Le Québec serait au bord du précipice financier ?

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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Trax » Mar Déc 28, 2010 4:13 am

Pour vous, l'argent n'a aucune valeur dans le temps. De ce fait, vous ne faites aucune différence entre consommer immédiatement ou consommer le même montant dans 20 ans.

C'est la seule façon de considérer l'argent objectivement. Si vous, vous voyez l'argent comme quelque chose qui "vaut" plus dans le temps, c'est juste votre opinion. Un système juste et impartial doit écarter les opinions subjectives et s'appuyer sur des principes neutres. Une chaise fabriquée aujourd'hui ou dans 20 ans est la même chaise. En fait, à toute fin pratique, un objet fabriqué aujourd'hui va probablement valoir moins dans 20 ans, à cause de l'usure. À quelques petits détails près (vin, par exemple), les choses se détériorent avec le temps, en général. Que ce soit une pomme, un muffler ou une maison. C'est d'ailleurs étrange que nos maisons se mettent à "valoir" plus cher d'année en année, alors qu'en réalité, elles se détériorent avec le temps...

S'attendre à de l'argent de quelqu'un plus tard sous prétexte que cette personne s'est "retenue de consommer" (inapplicable pour les riches), c'est du parasitisme. Le processus va come suit :

- Prêter
- Attendre
- Récolter

Aucun travail ni aucune valeur ajoutée. Parasitisme...

Trax, vous mélangez les bons du trésor et les obligations d'épargne.
La Banque du Canada émet seulement les bons du trésor. Le gouvernement du Canada émet les obligations d'épargne.

En effet, on tend à simplifier en omettant les intermédiaires, mais le résultat indésirable est le même. On dit, pour simplifier, que la Banque du Canada fait la gestion des Bons du Trésor. Mais comme la Banque du Canada est un organisme privé (contrairement à ce qu'on nous fait croire), ça revient au même. Les banques à chartes et certaines autres institutions bancaires gèrent les OEC. Moyennant des frais arbitraires, bien sûr...

Ceci dit, les OEC et les Bons du Trésor sont émis en tant que collatéraux comme emprunts aux prêteurs privés, le gouvernement doit donc payer des intérêts dessus. Les banques collectent aussi des intérêts sur les montants prêtés au gouvernement. Ce qui est totalement insensé, c'est que le gouvernement pourrait faire exactement la même chose, créer lui-même l'argent nécessaire en temps et lieu, sans intérêts. Ensuite, le gouvernement pourrait récupérer l'argent (en taxes et autres retenues) pour repayer les prêts, et éviter les intérêts, qui sont impayables de toute façon...

On peut obtenir de l'argent en échange d'un travail, mais on peut aussi en obtenir en échange d'un bien ou d'un service. On peut aussi donner de l'argent.

Un bien ou un service, c'est une accumulation de travail par différentes personnes. C'est leur salaire que tu paie lorsque tu achète quelque chose...

Par exemple, emprunter de l'argent est une façon d'obtenir de l'argent sans travailler. C'est un service que celui qui nous prête nous rend.

Très différent. Un emprunt est seulement un processus de financement. On n'obtient rien de plus, puisqu'on doit rembourser. Tu empunte 100$, tu remet 100$, tu n'as rien eu pour rien. Par contre, avec les intérêts, les prêteurs, eux, reçoivent quelque chose pour rien. Tu emprunte 100$ à 10%, ils reçoivent 10$ pour rien. Le service se paie, l'argent non...

Échanger un bien qu'on possède contre de l'argent est aussi une façon d'obtenir de l'argent sans travailler.

En effet, et techniquement, ce n'est pas plus justifiable, même si c'est une maison...

L'argent, la monnaie, est là pour favoriser les échanges de biens et de services en agissant comme bien intermédiaire entre ces biens et services. Ce n'est pas uniquement pour payer du travail

Ce que tu dis est seulement l'état actuel des choses. Le but est de définir ce qui DOIT être. A partir du moment où l'argent peut être créé à partir de rien et gagné sans travailler, l'argent devient un outil de domination et d'esclavage, et non pas un outil qui favorise les échanges justes et équitables...

