10 1/2
Mission: aider son prochainCédric Bélanger
29-10-2010 | 23h22
QUÉBEC - Portrait saisissant de la vie tumultueuse dans un centre jeunesse, 10 1/2 est un film coup de poing dont on ne ressort pas indemne.
Daniel Grou-Podz utilise, dans 10 1/2, la même démarche artistique que dans son premier long-métrage, «Les sept jours du talion»: il étale son récit sans complaisance et sans parti pris, laissant au cinéphile le loisir de se forger sa propre opinion et de porter ses propres jugements sur les actions des personnages.
10 1/2, c’est l’âge de Tommy (Robert Naylor, la révélation du film), un garçon rebelle, incapable d’accepter la moindre contrariété, qui a été maltraité et abandonné par des parents violents, alcooliques et drogués.
Tommy aboutit dans le centre jeunesse Le Tremplin, où besogne Gilles (excellent Claude Legault), après avoir forcé un garçon de cinq ans à lui faire une fellation et essuyé une raclée du frère de ce dernier.
Très vite, Tommy est classé irrécupérable par les éducateurs du centre. Ses violentes colères, pimentées de projections d’objets et de sacres à n’en plus finir, font passer les autres jeunes pensionnaires, pourtant pas tous des enfants de chœur, pour des anges.
Contre l’avis général, Gilles prendra Tommy sous son aile et cherchera à remonter aux sources de sa fureur, tissant avec lui des liens comme aucun adulte n’avait réussi à le faire auparavant. Cette relation l’obligera à remettre en question ses méthodes de travail.
Réalisme cru
10 1/2 est le fruit d’un minutieux travail de recherche de Podz et de l’auteur Claude Lalonde, lui-même un ancien employé d’un centre jeunesse.
Le récit très cru qui en découle provoque l’inconfort en raison de son réalisme. On a l’impression que Podz a subrepticement introduit sa caméra dans un véritable centre. Comme pour «Les sept jours du talion», le réalisateur n’utilise aucune trame sonore et offre des images monochromes, évoquant la grisaille de novembre.
Les acteurs sont tous très justes, mais il est difficile de ne pas s’enthousiasmer de façon plus particulière devant le jeu convaincant de Robert Naylor. Pour son premier grand rôle au cinéma, cet adolescent perce l’écran malgré une composition pas évidente comportant de nombreuses scènes de sexualité et de mémorables crises.
Claude Legault lui offre, de son côté, une juste contrepartie. Arborant la barbe, des lunettes et une tenue vestimentaire sobre, il livre un éducateur crédible.
En raison de la justesse de son traitement et d’une mise en scène percutante, 10 1/2 est un film à voir absolument, que l’on soit ou pas sensibilisé au sort de ces enfants en difficulté.
Ayant eu une expérience avec ces travailleurs sociaux et les CJ, ce film m'intéresse.
Semble bon...





