J'ai récupéré un de mes travaux en Science Politique cette semaine. Si ça vous intéresse, voici quelques opinions sur l'avenir de l'équilibre mondial. Vous pouvez rire de mes fautes...
Multipolarité?
L’Éléphant étatsunien
Songez aux États-Unis d’Amérique et vous visualisez un aigle à tête blanche. Après tout, il s’agit de leur emblème national et ce depuis 1782, cinq ans avant la ratification de la constitution étatsunienne. Pourtant, ce grand oiseau n’est pas vraiment une représentation adéquate de ce pays. Un aigle, c’est un animal profondément solitaire, carnivore et rapace. Benjamin Franklin, père fondateur par excellence, considérait qu’il s’agissait d’un oiseau de ‘’mauvaise moralité’’ et un paresseux. Selon moi, un animal plus approprié pour représenter la superpuissance mondiale serait l’éléphant, ironiquement déjà le totem du parti républicain américain, particulièrement en tant que projection du rôle des États-Unis sur la scène internationale. Puissant, imposant, dangereux si vous êtes dans son chemin mais très pratique à suivre, puisqu’il ouvre le chemin, c’est ça l’éléphant. Ce n’est pas un prédateur à proprement parlé, mais il peut tuer si tel est son besoin. C’est le premier sur lequel les regards se posent et le l’harmonie de la savane dépend de ses humeurs.
Cependant, le règne de l’éléphant n’est pas éternel. Depuis déjà plusieurs années, les experts prédisent le déclin des États-Unis et de leur domination du globe. À la manière de Rome, Byzance et Samarkande, est-il possible que Washington se dirige vers sa chute? Assistons-nous à la naissance d’une nouvelle suprématie chinoise, indienne ou encore européenne?
Ce qui est clair, c’est que le paradigme actuel ne peut pas durer, du moins, pas dans sa forme actuelle. La nature unipolaire du système politique planétaire, sous la gouverne de l’éléphant américain, sera mise à mal. Nous verrons dans, les pages qui suivent, qu’elles en sont les causes et les conséquences plausibles ainsi que les nouveaux joueurs qui définiront la scène géopolitique du 21ième siècle et au-delà.
Un peu d’Histoire
Avant de parler d’avenir, il est important de s’attarder au passé. Rome, ou dans ce cas ci Washington, ne s’est pas construite en un jour et le paradigme actuel est attribuable à bien plus qu’à l’exceptionnalisme étatsunien.
Béni par un taux de croissance démographique prodigieux grâce à une immigration hors du commun ainsi que par un processus d’industrialisation phénoménale, les États-Unis d’Amérique sont entré dans le 20ième siècle sans réels ambitions hégémoniques. En effet, la doctrine diplomatique de la Maison Blanche avait généralement été caractérisée par le non-interventionnisme depuis l’époque des pères fondateurs. Cette approche changea dès 1901 avec l’élection de Théodore Roosevelt , qui se servi amplement de tout les outils mis à sa dispositions pour améliorer la stature de son pays sur la scène internationale. Bien sur, l’Europe était encore la puissance dominante de l’époque et les interventions du vingt-sixième président étatsunien étaient bien peu pour rivaliser avec les puissants empires coloniaux du vieux continent.
Pourtant, toute cette puissance issue de siècles d’Histoire ne fut pas assez pour limiter les dégâts des deux plus importants conflits armés de notre histoire. Les deux guerres mondiales changèrent pour toujours la face du monde et offrirent aux États-Unis les plus belles opportunités économiques et politiques dont ils auraient pu rêver.
La reconstruction des pays outre-Atlantique devint un moteur économique hors du commun pour l’Oncle Sam. Fouettée par une vague d’immigration accru, une hausse de croissance démographique naturelle, le baby-boom, ainsi que par une conjoncture économique très profitable , les États-Unis sont devenu les champions d’une nouvelle économie mondiale qui, avec le temps, deviendrait de plus en plus massive.
Cependant, la Maison Blanche n’allait pas simplement se contenter d’être à la tête du plus riche et plus puissant pays au monde. Après tout, être à la tête de cette confrérie des nations implique aussi un rôle de leadership. Cette ambition se réalisa d’elle-même grâce à la monté en puissance de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Devant pareil géant, l’Occident européen capitaliste, trop affaibli par les flammes des deux conflits mondiaux, se tourna vers Washington, nouveau gardien du monde libre . L’avènement du rideau en 1949 de fer entraîna la naissance du monde bipolaire. Ce nouveau paradigme, ponctué par les soubresauts de la Guerre Froide, ouvra le chemin pour une toute nouvelle hégémonie étatsunienne.