En passant, Gerry, deux de tes trois liens pointent vers des sites de banques privées, ce qui confirme ce que j'avance...
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Le parasite

Messagede Gerry Flaychy » Mar Déc 28, 2010 2:48 pm

Trax a écrit:
Gerry Flaychy a écrit:Par exemple, emprunter de l'argent est une façon d'obtenir de l'argent sans travailler. C'est un service que celui qui nous prête nous rend.

Très différent. Un emprunt est seulement un processus de financement. On n'obtient rien de plus, puisqu'on doit rembourser. Tu empunte 100$, tu remet 100$, tu n'as rien eu pour rien.

Au moment où l'emprunteur reçoit le 100 $, il n'a fait aucun travail pour l'obtenir: il l'a donc obtenu sans travailler.

Au moment où il remet le 100 $, il remet exactement le montant qu'il a reçu et qu'il a utilisé: donc ce service que le prêteur lui a fourni ne lui a rien coûté, même pas un autre petit service en échange, aucun travail. Ne lui ayant rien coûté, ce service il l'a eu pour rien, i.e., il a eu quelque chose pour rien. C'est donc lui le parasite, et non le prêteur.
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede BusterBunny » Mar Déc 28, 2010 2:51 pm

Trax a écrit: Si vous, vous voyez l'argent comme quelque chose qui "vaut" plus dans le temps, c'est juste votre opinion.


Je m'excuse, mais si je vous dis que vous donne le choix entre vous passer de votre ordinateur pendant 20 ans, ou de ne pas vous passer de votre ordinateur pendant 20 ans, qu'est-ce que vous allez choisir?

C'est la même chose. Si je vous dis de vous passer de 1 000 000$ pendant 20 ans, ou de l'obtenir immédiatement, vous allez probablement préférer en jouir immédiatement, si ce n'est que pour le fait que vous pourriez mourrir demain ou dans 19 ans et 364 jours. Vous reconnaissez donc une valeur à l'argent dans le temps.
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Messagede Gerry Flaychy » Mar Déc 28, 2010 3:01 pm

Comme dit l'adage: «Un tu tiens vaux mieux que deux tu auras».
À plus forte raison si tu n'es pas trop sûr de revoir ton bien !
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede BusterBunny » Mar Déc 28, 2010 3:26 pm

Même qu'ici, on parle de "Un tiens vaut mieux que un tu auras".
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Re: Le parasite

Messagede Trax » Mer Déc 29, 2010 3:41 am

Gerry Flaychy a écrit:Au moment où l'emprunteur reçoit le 100 $, il n'a fait aucun travail pour l'obtenir: il l'a donc obtenu sans travailler.

Il a simplement initié un processus de financement...

Au moment où il remet le 100 $, il remet exactement le montant qu'il a reçu et qu'il a utilisé: donc ce service que le prêteur lui a fourni ne lui a rien coûté, même pas un autre petit service en échange, aucun travail. Ne lui ayant rien coûté, ce service il l'a eu pour rien, i.e., il a eu quelque chose pour rien. C'est donc lui le parasite, et non le prêteur.

Les services financiers doivent coûter quelque chose, mais l'argent, lui, ne doit coûter rien à l'emprunteur. Et encore moins profiter à ceux qui peuvent le créer de toute pièce à partir de rien, comme c'est le cas avec les banques privées. Et c'est sans compter qu'en chargeant des intérêts sur un prêt, ce dernier devient mathématiquement irremboursable...
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Trax » Mer Déc 29, 2010 3:46 am

BusterBunny a écrit:
Trax a écrit: Si vous, vous voyez l'argent comme quelque chose qui "vaut" plus dans le temps, c'est juste votre opinion.

