Blogueuses ne rendez pas le web sexiste
C’est en jetant un coup d’oeil aux sites qui renvoyaient vers ce blog que j’ai découvert cet article de Rue89. Ainsi le web serait sexiste ! La preuve ? Pas un blog tenu par une fille ne figure dans le classement wikio des blogs politiques. Mais comment donc, même pas moi ? Eh non, on m’a classé dans « société ». Mince alors, c’est tellement vaste que j’y suis perdue ! Il ont dû le faire exprès, quand ils ont compris qu’Aliocha, diminutif russe masculin, dissimulait en réalité… Une femme ! Donc la toile est sexiste, et wikio aussi. En voilà une découverte. Toujours est-il que les féministes se plaignent. Et les blogueurs ricanent. On ne peut pas leur donner tout à fait tort. D’abord, comment elles le savent qu’il n’y a pas de femmes? Les intitulés des blogs ne sont pas forcément très explicites quant au sexe de leur auteur.
Tenez par exemple, rien que le number 1 des blogs politiques, « Partageons mon avis », il est drôlement neutre. L’auteur aurait pu choisir de s’appeler « Robert a des couilles », voilà qui aurait été connoté. Surtout s’il avait annoncé en plus qu’il entendait parler de sexe, de bière et de foot. Mais là, ce n’est pas le cas. Ensuite, il ne leur est pas venu à l’esprit, à mes copines, que s’il n’y a pas de femme dans le classement, c’est peut-être tout simplement parce qu’aucune de nous n’est aussi brillante que les blogueurs en matière politique? Aïe, me voici traître à la cause. Je viens de foncer tout droit dans un tabou. Tant pis, j’assume :
Les blogueuses n’osent pas faire de politique
Quoique… Les femmes n’osent pas aborder les sujets politiques, m’explique-t-on dans le même article. Nous y voilà. Pauvres pitchounes! Il est vrai que les femmes n’ont jamais osé se frotter à la politique, de Nefertiti à Angela Merkel en passant par Jeanne d’Arc, Marie de Medicis, Olympe de Gouges et Margaret Thatcher, toutes se sont cantonnées à filer leur quenouille, c’est bien connu, surtout en ces temps reculés où c’était autrement plus compliqué d’évoluer dans un monde apparemment dominé par les hommes. Je dis bien, « apparemment » tant il est vrai qu’on a oublié l’étendue infinie des pouvoirs que nous détenions quand nous avions la sagesse de n’en revendiquer aucun. Aïe, encore un tabou, je vais mal finir.
Le « beau sexe » blogue aussi
Ah, les filles… les filles….
Je vous aime bien, mais entre nous, ça vous surprend de vous faire traiter sur vos blogs de « salopes » comme vous dites, quand vous positionnez volontairement le débat sur le terrain sexuel, soit en parlant mode, cuisine et bébé jusqu’à la nausée, soit en vociférant justement après ces « salauds de mecs » qui vous empêchent d’exister, franchement? Vous ne croyez pas que vous le cherchez un peu? Notez, j’ai bien failli vous croire. C’est même une des raisons pour lesquelles j’ai opté pour un pseudo masculin en débarquant sur la toile. Je me suis dit : la parole d’un homme est plus crédible que celle d’une femme, en me faisant passer pour l’un d’entre eux, je m’épargnerai la commisération et les blagues sexuelles.
J’avais tout faux. Il y a ici plus de commentateurs que de commentatrices alors qu’ils savent depuis longtemps que j’appartiens à ce qu’autrefois on appelait le « beau sexe ». Et aucun d’entre eux n’a jamais dépassé les limites d’un amusant badinage, dans les cas les plus extrêmes. Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que je ne me positionne pas sur le terrain du genre, justement. Je me pense d’abord comme un être humain, un citoyen (même pas une citoyenne, j’en ai ma claque de la féminisation de tout, de cette guerre qui s’étend jusqu’à la grammaire au point de la rendre ridicule), et ensuite une femme. Il ne s’agit pas d’un reniement, mais d’une hiérarchisation. Je l’aime ma condition, je l’assume pleinement, mais je lui interdis de déborder.
Ma féminité ne prime pas sur mon humanité, elle la teinte, c’est tout.
