Le Vendredi 14 janvier 2011 | Mise en ligne à 18h39 | Commentaires (77)
Sur l’homophobie présumée de Dire StraitsDepuis deux jours, le cas de Dire Straits a fait le tour du Canada.
Un auditeur terre-neuvien s’est plaint de la présence du mot faggot, dans le classique Money For Nothing. Faggot est un terme méprisant du langage populaire désignant un homosexuel. Terme homophobe à n’en point douter.
Dans le contexte de la chanson, cependant, ça n’a à peu près rien à voir avec quelque homophobie au premier degré. Le narrateur de la chanson y incarne un pur frustré qui décrie les artistes de la pop culture en les traitant entre autres de fif ou de tapette parce qu’ils se maquillent et portent des boucles d’oreille. Autrement dit, c’est comme si on interdisait la projection d’un film de fiction dont le personnage principal est celui d’un red neck homophobe.Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision ( ne pas confondre cet organisme avec le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) a pris cette plainte au sérieux, à tel point qu’il exige une censure de son texte afin qu’elle soit diffusée, à défaut de laquelle la chanson devra êtres retirée des ondes canadiennes. «Faggot est un mot qui, même s’il était entièrement ou marginalement acceptable à une époque précédente, ne l’est plus», peut-on entre autres relever dans l’argumentaire du conseil, auquel on peut accéder ICI.
Faut-il s’étonner que cette décison ait soulevé un tollé de protestation ? Que des stations FM aient entrepris de diffuser la chanson bannie en continu ?
Sur son propre site internet, Guy Fletcher, claviériste de Dire Straits, a qualifié la décision d’«incroyable».
«J’ai l’impression que le Canada pourrait interdire environ 75 pour cent de TOUS les disques jamais produits. Surtout ceux faits en Amérique avant 1950 », a-t-il ajouté, citation reprise dans un article de la Presse Canadienne.
Pour l’avenir, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision aura effectivement beaucoup de pain sur la planche afin de maintenir la rectitude politique et le respect des termes socialement acceptables selon ses critères !
On attend maintenant les prochaines décisions du Conseil aux domaines du hip hop, hardcore, métal, on en passe…
Pour se couvrir de ridicule, difficile de faire mieux.