Je m'excuse, mais si je vous dis que vous donne le choix entre vous passer de votre ordinateur pendant 20 ans, ou de ne pas vous passer de votre ordinateur pendant 20 ans, qu'est-ce que vous allez choisir?

On parle d'ordi, qui est un produit, pas d'argent...

C'est la même chose. Si je vous dis de vous passer de 1 000 000$ pendant 20 ans, ou de l'obtenir immédiatement, vous allez probablement préférer en jouir immédiatement, si ce n'est que pour le fait que vous pourriez mourrir demain ou dans 19 ans et 364 jours. Vous reconnaissez donc une valeur à l'argent dans le temps.

L'exemple est irréaliste. Le processus de financement n'a pas de valeur en soi. C'est le produit acheté qui a une valeur. Donc, la question formulée correctement devrait être : "préférez-vous jouir d'une maison tout de suite ou dans 20 ans ?". C'est précisément parce qu'on veut un produit immédiatement (parce qu'impossible de le payer d'un coup) qu'on fait un emprunt...
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede BusterBunny » Mer Déc 29, 2010 10:07 am

Trax a écrit:On parle d'ordi, qui est un produit, pas d'argent...


Non, on parle exactement de la même chose. De l'argent, c'est potentiellement un ordinateur, une voiture, une télévision.




L'exemple est irréaliste. Le processus de financement n'a pas de valeur en soi. C'est le produit acheté qui a une valeur. Donc, la question formulée correctement devrait être : "préférez-vous jouir d'une maison tout de suite ou dans 20 ans ?". C'est précisément parce qu'on veut un produit immédiatement (parce qu'impossible de le payer d'un coup) qu'on fait un emprunt...


Non, l'exemple est exactement l'idée de la valeur de l'argent dans le temps. Et remarquez que la question que vous posez par la suite "préférez-vous jouir d'une maison tout de suite ou dans 20 ans ?" est la question que je vous posais initialement en regard à un ordinateur.

Alors je vous repose la question.

Oubliez le fait de l'emprunt. Vous héritez d'un montant d'argent d'un vieil oncle. Dans son testament, il vous offre le choix: Vous pouvez obtenir 1 000 000$ maintenant, ou dans 20 ans. Quel sera votre choix?

Vous prendrez probablement le million présentement, si ce n'est que du fait que vous pourriez mourrir demain. Ou dans 10 ans. Ou dans 19 ans et 364 jours. Implicitement, vous voyez un bénéfice de jouir immédiatement d'un bien.

Maintenant, une fois que vous comprenez minimalement cette logique, une personne qui voit que vous avez hérité de ce montant vous dit "Ouais, mais moi, j'aimerais me partir une entreprise qui fera beaucoup d'argent, mais j'aurais besoin de ce million. Je vous remettrai ce million dans 20 ans".

Pourquoi accepteriez-vous de lui donner ce montant? La réponse est que vous ne lui passeriez pas cet argent.

Mais s'il vous en promettait, disons, le triple dans 20 ans, peut-être que vous accepteriez?

C'est ça, l'intérêt. C'est la valeur de l'argent dans le temps. C'est le prix à payer pour ne jouir immédiatement d'un bien ou d'un service.
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Re: Le parasite

Messagede Gerry Flaychy » Mer Déc 29, 2010 11:31 am

Trax a écrit:Les services financiers doivent coûter quelque chose, mais l'argent, lui, ne doit coûter rien à l'emprunteur.

Si quelqu'un gagne 10 $ de l'heure, et a besoin de 1 000 $ pour faire une transaction quelconque, il doit travailler 100 heures pour l'obtenir.

Mais il en a besoin tout de suite.

Il décide donc d'aller emprunter le 1 000 $ pour x temps. Après tout c'est beaucoup plus facile, et plus vite, que de ramasser ce montant petit à petit.

Pourquoi un prêteur serait-il alors *obligé * de lui en donner l'usage, premièrement;
et en plus, deuxièmement, en échange de rien en retour ?

