sollune a écrit:c'est trop long.
Moi, ce que je trouve trop long, c'est le temps que ça prend pour nous déclarer souverains.
Concernant ce texte, en voici quelques extraits:
L’individualisme est autre que l’individualité. Il est la principale maladie de l’homme moderne qui ne songe qu’à soi ou à ses proches, s’affranchissant de tout devoir de solidarité envers la société et l’humanité. L’individualiste poursuit ses intérêts privés, dissociés du bien public; la quête des jouissances permises et la passion de son propre bien-être l’absorbent à un point tel qu’elles finissent “par lui cacher le reste du monde”.
De plus, Tocqueville distingue l’individualisme, une des caractéristiques de la modernité, de l’égoïsme [ça c'est spécialement pour Buster], qui est de l’ordre de la nature humaine : “L’égoïsme est un amour passionné et exagéré de soi-même, qui porte l’homme à ne rien rapporter qu’à lui seul et à se préférer à tous. L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis, de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même .”
L’individualisme, cette maladie moderne, n’est pas sans remède,[...] Tocqueville [y] oppose les devoirs du citoyen [...]
[Il]fait évidemment appel à l’inévitable éducation au sens des responsabilités que devraient assumer les familles et l’école auprès des enfants. Il insiste aussi sur le rôle des diverses associations qui, intermédiaires entre les individus et l’État, permettent à ceux-ci de penser et d’agir en fonction d’une collectivité.
En passant, s'il est vrai qu'un certain nombre (mais combien?) de Y forment des associations pour militer pour certaines causes ponctuelles, le fait que ces associations soient nouvelles les laissent quelque peu coupés des grandes mouvances collectives et de leur héritage historique. Vive la nouveauté, et pour cela ils sont imbattables, mais ce n'est certainement pas en réinventant la roue, la grammaire et la façon de se servir d'un téléphone qu'ils réussiront à changer le monde à temps et adéquatement. Bref, il faut savoir recevoir l'héritage du passé, même si cela peut impliquer d'avoir à reconnaître son innoncence/ignorance un peu plus longtemps.
Les baby boomers ont transmis aux jeunes cette société de l’après Révolution tranquille, cette société toute ancrée sur les droits de l’individu, sur l’individualité. Le Québec d’aujourd’hui est une société où les individus jouissent d’une très grande liberté, mais au détriment _ nous pouvons le reconnaître aujourd’hui _ de la sécurité affective qu’apportaient les institutions traditionnelles, dont faisait évidemment partie la famille. Les jeunes ont donc hérité d’un monde libre et insécure.
L’individualité ne conduit pas nécessairement à l’individualisme. Elle peut aussi conduire à une solidarité librement assumée. Les baby boomers ont recréé cette solidarité en participant aux grands mouvements sociaux des années 1960 et 1970. La reconnaissance de la nation québécoise, l’accès des femmes à l’égalité, l’acceptation de l’orientation sexuelle de chacun, un système de santé public et universel et un réseau d’éducation unifié sont, malgré les lacunes, des avancées sociales dont ils peuvent être fiers.
L’individualité peut conduire à l’individualisme : nous le voyons partout. Et il faut reconnaître que le seul souci de soi et de ses proches ne se retrouve pas seulement chez des jeunes. Lorsque nous regardons les membres de ma génération, nous remarquons qu’ils ne sont pas égoïstes, prenant souvent en charge leurs enfants jusqu’à un âge avancé, tout en veillant parfois sur leurs parents en perte d’autonomie. Mais, comme l’a montré Tocqueville, on peut être généreux avec ses proches, tout en étant socialement individualiste [encore spécialement pour Buster].
Évidemment, la solidarité intergénérationnelle suppose non seulement pour les vieux, de tenir compte des jeunes qui les suivent, mais pour les jeunes, de faire des efforts pour comprendre la génération qui les précède. J’ai insisté ici sur les responsabilités des plus vieux, des gens de ma génération, mais je ne plaide évidemment pas pour une jeune génération qui refuserait d’assumer l’histoire et la place qu’elle y occupe.
Source: voir le lien dans mon message précédent
Québec, mon pays, un jour tu seras Souverain._______________________
Le fantôme de Cosmique



