La bataille de QuébecNouvelles générales - Politique fédérale
Écrit par Gabrielle Duchaine
Rue Frontenac, vendredi 25 mars 2011
QUÉBEC – Les élections fédérales 2011 n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements que déjà, tous les yeux sont tournés vers la région de Québec. C'est ici que s'annonce l'une des luttes les plus féroces du pays. D'un côté, les Conservateurs tenteront de conserver leurs acquis, de l'autre, le Bloc fera tout pour les leur arracher.
« On est très aguerri dans la région et on est prêt à en découdre», confiait récemment le critique bloquiste en matière de finances, Daniel Paillé.
Le duel s'annonce sanglant. Il pourrait bien sceller le sort du Parti conservateur, qui détient six circonscriptions dans la région (sept en comptant celle de l'indépendant André Arthur) et qui tentera d'obtenir une majorité au parlement. Les résultats dans la Vieille capitale et ses environs pourraient être décisifs. Les chefs en sont bien conscients.
Tout indique que Gilles Duceppe fera le premier coup d'éclat de sa campagne dans la région. Le chef, qui est venu assister à l'investiture de deux nouveaux candidats dans les dernières semaines, a déjà commencé à serrer des mains et faire la tournée sur le terrain avec certains candidats.
La rumeur veut que Stephen Harper soit aussi à Québec en début de campagne pour marquer l'importance qu'ont pour lui les électeurs d'ici.
Des candidats vedettes
Mais le Bloc a prévu le coup et mise cette année sur une imposante brochette de candidats vedettes. Dans Beauport-Limoilou, Michel Létourneau, membre fondateur du Bloc et du PQ et ancien directeur du Festival d'été de Québec, se mesure à Sylvie Boucher, l'actuelle élue conservatrice. Dans Louis-Saint-Laurent, la ministre Josée Verner est opposée à une athlète paralympique plusieurs fois médaillée, France Gagné.
Le Bloc québécois mise sur Richard Côté (Portneuf-Jacques-Cartier), Louise-Maude Gosselin (Lévis-Bellechasse) et Michel Létourneau (Beauport-Limoilou) pour ravir des circonscriptions conservatrices. Photos Olivier Jean
Plus à l'ouest, dans Portneuf-Jacques-Cartier, Richard Côté, un environnementaliste, croisera le fer avec l'ex-animateur de radio André Arthur, dont l'allégeance reste floue. Sur la Rive-Sud, dans Lévis-Bellechasse, Louise-Maude Gosselin, ancienne présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, s'attaque au fief de Stephen Blaney.
« Je vais être comme un pitbull en arrière de lui », promet Mme Gosselin, particulièrement animée.
L'équipe conservatrice aura sans nul doute la tâche difficile. Les gens ont sur le cœur l'histoire du colisée et le Bloc compte bien s'en servir. « Ça a mal été géré. Il y a du mécontentement et le dossier du colisée est venu cimenter tout ça. T'as beau mettre ton chandail des Nordiques, ça veut rien dire de plus », rage le candidat Michel Létourneau.
Frustrés et trahis
Beaucoup d'électeurs pensent comme lui. Rue Frontenac s'est promené dans plusieurs comtés et les commentaires recueillis vont tous dans le même sens. Les gens sont frustrés, ils se sentent trahis.
Malgré cela, Steven Blaney, élu en 2006 dans la foulée de la percée de Harper et réélu en 2008, reste confiant de les rallier. « Notre position est claire. Le dossier est réglé et les gens comprennent notre décision », croit-il.
Parmi les autres enjeux qui pourraient faire la différence dans la capitale : le pont de Québec, au cœur d'un litige pour déterminer qui, du fédéral ou du Canadien National, le restaurera, et le chantier naval Davie, à Lévis, qui tente d'obtenir un contrat du gouvernement pour construire ses bateaux.