Pourquoi le prêteur n'aurait-il pas le droit de garder l'argent pour lui et de faire lui-même une transaction avantageuse pour lui-même ?

Bref, pourquoi les emprunteurs *doivent-ils nécessairement * recevoir l'usage d'un bien gratuitement, sans rien donner en retour ? Sont-ils des parasites qu'on doive gaver au moindre désir manifesté par eux ?
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Chicken » Mer Déc 29, 2010 1:31 pm

Trax a écrit:Si vous, vous voyez l'argent comme quelque chose qui "vaut" plus dans le temps, c'est juste votre opinion.
Non, ce n'est pas une opinion, mais un fait scientifique. Pour celui qui sait gérer son argent, l'argent prend de la valeur avec le temps.

Si j'ai 1 000 000$, je peux acheter ou louer des locaux, acheter des machines et payer des salaires à des employés afin qu'ils produisent quelque chose que je vais vendre sur le marché. Je vais éventuellement récupérer mon million, et faire beaucoup d'argent en surplus.

Bref, si je gère bien mon 1 000 000$, il me rapportera beaucoup d'argent.

Donc, la vraie valeur de mon million, ce n'est pas uniquement le million de dollars qu'il vaut actuellement. Sa vraie valeur, c'est le million qu'il vaut actuellement plus l'argent qu'il peux me rapporter dans le futur si je l'investis intelligemment. Si tu veux avoir une compréhension plus objective de la valeur de l'argent, tu ne dois pas seulement tenir compte du présent. Tu dois aussi tenir compte du futur (et ajuster cette valeur future avec le taux d'inflation bien entendu).

Alors voilà, j'ai un million de dollars et je dois faire le choix entre le prêter à 0% d'intérêt et me partir une business pour faire plus d'argent avec mon million. Dans ces circonstances, il serait complètement stupide de prêter mon argent.

Il pourrait être rationnel, par contre, de prêter mon argent seulement si l'emprunteur est prêt à payer un taux d'intérêt suffisamment élevé pour égaler ou dépasser l'argent que je ferais si je me partais une business (et si on ne tient pas compte du risque).

Voilà pourquoi le système est fondé sur le taux d'intérêt. Si tu abolis le taux d'intérêt, les gens qui ont de l'argent à épargner ne trouveront plus aucun avantage à prêter leur argent. Au contraire, ils n'y trouveront que des désavantages car, d'une part, leur argent aura été dévalué une fois qu'ils auront été remboursé (à cause de l'inflation), et d'autre part, ils risquent de ne pas être remboursé.
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Valeur et temps

Messagede Gerry Flaychy » Mer Déc 29, 2010 2:49 pm

Trax a écrit: Donc, la question formulée correctement devrait être : "préférez-vous jouir d'une maison tout de suite ou dans 20 ans ?". C'est précisément parce qu'on veut un produit immédiatement (parce qu'impossible de le payer d'un coup) qu'on fait un emprunt...

Là-dessus, je suis d'accord avec cette formulation de la question.

D'autre part, si on veut un produit immédiatement, c'est justement parce qu'il y a plus de valeur à nos yeux de l'avoir *immédiatement * que de l'avoir *plus tard *. (Un tu tiens vaux mieux que un tu auras.)

Ceci vaut autant lorsque nous sommes emprunteurs que lorsque nous sommes prêteurs, que ce soit pour une question d'argent ou autre chose.
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Trax » Mer Déc 29, 2010 9:54 pm

OK, je pense comprendre le problème. Les exemples de Buster sont peu pertinents parce qu'ils impliquent des personnes individuelles, et non les banques. Ce qui signifie que ce que j'ai dit plus tôt reste valide, c'est-à-dire, que ce type d'intérêt est subjectif et reste un choix personnel. Une personne peut physiquement prêter de l'argent sans intérêt. Je le fais très souvent moi-même, je prête de l'argent à mes proches, sans intérêts...

