(Québec) Québec aura son nouvel amphithéâtre pour septembre 2015, avec ou sans le financement du fédéral. Le premier ministre Jean Charest et le maire de Québec ont présenté jeudi le fameux plan B dans lequel ils se partagent la facture évaluée à 400 millions $.
Pour une ouverture à l'automne 2015, le début de la construction devrait avoir lieu début 2013 pour durer deux ans et demi. Si la porte reste ouverte au fédéral, Ottawa a ainsi un peu moins de deux ans pour s'insérer dans le financement de l'amphithéâtre. La question rebondira nécessairement lors d'une élection fédérale.
Pour le privé, le maire entretient très peu d'espoir, estimant qu'un tel investissement n'est pas rentable à Québec.
La Ville de Québec, qui prend une importante partie du risque, a les moyens de ses ambitions, a assuré le maire Régis Labeaume. Son administration empruntera 125 millions $ et payera comptant le reste pour financer sa part de l'amphithéâtre.
«Jamais, jamais nous n'augmenterons les taxes à cause de l'amphithéâtre», a lancé le maire d'entrée de jeu, maintenant sa promesse de continuer à les augmenter en suivant l'inflation.
Pour éviter de plonger Québec dans le rouge, l'administration Labeaume a échafaudé un ambitieux plan pour réduire de façon drastique les emprunts au cours de la prochaine décennie. Elle devra payer de plus en plus «comptant» pour éviter les intérêts.
Alors que moins de 1 % des dépenses étaient payées comptant en 2009, l'administration Labeaume vise en payer tout près des trois quarts (71%) en 2020. Elle se dotera d'une caisse dans laquelle elle ajoutera à chaque budget 22,4 millions $ dès l'an prochain.
Ainsi, la cagnotte baptisée dans le jargon municipal «immobilisations payées comptant», qui ne comptait que 3,5 millions $ en 2009, en comptera 225,1 millions $. Ainsi, la caisse «comptant» représentera environ 15 % du budget prévu de 2020.
Peu à peu, le total des emprunts devrait suivre une courbe inverse et diminuer graduellement. En 2009, Québec a emprunté 415 millions $ pour financer des travaux. Ce montant tombera graduellement à 68,4 millions $.
Avec ce plan, l'administration Labeaume prévoit que la dette, qui atteindra un sommet de 1,9 milliard $ de 2014 à 2016, devrait redescendre au niveau de 2010 vers 2020. Mais comme la croissance de la Ville aura continué, le poids du remboursement de la dette sur le budget municipal devrait tomber de 20 % à 16 % à la fin de la décennie.
Pas d'éléphant blanc
Selon des estimations jugées «conservatrices», le nouvel amphithéâtre ne se transformera pas en éléphant blanc, assure l'administration Labeaume, notamment grâce à une taxe de 4 $ sur chaque billet vendu.
Le scénario présenté jeudi matin est basé sur les états financiers du Colisée actuel pour les années 2009 et 2010, une période au cours de laquelle les revenus ont permis de couvrir les dépenses de fonctionnement. Les coûts d'opération et d'entretien du nouvel amphithéâtre seront comparables à celui du Colisée actuel, assure-t-on, puisque le nouvel édifice engendrera les mêmes dépenses.
Or, pour parer aux imprévus ou constituer un fonds de réserve, l'administration Labeaume veut mettre à contribution ceux qui franchiront les portes du nouvel amphithéâtre. «On a décidé d'utiliser le principe de l'utilisateur-payeur. Les gens qui iront dans le nouvel amphithéâtre contribueront au nouveau colisée» a affirmé mercredi Richard Côté, vice-président du comité exécutif.
Les spectateurs devront débourser 4 $ supplémentaires sur chaque billet vendu. L'administration Labeaume estime qu'il est réaliste de compter sur la vente de 700 000 billets par année, alors que le rapport de la firme Ernst & Young présenté cet automne évaluait ce potentiel à un million de billets vendus annuellement. Cette taxe à l'utilisateur permettrait de récolter 2,8 millions $ par an.
À cette somme, il faut ajouter les revenus supplémentaires lors des événements. La Ville de Québec base ses prévisions sur la tenue de 20 événements par année qui rapporteraient 50 000 $ chacun pour un total de 1 million $. En comparaison, le même rapport de la firme Ernst & Young prévoyait 24 spectacles par année au calendrier.
«On a voulu jouer conservateur», assure M. Côté.
100% de fonds publics ..











