi que l'intervention visait à rallier l'appui du public, plutôt qu'à réprimer une « insurrection appréhendée ».
SOURCE

En décembre 1971, le quotidien Globe & Mail révélait que le gouvernement fédéral préparait dès mai 1970, soit cinq mois avant les enlèvements du FLQ, l'application de la Loi sur les mesures de guerre. Un comité spécial du cabinet de Pierre Trudeau était chargé d'analyser la manière de réagir si « des demandes pour des changements sociaux » survenaient au Québec. L'un des moyens envisagés étaient la Loi sur les mesures de guerre.
SOURCE

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