Une autre différence qui ne figure pas dans les exemples de Buster, est que l'argent à être emprunté pour un ordinateur n'existe pas encore, alors que l'ordinateur, lui, existe déjà. Sa valeur (de vente) est donc déjà connue et fixée. En réalité, l'idée même de devoir payer des intérêts (c'est-à-dire, plus que le prix de vente) pour jouir d'un produit qui existe déjà est une idée subjective, et plutôt illogique...

Mais dans une optique où on considère le système monétaire (et non les perceptions personnelles de chacun), le moindre intérêt sur prêt, dans le temps et/ou composé, même si c'est un prêt à votre beau-frère, déstabilise le système monétaire. Si on considère la solution, c'est-à-dire, une banque publique qui prête sans intérêts, il n'y a plus aucun avantage à demander à un particulier de prêter de l'argent avec intérêts, puisqu'il y a une façon d'en obtenir sans intérêts...

Les banques rendent le problème systémique, donc irrésolvable. Et le fait que les banques aient le monopole de la création monétaire n'aide pas non plus. Tout l'argent (ou presque) en circulation est créé sous forme de dette avec intérêts. Comme on demande Principal+Intérêts, mais qu'il n'y a que le Principal qui existe, c'est physiquement impossible de payer P+I avec seulement P. Les deux seules avenues sont, réemprunter encore (spirale sans fin) ou faire faillite et perdre des acquis. C'est donc gagnant/gagnant pour la banque et perdant/perdant pour celui qui emprunte...

Mais s'il vous en promettait, disons, le triple dans 20 ans, peut-être que vous accepteriez?

C'est du parasitisme. Gagner 2 millions de $ sans rien faire, c'est du parasitisme, même si c'est sur 20 ans. Même en jouant le jeu, la différence est que moi, je n'aurais aucune garantie. Les banques peuvent le faire sans aucun risque puisque 1) l'argent est créé à partir de rien, et 2) les banques peuvent saisir les collatéraux mis en garantie. Je n'ai pas ce pouvoir...

Pourquoi un prêteur serait-il alors *obligé * de lui en donner l'usage, premièrement;
et en plus, deuxièmement, en échange de rien en retour ?

La réponse à cette question est une réponse subjective. Je répondrais la même chose à l'envers : pourquoi l'emprunteur serait-il obligé de payer des intérêts ? Et j'ajouterais : avec une banque centrale publique qui prête sans intérêts, tout le monde serait gagnant, et les parasites seraient mis hors d'état de nuire...

Bref, pourquoi les emprunteurs *doivent-ils nécessairement * recevoir l'usage d'un bien gratuitement, sans rien donner en retour ? Sont-ils des parasites qu'on doive gaver au moindre désir manifesté par eux ?

L'argent n'est pas un bien. Si tu étais pogné dans le désert avec de l'argent, tu mourrais rapidement, faute d'avoir des biens pour subvenir à tes besoins...

Si j'ai 1 000 000$, je peux acheter ou louer des locaux, acheter des machines et payer des salaires à des employés afin qu'ils produisent quelque chose que je vais vendre sur le marché. Je vais éventuellement récupérer mon million, et faire beaucoup d'argent en surplus.

Bref, si je gère bien mon 1 000 000$, il me rapportera beaucoup d'argent.

C'est du parasitisme. Ça n'a rien à voir avec la valeur réelle de l'argent. Le surplus que tu gagne est le résultat du parasitisme. Le processus est toujours le même :

- Investir
- Attendre
- Récolter

Donc, la vraie valeur de mon million, ce n'est pas uniquement le million de dollars qu'il vaut actuellement. Sa vraie valeur, c'est le million qu'il vaut actuellement plus l'argent qu'il peux me rapporter dans le futur si je l'investis intelligemment. Si tu veux avoir une compréhension plus objective de la valeur de l'argent, tu ne dois pas seulement tenir compte du présent. Tu dois aussi tenir compte du futur (et ajuster cette valeur future avec le taux d'inflation bien entendu).