Et encore, il m’arrive de me demander jusqu’à quel point la réflexion est susceptible d’être sexuée. Il me semble que cela dépend des sujets, des individus, des circonstances et de mille autres paramètres. Voyez-vous ce qui m’inquiète dans votre démarche, c’est votre aveuglement. Vous n’avez pas remarqué qu’on commence à leur faire sérieusement peur aux hommes? Ah mais si, les filles! Sont paumés nos jules. Savent plus s’ils doivent nous inviter au restaurant ou pas, nous proposer de nous raccompagner, nous tenir la porte. Ils se demandent si on les rêve papas poule ou au contraire absorbés par leur carrière, si l’on souhaite qu’ils soient riches et ambitieux ou tendres baladins. Ils finissent même par penser qu’on les veut tout à la fois carriéristes, poètes, machos, soumis, aimants, brutaux, viriles, émotifs, empathiques, indifférents, calmes, passionnés, mystérieux, proches, distants, complices, bref comme hier mais à la mode d’aujourd’hui et capables d’anticiper nos désirs de demain. Même nous, on ne sait plus très bien ce qu’on espère.
Je crois qu’il est temps d’arrêter la guerre. L’évolution vers l’égalité des sexes, ou plus exactement vers la suppression des inégalités sociales qui n’ont pas lieu d’être, cette évolution donc est lancée, plus rien ne l’arrêtera. Sauf peut-être un retour de boomerang si on va trop loin.
Contre-coup (de boomerang)
Mais revenons à notre sujet. Qu’est-ce qui vous chiffonne au juste? Qu’il n’y ait pas assez de femmes en tête des classements de blogs ? Ce n’est pas tout à fait vrai, elle tiennent le haut du podium dans les rubriques « loisirs », « gastronomie » et « scrapbooking » (je ne savais même pas ce que c’était avant de me pencher sur le classement wikio !). Qu’est-ce qu’on y peut si c’est là qu’elles performent ? Vous voudriez quoi? Que la mode devienne un sujet politique majeur? Ce serait ça, le triomphe de la cause des femmes dans la société? Ou bien regrettez-vous de n’avoir pas réussi à hisser un blog féministe en tête des blogs politiques? Et pour quoi faire ? Supprimer les discriminations injustes est utile et nécessaire, mais c’est un combat parmi d’autres. Or, j’ai l’impression que vous tentez d’en faire une vision globale de l’existence. Une grille d’analyse générale. Comme si tout se réduisait à un gigantesque affrontement entre les sexes.
Et ça vous étonne de ne trouver ni chez les hommes, ni même chez la majorité des femmes, un public enthousiaste? Mais on ne la partage pas votre vision du monde, essayez donc de le comprendre! C’est vous qui rendez le web sexiste à votre endroit en vous positionnant délibérément sur le terrain sexuel. Vous vous enfermez toutes seules et vous hurlez ensuite après vos prétendus geôliers. Tout le monde s’en fout du sexe des auteurs sur Internet, c’est même l’un des multiples intérêts de la chose.
Et c’est précisément cela que vous n’avez pas compris.
Source : Owni.fr
Le féminisme est-il soluble dans la blogosphère ?
Elles s'insurgent contre une blogosphère trop masculine. Face à la place manquante des femmes dans le débat public en ligne, les blogueuses féministes prennent la parole. Mais peinent encore à faire passer le message.
« En ligne, c'est simple : les filles parlent chiffons, les hommes parlent politique. » Directrice de la publication du webzine ZoneZeroGene.com, Gaelle-Marie Zimmermann a le mérite d'être claire. Avec d'autres rédactrices et blogueuses féministes, elles sont plusieurs à tenir le même discours : en matière d'égalité des genres, Internet ne fait pas mieux que le reste de la société. Le dernier classement des blogs par le portail d'information Wikio est un révélateur : dans la liste des « top blogs » politiques, aucun site personnel n'est tenu par une femme.
« Comment penses-tu agir sur Internet, si pendant ton enfance, on t'apprend à jouer à la poupée plutôt qu'à t'imposer ? », dénonce Caroline de Haas, animatrice du réseau Osez le féminisme ! . Pour cette ancienne secrétaire générale de l'Unef, le problème majeur des femmes reste celui de « l'occupation de l'espace » en public, qu'il soit réel ou virtuel.
Fondatrice du blog féministe CrepeGeorgette.com, Valérie le confirme : si certaines femmes « parlent chiffons », c'est bien parce qu'elles s'empêchent de parler d'autre chose.