En 1989, la destruction du mur de Berlin et la chute de l’URSS changea la donne. Couronnés de ce succès, les États-Unis d’Amérique devinrent LA puissance mondiale. Leur modèle économique; le capitalisme, devint la seule réelle norme internationale et leur mode de fonctionnement politique, un idéal à atteindre. Dans toutes les situations particulières, qu’ils s’agissent de crises politiques en Afrique, de chocs économiques en Asie ou de conflits militaires en Amérique Latine, c’est la réaction du locataire de la Maison Blanche que tous observent. De plus, c’est à partir de cette dernière que les autres pays construiront leurs propres réactions, qu’ils soient ou non alliés avec le géant. D’après les mots du politologue Fareed Zakaria, en cet âge de l’unipolarité étatsunienne, «toutes les routes mènent à Washington» .
Il y a maintenant plus de 20 ans que nous évoluons dans ce paradigme. Pourtant, beaucoup indique qu’il ne durera pas éternellement. Un monde politico-économique en constante transformation aura en évidence un jour raison du système actuel.
Qu’elle avenir peut on imaginer pour le monde et qui en seront les nouveaux acteurs principaux? Nous pouvons nous poser la question…
Un nouveau vieux continent
Il n’est pas agréable de perdre sa place en haut du podium. Cependant, ce genre de traumatisme est souvent la cause de réformes et de nouvelles idées. Dans le cas de la vieille Europe, cela c’est manifesté par la fondation du Conseil de l’Europe en 1949 et, bien sur, par la naissance, en 1957, de la Communauté Économique Européenne (CEE), qui deviendra plus tard l’Union Européenne (UE).
À Travers ces unions économiques, les pays du vieux continent ont resserré leurs liens économiques, uniformisez leurs politiques et fait front commun face à la globalisation des marchés. À travers ces processus, l’UE est devenu la première puissance économique au monde, devant l’Éléphant américain . Elle sembla donc être le principal facteur menant à la fin de l’unipolarité étatsunienne.
Malheureusement pour Bruxelles, cette suprématie est beaucoup plus relative que le laisse croire le produit intérieur brut. Une lecture du PIB par habitants, qui est encore aujourd’hui inférieur en Europe par rapport aux États-Unis, laisse déjà entrevoir les faiblesses du nouveau géant. En effet, depuis 2005, une succession d’évènements politiques, économiques et sociaux ont démontré les limites actuelles de l’Union Européenne. Au niveau politique, le rejet de la Constitution Européenne par référendum en France et au Pays-Bas en 2005 a montré la grande difficulté des états du vieux continent à agir de concert. Les intérêts commun sont encore aujourd’hui trop subordonné aux désirs des différents états-nations pour espérer voir émerger les ‘’États-Unis d’Europe’’. Pour ce qui est de l’économie, la crise de 2007 a eu de terribles conséquences. L’Euro, il n’y a pas si longtemps considéré comme l’héritier du dollar étatsunien, est constamment remis en question et les pas de géants qu’a connus l’essor financier européen sont mis à mal par l’effondrement économique de plusieurs pays membre tel que l’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Irlande . D’après les estimations du magasine, The Economist, plusieurs autres pays tel que la France, le Royaume Uni, l’Italie, la Belgique ou encore le Danemark feront face à une année 2011 économiquement pénible .
Bien sur, la crise finira bien par passer. L’Europe va d’une façon ou d’une autre survivre a cette épreuve. Ils ont connu bien pire.
En toute évidence, l’Union Européenne ne causera pas le déclin des États-Unis. En effet, sa croissance, loin d’être une donnée surprenante, s’inscrit dans la continuité historique. Après tout, le vieux continent a fini sa phase de développement au même moment que le géant étatsunien. L’Europe est puissante depuis des siècles et sa reprise en main n’entraîne pas en elle-même un changement radical du paradigme du monde unipolaire américain. Donc, l’UE a relativisé l’importance de Washington, mais est resté dans son sillage, derrière l’éléphant.
Sur cette BRIC, je bâtirai de nouvelles puissances
Si il y a un changement important dans le règne animal de la politique internationale, c’est la monté en puissance du jaguar brésilien, de l’ours russe, du tigre indien et du dragon chinois. Les pays du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) connaissent une croissance économique ‘’Big Bang’’ et sont destiné à devenir des joueurs incontournables sur la scène mondiale.