En général, le futur signifie une baisse de valeur, la plupart des objets ayant tendance à dépérir avec le temps, donc c'est opposé à ce que vous prétendez. De plus, l'inflation est causée par les intérêts sur les prêts (un investissement est équivalent), puisqu'il y a toujours plus d'argent pour moins de produits. Dire qu'un pain vaut plus dans 10 ans, c'est totalement subjectif...

Voilà pourquoi le système est fondé sur le taux d'intérêt. Si tu abolis le taux d'intérêt, les gens qui ont de l'argent à épargner ne trouveront plus aucun avantage à prêter leur argent. Au contraire, ils n'y trouveront que des désavantages car, d'une part, leur argent aura été dévalué une fois qu'ils auront été remboursé (à cause de l'inflation), et d'autre part, ils risquent de ne pas être remboursé.

Voir paragraphe précédent. Comme c'est l'intérêt qui provoque l'inflation, ce que tu dis est insensé. Et comme les gens n'auront plus d'avantages (c'est-à-dire, occasions de parasiter) à prêter (ce qui est quand même subjectif, puisque ça rend service), alors il n'y aura que des prêts sans intérêts, et personne ne s'en plaindra. Sauf ceux qui, auparavant, parasitaient leurs concitoyens...

C'est quand même étonnant d'en venir à penser que l'intérêt est important, voire essentiel, du point de vue du prêteur...
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'La solution'

Messagede Gerry Flaychy » Mer Déc 29, 2010 11:06 pm

Trax a écrit: Si on considère la solution, c'est-à-dire, une banque publique qui prête sans intérêts, il n'y a plus aucun avantage à demander à un particulier de prêter de l'argent avec intérêts, puisqu'il y a une façon d'en obtenir sans intérêts...

Ça c'est bien vrai !

Plus besoin d'aucune banque ni d'aucun prêteur. Pas besoin pour les gouvernements d'émettre quelqu'obligation que ce soit. Idem pour les compagnies. N'importe qui pourrait aller à cette banque, emprunter le montant qu'il désire, pour le terme qu'il désire, et quand vient le temps de rembourser, il réemprunte à nouveau le même montant pour un autre terme. D'ailleurs pourquoi rembourser puisque cette banque pourrait produire de l'argent à partir de rien, et donc remplacer facilement dans ses coffres l'argent qui en sortirait au fur et à mesure qu'il en sortirait ? Qu'aurait-elle à gagner à se faire rembourser ? Rien ! Absolument rien !

Même plus besoin de travailler pour obtenir de l'argent puisqu'on pourrait en obtenir tant qu'on veut tout simplement en empruntant de cette banque magique !

Est-ce cela 'la solution' proposée ?
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede BusterBunny » Mer Déc 29, 2010 11:25 pm

Trax a écrit:OK, je pense comprendre le problème. Les exemples de Buster sont peu pertinents parce qu'ils impliquent des personnes individuelles, et non les banques.


Ça ne change rien. On parle d'intérêt. Que ce soit les banques ou les individus, on s'en fout. C'est la valeur de l'argent dans le temps :roll:

Une autre différence qui ne figure pas dans les exemples de Buster, est que l'argent à être emprunté pour un ordinateur n'existe pas encore, alors que l'ordinateur, lui, existe déjà. Sa valeur (de vente) est donc déjà connue et fixée. En réalité, l'idée même de devoir payer des intérêts (c'est-à-dire, plus que le prix de vente) pour jouir d'un produit qui existe déjà est une idée subjective, et plutôt illogique...


Non, vous prenez le problème à l'envers. Pour créer cette production sans qu'il y ait eu de vente, il a dû y avoir un investissement à priori.


