PLANÈTE PLATEAU
http://blogues.canoe.ca/ericduhaime/enj ... te-plateauDans son dernier numéro de novembre, le magazine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Le Trente, consacre sa une à «la clique du Plateau». On y apprend que 53% des journalistes membres de la FPJQ habitent l’île de Montréal et le tiers le Plateau Mont-Royal.
Il ne faut donc pas s’étonner de constater, par la suite, que la presse québécoise reflète une idéologie montréaliste de gauche. Plus d’un journaliste sur trois habite dans un ghetto où le débat entre la gauche et la droite en est un entre Amir Khadir et le Parti Québécois. 33% des journalistes sont représentés à l’Assemblée nationale par un député de Québec solidaire, ce qui n’est pas le cas de 99,2% des Québécois.
Plus de 95% des journalistes membres de la Tribunes de la presse à l’Assemblée nationale sont aussi syndiqués. Comme le démontre le récent refus de la majorité d’entre-eux d’accréditer deux journalistes du Journal de Québec, ils sont souvent plus syndicalistes que démocrates. Reporters sans frontières est venu nous le rappeler cruellement cet été.
DOUBLE STANDARD
Avant qu’il se soit so-so-so-sauvé d’un débat contre moi il y a trois semaine à l’émission Franchement Martineau, le président de la CSQ, Réjean Parent, me coupait constamment la parole en criant que je ne disais «que des niaiseries». Samedi dernier, dans La Presse, le chroniqueur Pierre Foglia me traitait d’imbécile.
Être membre a donc ses privilèges. Les membres de la clique du Plateau, dont Foglia s’auto-décrit comme «un insigne représentant», peuvent s’en permettre plus que les autres. Ils peuvent insulter leurs adversaires, les traiter de tous les noms en toute impunité, comme ne se gênent pas de le faire Parent et Foglia, sans courir le risque de passer par où Jeff Fillion est passé pour pareille injure.
Imaginez juste un seul instant que le gouvernement conservateur à Ottawa refuse d’accréditer deux journalistes représentants un média jugé trop à gauche ou si je qualifie un chef syndical de crétin…
GAUCHE
La clique peut même modifier la définition de la gauche. Pour une écrasante majorité d’entre nous, de façon simplifiée, la gauche signifie plus d’intervention d’état alors que la droite en signifie moins.
Pour la gauche Plateau, le Québec actuel serait de droite. Seuls Cuba, la Corée du Nord et Hugo Chavez résisteraient à la montée du tout-marché. Le fait que, depuis son arrivée au pouvoir en 2003, le gouvernement de Jean Charest ait engraissé la taille de l’état, embauché plus de fonctionnaires, augmenté les taxes et la dette, rien n’y fait. Tant qu’il restera du privé, on est de droite.
L’idéal social de la gauche Plateau semble être un monde où une avant-garde éclairée (une clique) mène et décide. Cette caste détient des droits dont elle seule peut jouir. L’absence de responsabilité individuelle est une devise politique érigée en système.
Heureusement, avec l’essoufflement du débat référendaire qui force le réalignement de certains médias et la montée des médias sociaux, la clique du Plateau s’isole de plus en plus sur sa propre planète et s’éloigne de notre galaxie politique
“There is one good thing about Marx: he was not a Keynesian.” — Murray N. Rothbard