Ironiquement, le pays représenté par la première lettre de l’acronyme est celui dont l’importance est le plus souvent sous-évaluée. Il y a à peine 20 ans, l’ancienne colonie portugaise était considérée comme un état du tiers monde parmi tant d’autres. Un système politique fragile, une croissance chancelante, une inflation hors contrôle et une dette toujours plus imposante furent les principaux attributs que l’on donnait à ce pays. Avec une situation pareille, peu auraient pu prédire que le scénario actuel. En effet, le Brésil connait aujourd’hui une ère de prospérité qui fait rougir d’envi les pays occidentaux. Cette nouvelle marge de manœuvre financière a permis au gouvernement de s’épanouir sur la scène internationale et d’assumer son indépendance diplomatique à travers des rapprochements avec d’autres pays tel que, bien sur, les autres membres du BRIC, ou encore d’autres pays émergeant tel que l’Iran , un geste pouvant être interprété comme provocateur, mais aussi très frappant en tant que démonstration de pleine souveraineté, tout cela en assurant son influence sur le continent sud-américain. Cependant, les inégalités sociales et économiques sont encore omniprésentes dans la société brésilienne. La capacité des futurs gouvernements à faire face à ces problèmes seront un facteur déterminent pour l’avenir du pays. Donc, nous assistons à la naissance d’une nouvelle puissance qui ne peut que changer l’équilibre géopolitique mondiale, ou au moins celui de l’Amérique Latine.
Le retour de la Russie est un phénomène qui n’a rien d’étonnant. Malgré la chute de l’URSS, il est clair que le Kremlin n’allait pas perdre ces entrées dans les antichambres de ses anciens alliés. L’ancienne superpuissance a tous le potentiel de reprendre un rôle déterminant dans la politique internationale. Cependant, la Russie souffre de certains problèmes qu’il ne faut pas négliger. Malgré son grand potentiel économique, la Russie a été très durement touché par la crise . Ajouté à un taux de croissance démographique négatif et un gouvernement particulièrement corrompu , cette réalité fait de l’ours russe un colosse au pied d’argile, mais un colosse malgré tout. Plus le temps avance, plus il est clair que Moscou aura son mot à dire sur la politique de l’Europe orientale et sur l’Asie Centrale.
Le tigre indien est dans une position très enviable. Grâce à sa main d’œuvre abondante et peu couteuse ainsi que d’un processus de modernisation efficace, la terre des Maharajahs continue son ascension vers les plus hautes sphères politico-économique. Si la Chine est vu comme le Challenger des États-Unis, l’Inde est perçue comme l’allié pratique qui fait à la fois office de contrepoids à Pékin ainsi que de partenaire fondamental dans la lutte au terrorisme. En effet, avec une croissance de plus de 8% prévu pour 2011 , l’Inde résiste à la crise avec plus de panache que biens des pays qui, il n’y a pas si longtemps, ne voyait en elle qu’un pays pauvres criblé de crises humanitaires. Si cette croissance peut se maintenir, il est rationnel de prévoir que le revenu de l’indien moyen doublera en dix ans. Selon le politologue Fareed Zakaria, nous avons déjà pu observer les effets de cette vague de croissance, puisque plus de citoyens indiens se sont extirpé de la pauvreté durant les dix dernières années que lors des cinquante ans qui les ont précédés . Bien sur, l’Inde a aussi ses défis. Les tensions ethniques et religieuses sont encore vives et le problème des castes est encore omniprésent dans le paysage social du pays. Le Pakistan, éternel rival de New Delhi, est encore présent comme une écharde dans le flanc du tigre indien. Cependant, plus le temps passe, et mieux l’Inde se porte. Bien sur, il y a encore un conflit ici et là entre nationalistes hindous, fondamentalistes musulmans, intégristes chrétiens ou séparatistes sikhs en Inde, mais la croissance économique ainsi que l’amélioration des rapports sociaux qui en découlent prennent racine. D’après les estimations du Goldman Sachs, l’Inde aura atteint d’ici 2050 un produit intérieur brut comparable à celui des États-Unis . Cette puissance économique ajoutée à son poids démographique comparable seulement à la Chine est une preuve que l’unipolarité américaine ne peut durer.