C'est du parasitisme. Gagner 2 millions de $ sans rien faire, c'est du parasitisme, même si c'est sur 20 ans. Même en jouant le jeu, la différence est que moi, je n'aurais aucune garantie. Les banques peuvent le faire sans aucun risque puisque 1) l'argent est créé à partir de rien, et 2) les banques peuvent saisir les collatéraux mis en garantie. Je n'ai pas ce pouvoir...


Ce n'est pas ce que je vous demande.
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Les parasites

Messagede Gerry Flaychy » Mer Déc 29, 2010 11:45 pm

Trax a écrit:
Gerry Flaychy a écrit:Pourquoi un prêteur serait-il alors *obligé * de lui en donner l'usage, premièrement;
et en plus, deuxièmement, en échange de rien en retour ?

La réponse à cette question est une réponse subjective. Je répondrais la même chose à l'envers : pourquoi l'emprunteur serait-il obligé de payer des intérêts ?

Pourquoi l'emprunteur est-il obligé d'emprunter, première des choses ?

Si l'emprunteur veut le montant immédiatement, c'est parce qu'il y a plus de valeur à ses yeux de l'avoir immédiatement que de l'avoir plus tard. Si le prêteur lui aussi pense la même chose, il n'y aura pas de prêt. Si aucun prêteur ne veut prêter dans cette situation, mais que l'emprunteur s'entête à vouloir emprunter quand même, il faudra bien qu'il offre une compensation quelconque à l'un ou l'autre prêteur pour réussir à obtenir un prêt. Évidemment, il peut toujours décider d'aller faire un vol !

Ce n'est pas parce que quelqu'un désire un montant d'argent immédiatement, que celui qui a ce montant est automatiquement obligé de lui prêter, et encore moins obligé de lui prêter gratuitement ! Il n'y a que les parasites qui pensent que tout le monde se doit de leur prêter de l'argent et, pire, de leur prêter gratuitement en plus :!: :!: :!:
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Gerry Flaychy » Jeu Déc 30, 2010 12:08 pm

Trax a écrit:
Gerry Flaychy a écrit:Bref, pourquoi les emprunteurs *doivent-ils nécessairement * recevoir l'usage d'un bien gratuitement, sans rien donner en retour ? Sont-ils des parasites qu'on doive gaver au moindre désir manifesté par eux ?

L'argent n'est pas un bien. Si tu étais pogné dans le désert avec de l'argent, tu mourrais rapidement, faute d'avoir des biens pour subvenir à tes besoins...

Les biens pour subvenir à nos besoins dont vous parlez sont ceux qu'on appelle biens de consommation. L'argent, ou ce qu'on appelle l'argent, ou la monnaie, n'est pas un bien de consommation.

Il y a aussi les biens servant à la production, et les biens servant aux échanges en tant qu'intermédiaires. L'argent est un bien, parmi d'autres, servant aux échanges en tant qu'intermédiaire.

Donc ma question demeure, à savoir: «Bref, pourquoi les emprunteurs *doivent-ils nécessairement * recevoir l'usage d'un bien gratuitement, sans rien donner en retour ? Sont-ils des parasites qu'on doive gaver au moindre désir manifesté par eux ?».
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Re: 'La solution'

Messagede Trax » Jeu Déc 30, 2010 7:49 pm

Gerry Flaychy a écrit:Plus besoin d'aucune banque ni d'aucun prêteur. Pas besoin pour les gouvernements d'émettre quelqu'obligation que ce soit. Idem pour les compagnies. N'importe qui pourrait aller à cette banque, emprunter le montant qu'il désire, pour le terme qu'il désire, et quand vient le temps de rembourser, il réemprunte à nouveau le même montant pour un autre terme. D'ailleurs pourquoi rembourser puisque cette banque pourrait produire de l'argent à partir de rien, et donc remplacer facilement dans ses coffres l'argent qui en sortirait au fur et à mesure qu'il en sortirait ? Qu'aurait-elle à gagner à se faire rembourser ? Rien ! Absolument rien !