« We can blog it »
C'est face à cette mise à l'écart que les blogueuses féministes interviennent. A défaut d'être plus féminin, Internet devient pour ces militantes virtuelles le moyen de montrer qu'au quotidien, l'égalité des sexes n'existe toujours pas. Florence, du blog féministe Fée Myrtille, explique :
« Comme moi, ces blogueuses ont cru que la génération précédente avait obtenu l'égalité entre hommes et femmes. Elles ont vite déchanté quand elles ont commencé à travailler, ont eu leur premier enfant et ont été confrontées aux premières injustices sexistes. »
Un certain relais de la cause des femmes passe ainsi par le Web. « Simple, anonyme et innovant » selon Florence : à première vue, le blogging féministe ne manque pas d'arguments en sa faveur. Mais le défi est de taille quand il s'agit d'accroître son impact. Valérie, du blog CrepeGeorgette.com, reconnaît :
« Il faut réaliser que le féminisme intéresse très peu de monde. Internet permet de converser à peu près avec n'importe qui, y compris celle ou celui qui se fout du féminisme. »
Car l'enjeu des blogueuses est bien là : rendre un discours féministe parfois diabolisé plus accessible, et davantage pris en compte. En un mot, gagner en diffusion grâce au 2.0.
« Pendant des années, le féminisme était la bête noire de beaucoup de personnes », rappelle Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales et rapporteure de la commission sur l'image des femmes dans les médias :
« Ces sites sont justement appelés à familiariser le public à une parole dite féministe, avec laquelle beaucoup peuvent se réconcilier. »
Sexisme en ligne, les premiers risques du débat
« C'est toujours un challenge de faire en sorte que nous ne prêchions pas juste auprès des convertis » reconnaît Jarrah Hodge, éditrice du blog féministe canadien Gender-Focus.com. Ayant suivi des études de genre et de sociologie, elle sait qu'elle ne peut pas s'adresser exclusivement, via son blog, à des internautes ayant le même bagage académique qu'elle.
Mais pour ces blogueuses, avoir un public hétéroclite relève aussi du défi. Quand tout, ou presque, peut se dire en ligne, un lectorat plus ouvert laisse la part belle aux commentaires les plus sexistes. « C'est tout le temps » raconte Chloe Angyal, journaliste freelance et rédactrice du site américain Feministing.com. « Je serais riche si je gagnais ne serait-ce qu'un dollar chaque fois que l'on me traite de lesbienne ou de salope ».
Si la virulence des propos varie selon les cas – Ariane Lavrilleux, journaliste et blogueuse sur Les Diablogues du vagin, parle plutôt de « réponses cinglantes » –, la tolérance vis-à-vis des commentaires sexistes reste une tendance qui perdure. Pour Olympe du blog Olympe et le plafond de verre :
« Il y a encore en France cette mentalité qui veut que les propos sexistes soient uniquement considérés comme de l'humour grivois, donc pas grave. »
Face aux provocations, plusieurs blogueuses féministes préfèrent pourtant laisser faire. Gaëlle-Marie Zimmermann de ZoneZeroGene.com explique :
« Une opinion qui contient des propos du type “vous êtes des blondasses mal baisées”, oui, c'est à la limite de l'injure. Mais si l'internaute explique cela clairement, est calme et ouvert à la discussion, on laisse. »
Signe d'un lectorat qui s'agrandit, certaines préfèrent des opinions divergentes à l'absence même de débat.
Tes militantes virtuelles, ça va deux minutes
Commentaires et sexisme mis à part, peut-on vraiment faire du militantisme féministe seulement sur Internet ? Caroline de Haas d'Osez le féminisme ! explique :
« Internet est très important pour déclencher l'intérêt, permettre un premier contact avec les gens. Mais ça n'ira pas plus loin. Personnellement, je ne crois pas aux personnes qui militent seules chez elles, devant Internet. Il manque ce côté collectif du militantisme. »
Pour Chloe Angyal aussi, « bloguer est un complément au militantisme ». Alors que Feministing.com s'impose aujourd'hui comme l'un des blogs féministes les plus influents aux Etats-Unis, la jeune fille reconnaît une limite à l'usage d'Internet : « Il n'y a rien de tel que l'énergie et l'efficacité d'une foule de personnes qui manifestent ensemble dans la rue. »
Source : Rue89.com
C'est vrai, quoi ! c'est quoi, cette tendance à vouloir donner un genre/sexe à toute activité ? Je ne dis pas que seules des femmes contribuent à cette polarisation.
Chaque personne, quel que soit son genre, gagne à entraîner/pratiquer une activité, même si elle n'est pas la plus forte, même si elle est déjà bien expérimentée.
Shokin