Le dernier pays représenté dans l’anagramme du BRIC est, bien entendu la Chine. La puissance de l’ancien empire du milieu est déjà une réalité avec laquelle l’ancien paradigme de la domination étatsunienne doit apprendre à composer. En effet, la Chine à déjà dépassée l’Allemagne et le Japon pour devenir la seconde puissance économique mondiale. De plus, l’importance grandissante de Pékin se manifeste aussi au niveau diplomatique. À travers le dévoilement de la stratégie politique chinoise en cinq points par Hu Jintao en 2008, la Chine à exprimé son ambition d’être un joueur plus important sur la scène internationale en se dotant d’un «ensemble de théories doté d’une perspective internationale» . En toute évidence, le dragon semble prêt à voler de ses propres ailes et à sortir du sillage de l’éléphant étatsunien. Bien sur, ce pays au grand potentiel a encore d’importants obstacles à surmonter. Les importants changements sociaux qui suivent le succès économique chinois ne pourront que déstabiliser l’équilibre du parti unique de la république populaire. Comment réagiront les technocrates du gouvernement pékinois, dont le statut est plus souvent du aux capacités de navigations dans les eaux troubles de l’intra-partisannerie et du patronage à cette nouvelle réalité? Inévitablement, la nouvelle bourgeoisie chinoise, dont l’importance économique grandit à chaque instant, obtiendra de nouveaux pouvoirs, comme dans toute autres sociétés vivant une transition similaire. Si cette transition se fait harmonieusement, la Chine pourrait tranquillement prendre une place très enviable dans la dynamique internationale. Laissant derrière elle sa nature dictatoriale actuelle, elle serait garante de la fin du monde unipolaire étatsunien.
La monté de ses pays aura une incidence très importantes sur l’équilibre politique mondial. Une analyse de Goldman Sachs a prédit qu’en 2040, le PIB combiné de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Mexique sera supérieur à celui des pays membres du G7 . Bien sur, leur développement à grandement augmenté le dénominateur économique planétaire et, par conséquent, le gâteau est aujourd’hui beaucoup plus gros, même si ils en tirent une part d’importance plus grande.
Il n’y a pas que les Superpuissances qui comptent
Un autre changement notable dans la dynamique internationale est la réussite de pays qui, même si ils n’ont pas le potentiel de devenir des puissances au rayonnement planétaire, vont radicalement changer les équilibres régionaux. Parmi tant d’autre se trouve l’extraordinaire cité état de Singapour, aujourd’hui doté d’un PIB par habitant qui n’a rien à envié à n’importe quel pays occidental . Nous pouvons aussi évoquer la Turquie qui, grâce à une impressionnante croissance économique et d’importantes réformes politiques et sociales fait des pressions pour se joindre à l’Union Européenne tout en devenant un joueur de plus en plus important sur la scène du monde musulman .
Des exemples comme ça, il y en a des tas. Ces pays ne constitueront pas un obstacle fatal au paradigme international actuel en eux-mêmes, mais leur épanouissement économique et politique leur permettra une plus grande autonomie face au pouvoir de la Maison Blanche. Leur influence dans leurs régions respective devra être prise en compte par les décideurs étatsuniens, qui devront agir en conséquence.
Unipolaire? Bipolaire? Multipolaire?
Les défis que constitue la croissance des autres pays constituent-ils un arrêt de mort pour la puissance américaine? Nous dirigeons nous vers une chute terrible de l’empire dominant?
Personnellement, j’en doute beaucoup. Ce qui caractérise les prédictions des politologues et économistes n’est pas une vision de la chute des États-Unis, mais de la montée du reste. Malgré ce que peuvent en dire certains, l’hégémonie américaine ne s’est pas exprimé principalement à travers la guerre, mais surtout par le capitalisme. Par conséquent, plus le temps avance, plus les nouvelles puissances ont intérêt à voir les États-Unis prospérer. Après tout, le capitalisme est un système d’interdépendance économique et les marchés américains font toujours rêver le monde. De plus, à court terme, les États-Unis resteront en toute évidence la principale puissance mondiale. Après tout, la puissance et le leadership de Washington est une réalité qui n’est pas prête à s’estomper de si tôt. Bien sur, il y aura un déclin, mais ce dernier sera d’abord et avant tout relatif. La croissance économiques des États-Unis surmontera la crise et va se maintenir dans l’avenir, à moins d’un scénario catastrophe qui serait probablement tout aussi néfaste pour tous les pays dont il fut question dans ce travail.
Samuel P. Huntington un jour définit la situation actuelle comme étant un monde Uni-Multipolaire : «Une superpuissance, plusieurs puissances» . C’est cette réalité qui prendra de plus en plus d’importance dans la prochaine décennie. Éventuellement, certains pays rivaliseront économiquement avec les États-Unis, mais auront-ils un rôle pour autant comparables à celui tenu par Washington aujourd’hui?
En effet, s’il y a trop de pôles, on ne peut plus réellement parler de monde polarisé!
Dans la logique d’une mondialisation ou l’importance de l’État se dégradera avec le temps, cette conclusion semble plausible.
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