C'est débile, ce que tu dis, et te le sais très bien. Je ne vois pas trop où tu vas chercher l'idée que l'absence d'intérêts nous donne la liberté absolue d'emprunter sans penser. C'est quoi cette folie furieuse ? Faire un emprunt implique un contrat de remboursement. Si les gens comme vous commencent à pèter les plombs dès le moment où vos croyances sont ébranlées, on est en droit de s'inquiéter...

Pour le reste, ta pensée est affreusement individualiste, pour ne pas dire primale. Le chacun-pour-soi, le c'est-pas-mon-problème, le je-n'y-gagne-rien, et quoi d'autre encore ? Quelle question stupide. Qu'est-ce que j'y gagne ? Personnellement, rien. Si on fonde un organisme, et que cet organisme a une mission, on y gagne tous si la mission est accomplie, point à la ligne. Tout le monde gagne. C'est merveilleux, non ? Pour des gens comme toi, on croirait que non, ce n'est pas merveilleux. À te lire, la seule merveille, c'est ta petite personne. Je gagne, c'est bien. Les autres gagnent, je m'en câlisse. Très primitif...

Une banque publique appartient à tout le monde. On se fout de ce que la banque "gagne". Ce n'est pas le but. Si tous les emprunteurs y gagnent, on se fout de ce que le prêteur gagne lorsque ce prêteur représente tout le monde. Tout le monde gagne...
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Gerry Flaychy » Jeu Déc 30, 2010 8:30 pm

Trax, vous avez oublié de lire la petite question à la fin, à savoir: «Est-ce cela 'la solution' proposée ?».

Parce que de la façon dont vous exprimez vos idées, c'est la conclusion qu'on en tire. Mais si ce n'est pas le cas, dites-nous alors comment cette banque va fonctionner selon votre projet.

Par exemple, cette banque va-t-elle créer sa monnaie à partir de rien ?
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Re: Le Québec serait au bord du précipice financier ?

Messagede Trax » Ven Déc 31, 2010 6:59 am

La réponse est : c'est une partie de la solution...

Ensuite, éliminer les intérêts n'est pas tant un "projet" qu'un simple principe qui est en accord avec la logique mathématique, l'éthique sociale et l'impartialité économique. A la rigueur, on peut aussi considérer le principe comme une partie de la solution...

C'est certain que la monnaie doit être créée et détruite à un moment donné par quelqu'un, tôt ou tard. Il existe une question assez difficile sur laquelle beaucoup de gens s'ostinent depuis longtemps, à savoir si le crédit doit être créé à la production ou à la consommation. Je penche du côté "production", puisque c'est une façon beaucoup plus simple (et directe) de contrôler la quantité de monnaie qui circule pour acheter la production. S'il manque de monnaie, on se retrouve avec du stock qui traine sur les tablettes. Le problème de la création à la production devient apparent lorsqu'on a affaire à des grosses sommes d'argent, qui sont "dompées" sur le marché avant que les produits ne soient mis en vente. On peut par exemple atténuer l'impact en faisant des prêts progressifs. Sans compter qu'en général, si on produit en fonction de la demande ("pull"), la somme totale nécessaire à la production n'a pas à être prêtée d'un coup. Il y a toujours une façon de payer les moyens de production sur une échelle de temps plus grande. C'est d'ailleurs ce qui se fait déjà...

En optant pour la création de monnaie à la consommation, on ne peut pas évaluer la capacité de paiement avant que la production ne soit complétée et mise en vente. Par contre, on peut minimiser l'inflation temporaire provoquée par une augmentation de la quantité de crédit en circulation, si elle a effectivement lieu...

Ceci dit, peu importe la méthode, il faut que l'un des deux provoque la création de crédit et que l'autre provoque sa destruction. Et les deux doivent s'annuler le plus possible. Le fait qu'il y ait un remboursement périodique à la banque (pour les producteurs) peu également favoriser la surproduction, ce qui n'est pas désirable...
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