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Un invité de Khadir sommé de s’excuser auprès du peuple libyen
Le 11 mars dernier, Amir Khadir recevait à l’Assemblée nationale le parlementaire israélo-palestinien Jamal Zahalka venu plaider en faveur des droits « bafoués » des citoyens palestiniens d’Israël (étiquette préférée du segment d’Arabes israéliens qui rejettent la légitimité d’Israël) et promouvoir le boycott d’Israël au Québec.
Quelques semaines plus tard, Zahalka et une délégation de parlementaires israélo-palestiniens plaidaient en faveur des droits « bafoués » des Arabes israéliens dans la tente du tyran libyen Mouammar Kadhafi auquel ils conférèrent idolâtrement les titres de « roi des rois d’Afrique » et « roi des rois du monde ».
Au retour en Israël du député Zahalka, qui est détenteur d’un baccalauréat, d’une maîtrise et d’un doctorat de la plus prestigieuse université israélienne, on apprit que Kadhafi songeait à ouvrir les portes de ses écoles et de ses universités aux Arabes israéliens dont l’accès à l’éducation serait entravé par le gouvernement israélien.
Or cette semaine, alors que Kadhafi réprime dans le sang le soulèvement de son peuple contre son régime tyrannique, l’écrivain israélo-arabe Salman Masalha a sommé l’invité de Khadir à l’Assemblée nationale et ses acolytes de s’excuser non seulement auprès du peuple libyen, mais aussi auprès des citoyens arabes d’Israël qu’ils prétendent représenter:
Toutes les personalités publiques arabes qui ont été en Libye y furent comme des mercenaires politiques au service de Kadhafi le tyran. Ils devraient désormais exprimer publiquement leur remord et demander pardon, d’abord au peuple libyen et ensuite aux citoyens arabes qu’ils prétendent représenter.
Rendre des comptes publiquement n’est pas seulement nécessaire, mais montrerait qu’ils ont appris leur leçon et comptent s’amender. Sinon, les citoyens arabes d’Israël devraient leur tourner le dos et les jeter aux poubelles tout comme les nations arabes se soulèvent contre leurs dirigeants corrompus. (« Arab MKs Must Beg Forgiveness for Libya Visit », Salman Masalha, Ha’aretz, 27,12,2011)
Depuis le début des soulèvements arabes, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par des dictateurs en manque de légitimité afin de détourner l’attention de leurs peuples de leur propre misère. Dès les premiers jours du soulèvement égyptien, la journaliste Mona Eltahawy écrivait que « les soulèvements guérissent le monde arabe de leur dépendance à un opiacé, l’obsession avec Israël », tandis que l’essayiste Nick Cohen notait cette semaine dans The Guardian que « loin d’être une cause de la révolution, l’antagonisme à Israël a partout servi les intérêts des oppresseurs ». Question de le confirmer, le dictateur yéménite Ali Abdullah Saleh a déclaré aujourd’hui que les soulèvement arabes sont fomentés par Israël.
Si la cause de cette délégation israélo-arabe était, comme elle le prétendait, d’améliorer les droits civils des Arabes israéliens, pourquoi ont-ils accepté une invitation personnelle d’un dictateur qui a refusé à sa population les plus fondamentaux des droits civils? En faisant des courbettes devant le « roi des rois » libyen, ces Arabes israéliens ne contribuaient qu’à polir la légitimité de Kadhafi comme protecteur de la cause palestinienne.
La prochaine fois que le fougueux justicier de l’Assemblée nationale prétendra qu’il faut boycotter Israël par solidarité avec l’appel de la « société civile palestinienne », vous saurez que les représentants de cette soi-disant société civile ne sont que de fieffés hypocrites au service, non pas de la justice sociale pour leurs électeurs, mais du dénigrement d’Israël.








