FL2094 a écrit:Je suis content que tu ais la vision que c'est pas un jeux vidéo(des soldats que tu peut déplacer d'un coin à l'autre avec infini de munitons et de carburant) mais des vrais humains avaec des besoins qui vont avec.
Et comment!
Pour aller dans ce sens, je te transcrit un extrait des ‘’Carnets de guerre’’ de Vassili Grossman, des choses que l’on ne voit jamais dans les films où les héros sont tout propres…
C'était ça la véritable guerre!
<<Oh là là! Elle est vraiment terrible la force de cette gadoue. Rien qu’a voir comment ce fléau de la guerre qu’est la poussière est plus agréable que toute les fleurettes printanières. La poussière d’aujourd’hui nous parait sentir délicieusement bon.>>
Il y a quelques jours cette même steppe était pleine de hurlement perçant des camions de une tonne et demi, de trois tonnes, des Yaz de cinq tonnes, des tracteurs, des véhicules a chenilles, des Dodge et des Studebaker. Ils rugissaient dans un furieux effort pour s’arracher aux milliers de ventouses de la boue et suivre a temps l’infanterie, leurs roues engagées mais impuissantes rejettent des mottes gluantes, tournant a vide dans des ornières glissantes d’huile. Et des milliers d’hommes en sueur, maigre et noueux, tirant en serrant les dents, tirant le jour, tirant la nuit, sous une pluie incessante et une neige incessante, lourde, fondante et trois fois maudite, les énormes arrières des troupes qui avançaient. Qui dira la grandeur de l’exploit des nôtre? Qui écrira l’épopée de ce mouvement jamais vu au monde, de cette avancée nuit et jour sans un instant de repos? Les fantassins marchaient, portant sur eux une fois et demi leurs charge habituelle de munitions, (La quantité normale de munitions était augmentée de cinquante pour cent pendant une avancée parce que le ravitaillement était plus aléatoire.) ils marchaient dans leurs capotes trempées, lourdes comme du plomb. Un vent du nord cruel les fouettaient et les capotes gelaient, raides sur le corps comme des piquets, comme faites de fer-blanc. Des coussinets d’une livre de boue leur collaient aux bottes. Parfois ils ne parcouraient pas plus de un kilomètre en une heure, tellement le chemin était pénible. Il n’y avait pas un endroit sec a des dizaines de kilomètres a la ronde et pour souffler ou se rechausser les soldats s’asseyaient dans la boue. Les servant de mortier faisaient route à côté des fusiliers, chacun portait sur soi une demi-douzaine de bombes accrochées avec des ficelles sur le dos ou la poitrine.
<<Peu importe, disaient les soldats, pour les Allemands c’est encore pire, pour les Allemands c’est la fin…>>
Il n’y eu pas de tâche plus terrible que la construction du pont sur le boug méridional. Les sapeurs ne disposaient que d’une base minuscule sur la rive occidentale, l’ennemi ne les lâchait pas et les sapeurs construisaient le pont non pas sous le feu des Allemands, mais carrément en son sein. La vase semblait ne pas avoir de fond : le pilotis d’essai s’enfonça a onze mètres de profondeur comme dans une pâte molle.








